Après son premier titre européen, La Rochelle n’est pas rassasiée

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    La Rochelle n’est pas rassasiée Midi Olympique / Patrick Derewiany - Midi Olympique / Patrick Derewiany
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Sacrés champions d’Europe samedi à Marseille, et même si Les embûches seront nombreuses en Top 14 avec un match éliminatoire à disputer dès dimanche soir à Lyon, les Maritimes peuvent désormais profiter de leur dynamique pour espérer s’offrir le premier Bouclier de Brennus de leur histoire.

À sa manière, La Rochelle avait déjà atteint un sacre doublé la saison dernière.Accéder aux deux finales, de Champions Cup et de Top14, c’était une sorte d’exploit majuscule quand on connaît l’immense concurrence qu’il existe dans les deux compétitions.ça l’était encore davantage au cœur d’un exercice à rallonge, marqué par cette terrible épidémie de Covid avec toutes les incertitudes et contraintes qui en ont découlé.

Le hic ? C’est qu’à chaque fois, les Maritimes avaient chuté face à leur bête noire toulousaine sur l’ultime marche.Et c’est logiquement le cru adverse, couronné par deux titres supplémentaires dans le palmarès du club, qui était entré dans la légende. « On avait ce goût en bouche de voir les adversaires lever les trophées, avouait le week-end passé RomainSazy. On ne voulait plus connaître cette sensation. » Des paroles aux actes, lui et ses partenaires ont éteint cet incroyable Leinster et fait chavirer le Vélodrome de Marseille. « On voulait conjurer le sort », ajoutait Sazy.Ils l’ont fait, et de quelle manière !


Forte d’une ascension aussi impressionnante que remarquable sur la dernière décennie, La Rochelle s’est officiellement invitée à la table des géants de ce sport, en devenant la quatrième écurie française à être sacrée championne d’Europe, après Toulouse, Brive et Toulon. De ceux qui, quoi qu’il arrive maintenant, seront éternellement gravés dans le marbre. Le truc, c’est que ces Rochelais se verraient dorénavant bien gravés dans le bois aussi. À savoir sur ce fameux Bouclier de Brennus qui les fait tous fantasmer depuis leur plus tendre enfance.

Dans l’effectif actuel, ils sont une poignée à avoir connu cette joie : Brice Dulin avec Castres et le Racing 92, Jonathan Danty, Jérémy Sinzelle et Jules Plisson avec le Stade français. À peine descendu de l’avion qui les ramenait sur la côte atlantique, au bout de la nuit de samedi à dimanche, Danty prononçait d’ailleurs ces mots qui n’avaient rien d’innocent : « C’est le premier titre du club mais je souhaite qu’il y en ait d’autres. » Nul besoin de traducteur ou même d’interprétations alambiquées pour comprendre que le plus tôt serait le mieux…

La saison est déjà la plus réussie du club

Le plus tôt justement, c’est le 24 juin au Stade de France. Si le Stade toulousain fut le bourreau rochelais lors du précédent exercice, il a aussi montré la voie aux Maritimes et leur a sûrement prouvé à quel point ils étaient proches d’un rêve plus si inaccessible que cela. Incontestablement, Marseille a fini de les décomplexer. Pourquoi ? Tout simplement parce que, quel que soit le sort que réservera le mois de juin au président Vincent Merling et à ses troupes, cette saison n’est pas seulement réussie. Elle restera, et c’est une certitude, la plus belle de l’histoire de ce club.

En ce sens, et même si cela pourrait paraître étrange aux yeux de beaucoup de ne pas retrouver le champion d’Europe en phase finale du championnat (ce qui est possible en cas de succès bonifié de Lyon dimanche soir), le capitaine Grégory Alldritt et ses coéquipiers n’ont plus vraiment de pression sur les épaules.Ce qu’ils ont réalisé jusque-là est déjà historique. Ce qu’ils feront dans les prochaines semaines peut simplement l’être un peu plus. D’autant qu’ils sont portés par une ferveur populaire indescriptible, laquelle peut s’avérer précieuse et décisive lorsque l’essence commence à manquer quelque peu dans le moteur.

La dernière séquence de la finale européenne, quand ils sont allés arracher cette victoire de prestige, n’en est que l’illustration. « Je savoure plus cette Champions Cup que le succès dans le Tournoi », disait même Uini Atonio.Voilà qui n’est pas un hasard…


Oui, la route est encore longue vers un exceptionnel doublé, surtout semée d’embûches. Elle peut s’arrêter dans deux jours, passer par un barrage à l’extérieur et ne servira de toute façon que des ogres du Top 14. Mais, malgré la fatigue accumulée récemment en comparaison aux Bordelais, Castrais ou Montpelliérains, les Maritimes sont habités par une dynamique dont nulle autre formation ne peut se vanter.

Pierre Aguillon, qui a passé six années avec ce groupe (de 2015 à 2021) affirmait ainsi dans ces colonnes : « Une chose est certaine : si La Rochelle se qualifie, l’équipe va prendre feu et elle sera très difficile à arrêter. » C’est une évidence. Il faudra peut-être pour le staff se montrer inventif, réduire la voilure ou faire évoluer la composition pour relancer l’émulation.Mais une autre chose est certaine : la victoire est addictive.Et ce qui change tout, c’est que les Rochelais sont désormais des champions.

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