Access match - Grande première ou grosse surprise ?

  • Perpignan affrontera le Stade montois ce dimanche, en barrage d'accession.
    Perpignan affrontera le Stade montois ce dimanche, en barrage d'accession. Icon Sport
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Le Stade montois est confronté à un défi majuscule : trouver des ressources insoupçonnées, après la claque reçue en finale, afin de prendre le dessus sur des Catalans qui montent en puissance. L’Usap, elle, a une mission de taille à assumer : laisser le club en Top 14, une semaine après avoir vu son maintien lui filer entre les mains.

« On va se passer la vidéo de la victoire de l’OM en Coupe d’Europe il y a trente ans, et on va essayer, nous aussi d’être à jamais les premiers. » L’Usap de Patrick Arlettaz, club historique du rugby français, va tenter d’ajouter une nouvelle - petite mais précieuse - ligne à sa légende, ce dimanche, en devenant la première équipe de l’élite à remporter le barrage d’accession. Là où Grenoble, Oyonnax et Bayonne ont tous échoué.

Ce rendez-vous, l’Usap l’a inscrit à son agenda depuis un an. C’était écrit, ou presque. Avant-dernière équipe à intégrer le Top 14, treizième budget et barragiste la majeure partie de la saison, Perpignan est là où la logique le prédestinait. Les Catalans ont tenté de changer le cours de l’histoire en signant une belle fin de saison pour arriver au total flatteur de quarante-trois points au classement.

Le dénouement aurait pu être différent s’ils n’avaient pas craqué face à Paris ou à Castres. Ou si le Stade français avait pu/su/voulu assumer son rôle d’arbitre du maintien lors de la 26e journée. Les regrets comme les polémiques : tout cela n’a désormais plus aucune importance. Ce dimanche, il n’y aura ni calcul ni bataille à distance. Ce sera une lutte basique, frontale, sans appel. Quatre-vingts minutes en juge de paix. L’Usap a encore son destin en mains et, si elle l’emporte dans les Landes, elle aura atteint son objectif. Qu’importe la façon pourvu qu’il y ait l’ivresse…

Les Sang et Or possèdent tous les atouts pour y parvenir comme l’a encore prouvé leur démonstration de force et de caractère face à Bordeaux-Bègles, lors d’une dernière journée aux allures de finale avant l’heure dans un Aimé-Giral de gala. Pendant que Perpignan s’imposait avec autorité face au deuxième de l’élite, le Stade montois encaissait, lui, cinquante pions face au deuxième du Pro D2…

Tout porte à croire que l’Usap sortira vainqueur de ce choc des mondes : la dynamique du moment - elle monte en puissance quand son adversaire est à bout de souffle, la raison - son projet s’inscrit en Top 14 alors que son rival, aux moyens si limités, serait promis à l’enfer - et le rapport de force, surtout - avec ses fers de lance Lam, Lemalu et Oviedo, l’expérience des Acebes, Chouly, Fa’asalele et Ecochard ou encore la vista des Tedder, Duguivalu ou Delguy, les Perpignanais paraissent plus armés en tous points. « Vous savez, tout ce que l’on a fait, tout ce qui s’est passé, ça ne garantit rien, rappelle Damien Chouly. Beaucoup de gens pensent que l’on mérite de rester en Top 14, mais ce qu’il faut, c’est le faire. » 

En maintenant le niveau de jeu des mois passés, ce souhait devrait être exaucé. À eux d’assumer : « Il y a toujours de la crispation, de la tension lors de ces matchs. C’est comme une finale. Vous avez le destin d’un club entre vos mains. Ça, il faut bien l’appréhender et se servir de nos expériences pour avoir des nerfs d’acier et imposer notre jeu. On a encore quelque chose à prouver. On va être attendu mais nous avons un statut à défendre. » 

« Perpignan, c’est Bayonne fois trois » 

Que les supporters catalans soient prévenus, le barrage d’accession, encore plus que tout autre match de phase finale peut-être, ne répond à aucune forme de logique. En 2018, Oyonnax, sur une phase ascendante après une phase retour tonitruante, n’était-il pas censé marcher sur des Grenoblois déjà écrasés par l’Usap en finale ? Et que dire de la supériorité présumée de l’Aviron, l’an passé, face à des Biarrots miraculés à Vannes et eux aussi surclassés par les Sang et Or ?

Cette année, l’écart paraît encore plus grand. Les Montois, les premiers, en sont conscients. Ils le revendiquent. S’en servent peut-être en un sens : « Perpignan, c’est Bayonne fois trois, estime Stéphane Prosper. Il y a quelques années, les équipes de bas de tableau de Top 14 valaient les équipes du haut de Pro D2, c’est une époque révolue. Même Biarritz qui finit dernier est au-dessus du Pro D2. » « Nous savons que nous allons jouer un ogre, en termes d’agressivité c’est encore un autre niveau, appuie Patrick Milhet. Nous verrons si nous sommes capables de rivaliser dans ce domaine. » 

Léo Coly et sa bande devront se sublimer comme jamais pour renverser l’ordre établi : « C’est le levier mental qui va être primordial, reprend Prosper. Il va falloir jouer ce match avec ceux qui ont la grinta. L’essentiel sera de montrer les valeurs que nous avons véhiculées tout au long de cette saison : notre caractère, notre solidarité, notre ambition. L’adversaire a le droit d’être meilleur que nous, mais si c’est le cas, il faut au moins montrer une image conforme à ce que nous avons été capables de faire cette année. » 

Et qui sait ce qui pourrait se passer : un carton rouge, un craquage, un tour de magie ? Un an après la folie Aguilera, Boniface a le droit de rêver à son tour.

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Vincent BISSONNET
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