La finale de rêve : Massy - Soyaux-Angoulème

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    La finale de rêve : Massy - Soyaux-Angoulème RC Massy Essonne - A. K.
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Ce sont bien les deux meilleures équipes de la division qui vont se retrouver en finale pour se disputer le bouclier de champion de France.

Le championnat Nationale aura donc sa finale de rêve. Le premier du classement contre le deuxième, les Massicois, éternels postulants au Pro D2, contre les Angoumoisins, l’un des relégués de la saison dernière, composent ensemble une affiche superbe entre deux équipes très joueuses, que les autres prétendants n’ont pas été en mesure de concurrencer. Avant de s’affaisser contre eux en demi-finale, Albi et Valence-Romans avaient déjà donné des signes de faiblesse, en perdant leur dernier match de la saison régulière.

Les uns battus à Tarbes et les autres à Massy, Angoulême leur avait arraché la deuxième place qualificative sur cette dernière journée en allant gagner à Bourgoin. Un mois après ce retournement de situation, les positions hiérarchiques de la phase préliminaire ayant été confirmés par les phases finales, Massicois et Angoumoisins se retrouvent logiquement pour cette finale qui décidément, ne ressemble à aucune autre.

2012 et 2014, les deux échecs de Massy

Les deux équipes se sont préparées en reprenant leurs entraînements collectifs jeudi matin après les soirées et les barbecues traditionnels organisés pour fêter la montée en Pro D2. Elles ont relâché la pression qui leur froissait les épaules, une fois poinçonné leur sésame d’accession. C’est la spécificité absolue de cette division. Aucune autre dans le monde du rugby ne présente un bouclier pour lequel se battront deux équipes encore à moitié ivres. Et à chaque fois, tous les perdants, qui perdent souvent de peu, ressassent le même regret, de ne pas avoir assez préparé leur affaire.

Massy partira avec un avantage de ce point de vue. Le club francilien s’est déjà égaré deux fois dans ces mêmes conditions, défait en 2012 contre Colomiers, et en 2014 contre Montauban. En 2016, Angoulême n’avait pas disputé de finale après avoir obtenu son accession en Pro D2, le bouclier de la Fédérale 1 étant réservé en ce temps-là à ceux qui ne postulaient pas à la montée. « En ce qui nous concerne, cela aurait beaucoup de sens de gagner enfin ce titre, commente Jean-Baptiste Dimartino, l’entraîneur des lignes arrières de Massy, qui a perdu les deux finales de 2012 et 2014 en tant que joueur. Surtout avec ce groupe dont un bon tiers est directement issu du club. » 

Et surtout, aussi, après avoir dominé la saison de la sorte. Les Massicois ont explosé tous les compteurs durant la saison régulière. Meilleure attaque, meilleure défense, et cent huit points au compteur, la domination de cette équipe sur ce championnat pourtant si homogène, a révélé un groupe tout à fait sûr de son fait. Sa réaction contre Albi la semaine dernière lors de la demi-finale retour, a frisé l’insolence. Paradoxalement, on peut voir aussi que cette domination avait créé lors du premier match à Albi, une mauvaise crispation, une peur de perdre, que leurs adversaires ont balayé de leur parcours. Si elle est moins ancrée dans le temps, la dynamique actuelle des Angoumoisins est tout aussi puissante.

La fin magnifique de Sutiashvili

Les hommes d’Etcheto sont donc allés chercher par un coup de reins à l’extérieur leur qualification directe en demi-finale. Ils ont gagné ensuite les deux matchs de leur demi-finale. Tout à la fin dans le sprint final, quand les choses sérieuses ont commencé, ils n’ont pas du tout tremblé. Ils donnent la sensation d’avoir rattrapé leur retard en ne perdant plus depuis deux mois. Cette finale opposera aussi deux clubs aux modèles de développement très différents. Massy, la ville lumière, qui attire à sa formation les plus ambitieux des jeunes rugbymen, repose son action actuelle sur la participation de ses meilleurs espoirs. Il n’y aurait pas eu de montée en Pro D2, si la jeunesse locale n’avait pas décidé d’adhérer au projet du club.

Angoulême, depuis son accession au monde professionnel en 2016, a construit un vaisseau amiral au stade Chanzy. Les dirigeants Massicois ont encore des paillettes dans leurs yeux depuis leur passage au mois de janvier. Les affluences régulières à plus de trois mille spectateurs, les centaines de repas servis, les espaces VIP, tout a été fait là-bas comme on souhaiterait le faire à Massy. En somme, chacun pourrait désirer ce que l’autre possède.

Un homme, entre ces deux clubs si différents, servira de trait d’union lors de cette finale. Le Géorgien Shalva Sutiashvili avait achevé sa carrière internationale comme Sergio Parisse, sans un adieu ni un au revoir, en raison de la période des restrictions sanitaires. Il finira sa carrière de club dans un rêve absolu. Lui, le Massicois, homme de base des montées de 2012 et de 2014, avait rejoint Angoulême en 2016. Il avait passé sept saisons à Massy. Il vient de passer sept saisons à Angoulême. « Je n’aurai jamais imaginé pouvoir finir ma carrière dans ces conditions. Mes deux clubs ! C’est la chance, le meilleur des destins. J’ai déjà presque l’impression d’être champion de France », disait-il en début de semaine. Sur le prés face à lui, il retrouvera Andrew Chauveau, le capitaine massicois, le dernier rescapé du groupe avec lequel il avait vécu sa dernière saison en Ile-de-France.

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Guillaume CYPRIEN
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