Uini Atonio (La Rochelle) : « Cette équipe méritait de gagner depuis longtemps »

  • Uini Atonio a remporté son premier titre majeur avec La Rochelle.
    Uini Atonio a remporté son premier titre majeur avec La Rochelle. Icon Sport
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L’international français Uini Atonio a dû attendre onze ans pour soulever son premier trophée avec La Rochelle. Il savoure l’instant mais rêve de revenir très vite sur le Vieux-Port pour continuer la fête.

Comment allez-vous après les festivités ?

Ça va très bien même si j’ai un peu perdu ma voix. On a un repris l’entraînement mercredi matin après avoir bien fêté le titre.

Quelle image gardez-vous de votre arrivée au Vieux-Port et de toute la fête qui a suivi ?

C’était vraiment énorme. On a reçu un accueil exceptionnel. Le bus n’arrivait pas à avancer tellement il y avait de monde. Ça m’a rappelé un peu la fête de la montée en Top 14 en 2014 mais il y avait beaucoup plus de monde. Ce sont des souvenirs gravés à vie. Nous avons ensuite été quasiment toujours été ensemble pendant trois ou quatre jours même si je n’arrivais plus à savoir quel jour on était.

Quelle a été la chose la plus folle pendant ces jours de fête ?

Je ne peux pas le dire. Tout était fou, mais notre arrivée au port, c’était vraiment quelque chose. C’était déjà fou à Marseille pendant le match. C’était une ambiance digne d’un grand match international. C’était vraiment dingue, avec des supporters qui poussaient derrière les deux équipes. Je vais m’en souvenir longtemps de ce match-là, dans ce stade-là.

Après la rencontre vous avez dit que vous alliez savourer encore plus ce titre que le grand chelem avec les Bleus. Est-ce toujours votre sentiment ?

Ce n’est pas plus fort que le grand chelem avec l’équipe de France mais c’est différent de remporter un trophée avec son club après une si longue attente. Avec La Rochelle, je n’avais jamais rien gagné alors que l’on cherchait à gagner un trophée depuis longtemps. On vit ensemble au quotidien et cette équipe méritait de gagner quelque chose depuis plusieurs années. Franchement, quand on a battu le Leinster, c’était une délivrance, c’était énorme.

Qui est le champion de la troisième mi-temps ?

Nous avons des champions de la troisième mi-temps (rires) mais je pense que c’est Monsieur Shifter Pro (option qui permet de passer les rapports sans couper les gaz ni embrayer sur une moto, rendue célèbre par la chanson Bande Organisée, N. D. L. R.) . C’est Pierre Popelin que l’on appelle comme ça depuis notre victoire samedi dernier. Il est vraiment fort.

La fête s’est poursuivie chez le président Vincent Merling. Est-il aussi bon en troisième mi-temps ?

Je crois que le président est vraiment heureux en ce moment. Il a enfin son titre qu’il attend depuis si longtemps car nous n’avions pas gagné le championnat de Pro D2 lors de notre montée, mais seulement la finale d’accession. Ce n’était pas un titre et depuis nous avons perdu trois finales en comptant celle face à Clermont en Challenge Cup. Donc, maintenant on a le sentiment d’avoir apporté quelque chose que le président et que toute la ville attendait.

Fêter un titre permet de moins sentir la fatigue…

Un petit peu… Mais on est seulement redescendu de notre nuage mercredi matin en passant en mode récupération. On relance la machine pour être prêt face à cette belle équipe de Lyon. La fête doit bien se terminer un jour. Il faut que l’on arrête l’alcool et boire un peu plus d’eau car ça va aller vite sur le terrain synthétique du Lou. On va commencer le rugby vendredi. Mercredi, nous avons surtout fait du vélo, des jeux, du sport pour transpirer et évacuer les excès. C’est aussi difficile de dire que nous sommes fatigués quand on sait que pour aller jusqu’au bout en Top 14, il ne reste que quatre matchs. Qu’est-ce que c’est quatre matchs dans une carrière ? Ce n’est rien du tout. À nous de tout donner. Voir la folie sur le Vieux-Port, ça donne de la force, mais le voir deux fois comme ça, ça doit être pas mal.

La Rochelle et Lyon ne sont pas encore qualifiés pour la phase finale. C’est un retour brutal à la réalité.

On sait que ça va être très difficile à Lyon. Mercredi, le but était de relancer la machine pour continuer. Cette fête populaire nous a donné envie de revenir au plus vite sur le Vieux-Port. Il faut donc que l’on se retrouve maintenant à l’entraînement car le Top 14 est exigeant. On ne pouvait pas attendre vendredi pour reprendre l’entraînement. Je pense quand même que les Lyonnais ont aussi fêté dignement leur titre. Je ne sais pas si on va vivre un match de très haut niveau entre deux équipes qui viennent de vivre une coupure aussi festive mais les deux équipes ne sont pas encore qualifiées donc il va falloir batailler.

Ce titre efface-t-il les déceptions de la saison dernière avec deux défaites en deux finales ?

Non, car ce sont aussi grâce à ces deux finales que nous avions de l’expérience pour aborder cette finale face au Leinster. Surtout, tout le monde nous voyait perdant. On pensait que tout le monde serait derrière nous puisque nous étions la seule équipe française en finale, mais mis à part les Rochelais, tout le monde nous voyait perdre. Ça nous a galvanisés pour faire le match parfait.

Gagner le premier trophée est certainement le plus dur. Peut-on dire que La Rochelle a maintenant changé de statut, car on dit que le succès appelle d’autres succès ?

Déjà, on va fêter et savourer ce titre-là. Nous sommes déjà très contents de ce que nous avons réalisé. Maintenant, nous savons bien que la saison n’est pas finie et on joue tous au rugby pour gagner des titres.

Mais comme vous l’avez dit, il reste quatre matchs à gagner pour réaliser le doublé…

Comme tous les ans, on veut aller jusqu’au bout. Notre objectif est toujours le même en Top 14 : faire mieux que la saison précédente. Pour l’instant, nous ne sommes pas trop mal mais on sait que tout peut s’arrêter ce dimanche. Nous sommes toujours sur la bonne route, donc à nous de ne pas lâcher, de ne pas baisser les bras.

Pour revenir à la finale, l’équipe a été pénalisée en fin de première période après trois mêlées consécutives alors que l’on pensait que La Rochelle pouvait faire la différence à ce moment-là. Avez-vous douté ?

Les mêlées en Champions Cup sont vraiment différentes des mêlées en Top 14. On ne peut pas tout comprendre mais sur le moment, il ne faut pas baisser la tête. Face au Racing 92, en demi-finale, cela nous avait souri, avec notamment un essai de Grégory Alldritt juste avant la mi-temps. On pensait que ça serait pareil cette fois, mais ça n’a pas été le cas. On sait que nous sommes une équipe dominante dans ce secteur-là donc il faut continuer de croire en soi. On avait beaucoup travaillé la mêlée avant le match, car nous avions aussi beaucoup insisté là-dessus lors de notre victoire face à cette même équipe du Leinster la saison dernière à Marcel-Deflandre. La mêlée est une de notre force et on a plaisir de mettre à mal nos adversaires dans ce secteur.

Vous avez glissé un mot à l’oreille de Pierre Bourgarit quand il a marqué. Que lui avez-vous dit ?

Je crois que je lui ai dit qu’on allait gagner. Cet essai nous a permis de revenir dans le match et je crois que nous sommes comme des frères dans ce groupe. C’était encore plus fort à ce moment-là.

Après la demi-finale, Ronan O’Gara avait dit que vous étiez devenu impitoyable cette saison. Avez-vous le sentiment de faire votre meilleure saison ?

Ronan… Je me demande s’il comprend vraiment tout ce qu’il dit (rires). C’était tellement gentil de sa part. Après, je suis comme n’importe quel joueur. Je m’entraîne toujours pour progresser et pour gagner des titres. C’est vrai que lorsqu’il a dit ça, ça a fait un peu le buzz pendant toute la semaine. Je me sens bien en ce moment et je veux surtout continuer de surfer sur cette vague. Je sais bien que ce n’est pas toujours aussi positif. Il y a des moments où on est forcément moins bien.

Comment expliquez-vous votre forme du moment ?

C’est difficile à expliquer. Ça fait trois ou quatre saisons que j’enchaîne beaucoup de matchs. À force, de beaucoup jouer et de multiplier les tâches sur le terrain, je me suis certainement habitué à une plus grande intensité.

Vous avez connu le Pro D2 avec La Rochelle et depuis vous avez eu plusieurs fois l’opportunité de partir dans un autre club. Ce titre européen vient-il valider votre choix d’avoir toujours été fidèle au Stade rochelais ?

C’est vrai que j’ai eu l’opportunité deux ou trois fois de partir d’ici. Mais, j’ai toujours cru en cette équipe. Je sentais que si je restais, ça finirait par arriver. Ce premier titre arrive après la onzième saison (rires), mais je sais aujourd’hui que ce club et cette ville méritait de gagner, méritait de vivre ces moments-là. Je suis fier d’y avoir participé.

Réussir le doublé permettrait-il de rendre la monnaie de leur pièce aux Toulousains qui vous ont battu deux fois en finale la saison dernière ?

Pas du tout. Les Toulousains méritaient leur doublé. Ils avaient fait une super saison. Il n’y avait rien à dire.

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