C’est le Roi lion massicois

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    C’est le Roi lion massicois
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Après deux glissades sur la dernière marche, la troisième tentative aura été la bonne pour le favori massicois qui a pris un ascendant irréversible en l’espace d’un premier acte mené de main de maître.

C’est bien connu, les plus belles histoires commencent bien souvent dans la douleur. Certes, le point culminant situé devant l’antichambre du Pro D2, Massy l’avait déjà atteint, en 2016-2017, en tant que leader de la poule dite "d’accession" et, de ce fait, dispensé de phase finale. Mais tout de même, ce samedi, un peu plus d’une heure avant le coup d’envoi et tandis que, signe prémonitoire, les supporters essonniens étaient les premiers à se faire entendre, les langues se déliaient pour mieux évoquer le fameux "petit goût d’inachevé" lié aux défaites, qui face à Colomiers (2012), qui face à Montauban deux ans plus tard, lors des épilogues estampillés "Jean-Prat". Jean-Baptiste Dimartino abondait très volontiers dans ce sens, qui était de la partie saint-juniaude, tout comme le "vieux" Sutiashvili, icône géorgienne quasi légendaire appelée à méditer, hélas, sur la pertinence du bon vieil adage "jamais deux sans trois". Car oui, enfin, Massy a accédé à la plus haute marche. Connoté du seul point de vue honorifique, le titre en question ? Peut-être. Mais que l’on nous permette de relater (façon de parler, vu qu’il y a prescription désormais), cette confidence de Julien Maréchal, il y a quelques mois de cela, quant à l’insuffisante reconnaissance médiatique lato sensu des prestations effectuées par ses protégés. L’ancien mentor d’Orsay et ses pairs du staff (à commencer par Benoît Denoyelle, protagoniste, lui, de la finale libournaise, il y a huit ans) peuvent croquer à pleines dents -normal, pour un fauve- ce bouclier amplement mérité.

40 points comme autant de morsures il y a une semaine seulement, à l’ombre du couperet et face à des Albigeois dont le coach, Mathieu Bonello pour ne pas le nommer, les connaissait pourtant par cœur. Et pour cause ! Même topo ou peu s’en faut, en ce premier samedi de juin, aux dépens de Charentais qui étaient tout, sauf les premiers venus. Et notamment pour rester dans les annales, au même titre que Blagnac (le très méritant club hôte de cette finale) et… Albi (ça ne s’invente pas !) en tant que membre du trio susceptible d’infliger un revers, lors de la phase régulière, au futur lauréat.

Le symbole et le tournant

La masse et la scie, donc, comme attributs préférentiels. Le premier, dans l’ordre chronologique s’entend, a servi à ouvrir des brèches dans un dispositif adverse il est vrai rapidement fragilisé par l’essai encaissé suite à deux manquements défensifs (Laforgue, puis Lestremeau) de la part d’Alex Preira. Le second, à s’opposer à tout assaut en règle, dans des délais raisonnables s’entend, de la part d’un adversaire dont certains choix tactiques ont surpris. Alors que Bastien Tugayé avait fort bien réussi sa première tentative synonyme de déblocage du compteur (17-0, puis 17-3), Soyaux-Angoulême, après avoir maintenu la pression et, par la même occasion, poussé son adversaire à la faute, opte pour la touche, dans le coin droit plus précisément.

Il reste du temps pour inverser la tendance mais, à chaque fois, la prise dans l’alignement ne débouche sur rien d’autre qu’une marche arrière assortie d’une perte de balle. Le tournant de cette rencontre, s’il fallait n’en localiser qu’un et un seul ? Assurément, la double peine infligée, dans le money-time du premier acte aux futurs vaincus, via le carton jaune au passif de Diakité. Il n’en fallait pas davantage aux coéquipiers d’Andrew Chauveau pour enfoncer le clou. Avec un nouveau groupé-pénétrant "des familles" copie conforme de ceux qui avaient dégonflé le matelas albigeois, dans le dernier carré : 24-3, le SA XV ne s’en relèverait pas.

Le symbole du déficit charentais à la finition ? Sans nul doute, ce service au pied de Tugayé à destination de Pierre Lafitte, encore et toujours côté droit. Pour quelques centimètres d’un rebond malheureux, celui-là même qui, en février 2017, s’était révélé, sur cette même pelouse des Ramiers et alors qu’il défendait la bannière de Valence-d’Agen, comme le tout meilleur arrière de l’hexagone fédéral, voit s’envoler prématurément une bonne partie des espoirs de retour au score. Maigres, au demeurant. Massy, non content d’avoir dominé la première mi-temps, repart sur des bases identiques et le nouveau débordement victorieux de Preira le met sur son 31. Plus aucun suspense donc, mais une bien belle ambiance dans la tribune principale et une communion toujours émouvante avec les inconditionnels tout de bleu vêtus.

Souhaitons simplement au sympathique Roi lion de ne pas mourir un soir dans cette jungle qu’est l’étage supérieur, quand bien même sa capacité à ressusciter et à enchanter le manège est bien connue de tous les suiveurs. À la bonne heure !

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Philippe ALARY
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