Opinion - Seigneur Vito, l’Histoire ne vous oubliera pas

  • Victor Vito avait pris pour habitude de soigner ses sorties. Il a quitté les All Blacks le 31 octobre 2015 à Twickenham, lors d’une finale de Coupe du monde remportée face aux Wallabies. Son deuxième sacre mondial.
    Victor Vito avait pris pour habitude de soigner ses sorties. Il a quitté les All Blacks le 31 octobre 2015 à Twickenham, lors d’une finale de Coupe du monde remportée face aux Wallabies. Son deuxième sacre mondial. Icon Sport - Icon Sport
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Victor Vito avait pris pour habitude de soigner ses sorties. Il a quitté les All Blacks le 31 octobre 2015 à Twickenham, lors d’une finale de Coupe du monde remportée face aux Wallabies. Son deuxième sacre mondial.

Il est parti des Hurricanes le 6 août 2016, célébrant son centième match de Super Rugby en finale de la compétition que l’équipe de Wellington remportait pour la première et seule fois. Cela en dit long sur ce personnage, qui a annoncé voilà quelques semaines qu’il se retirerait cet été, à 35 ans. Un joueur exceptionnel qui ne méritait pas de terminer son immense carrière à l’infirmerie. C’est ce qui a de grandes chances de se passer. La faute à une fichue cheville qui l’a privé de finale de Champions Cup historique de La Rochelle contre le Leinster à Marseille. Il en fut le grand absent, avec son compatriote Tawera Kerr-Barlow.

Sans faire injure au demi de mêlée, on aurait tant aimé voir Vito poser un pied sur la pelouse du Vélodrome. Le rugby est sans pitié, et n’a que faire des histoires de méritocratie, mais s’il y avait une justice… Vito sait qu’il peut raccrocher les crampons l’esprit libre, la relève étant assurée par l’étonnant Matthias Haddad.Mais ce gamin serait-il aujourd’hui si fort s’il n’avait pas grandi dans l’ombre de Vito ? Greg Alldritt prétendrait-il au statut de meilleur numéro 8 actuel de la planète s’il n’avait pas côtoyé une telle légende au quotidien ? Poser la question, c’est y répondre.

Et cela rappelle en tous points ce qu’il s’est passé chez le précédent champion d’Europe, le Stade toulousain, quand il a attiré Jerome Kaino, autre double champion du monde, dans ses rangs. Allez demander aux Cros et Tolofua… Par leur talent et leur aura, Vito et Kaino ont métamorphosé leurs équipes. Le premier a propulsé la sienne dans la petite cour des très grands, quand le deuxième a réveillé un monument en sommeil.

Le pire ? Ces deux-là ont souvent été opposés quand ils étaient concurrents chez les Blacks. À ce propos, Kaino nous avait dit un jour : « On ne l’a jamais vécu ainsi avec Victor. Sept ou huit mecs incroyables pouvaient prétendre à jouer à notre poste. Peu importe le rôle que lui ou moi tenions en sélection, titulaire ou remplaçant, nous étions des privilégiés. » Tout est là. Monsieur Vito, personne n’oubliera que La Rochelle ne serait sûrement pas ce qu’elle est sans vous.

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