Top 14 - Le Castres olympique au plus-que-parfait

  • Les Castrais de Geoffrey Palis ont réussi une saison exceptionnelle. À eux de terminer le travail. Ils sont à deux matchs du Graal et ont la chance de pouvoir regarder les barrages depuis leur position de demi-finalistes.
    Les Castrais de Geoffrey Palis ont réussi une saison exceptionnelle. À eux de terminer le travail. Ils sont à deux matchs du Graal et ont la chance de pouvoir regarder les barrages depuis leur position de demi-finalistes. Icon Sport
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Sans faire de bruit, les Tarnais se sont offert une demi-finale directe au prix d’une saison parfaitement gérée, où ils ont su capitaliser sur leur invincibilité à domicile mais pas que. Démonstration.

à vélo ou en Formule 1, on appelle ça « sauter ses adversaires sur la ligne ». Ou l’art de remporter une compétition en ayant passé l’essentiel de la course bien à l’abri du peloton, pour profiter de son aspiration avant de surgir au bout du bout de la dernière ligne droite pour s’offrir les lauriers.

En exagérant à peine et en gardant bien en tête que le club tarnais n’a encore rien gagné hormis le droit de s’éviter un périlleux barrage, les Castrais ont bel et bien damé le pion à leurs rivaux en sortant du bois au dernier moment.

Pour la première fois de son histoire le CO a terminé la phase régulière sur la plus haute marche du podium en ayant été premier…seulement au soir de la dernière journée. Mieux, les Tarnais n’ont passé que deux journées dans le top 2, en position de qualifiés directs (les deux dernières) avant de déboîter leurs concurrents à l’occasion de leur victoire à Pau dimanche dernier. Alors bien sûr, le COn’est pas encore champion de France, loin de là.

Mais en s’offrant cette place de premier au terme de la phase régulière, les hommes de la bande à Broncan se sont ouvert le tableau et auront, en cas de qualification, un jour de repos supplémentaire par rapport à l’autre finaliste. Loin d’être anecdotique lorsque l’on sait que les grands matchs se jouent sur des détails.

« C’est très positif d’avoir réussi à nous qualifier sans passer par le barrage. La place de premiers, nous la prenons même si elle est plus anecdotique. Ce que nous voulions c’était terminer un ou deux. Après, nous voulons être champions et pour cela il faudra battre tout le monde », explique Geoffrey Palis, l’ailier du CO.

Il faut bien comprendre que Castres n’a rien volé. Les protégés du président Revol ont construit une saison absolument exemplaire, érigée en modèle de régularité. Les chiffres valent bien mieux que les longs discours et l’on retiendra ici que le CO a occupé l’une des six premières places du championnat (les fameuses places qualificatives) lors de vingt-quatre des vingt-six journées que compte le championnat.

Les Bleu et Blanc sont l’équipe qui a le plus gagné sur cet exercice, avec dix-sept victoires engrangées et ils sont surtout les seuls à avoir su demeurer invaincus à domicile durant toute la saison, où ils ont obtenu onze succès pour un match nul contre Bordeaux-Bègles.

En remontant plus loin, la série en cours d’invincibilité castraise s’étend à décembre 2020, série en cours de vingt et un matchs. Au final, comme c’était déjà le cas la saison dernière, les Tarnais ont été l’équipe la plus efficace du championnat sur la deuxième partie de saison. Sur la phase retour, les hommes de « PHB » ont ramené quarante-trois points dans leur besace. Ne sortez pas les calculettes : c’est mieux que tous les autres cadors du championnat.

Geoffrey Palis le concède, la régularité fut le catalyseur du succès tarnais : « Notre force cette saison c’est de ne pas avoir eu de passage à vide.Nous avons su rester réguliers durant le long marathon qu’est ce championnat. » Il ne servait à rien de courir, il fallait partir à point ! À ce caractère de métronome s’ajoute le soupçon de réussite (et de bon travail des préparateurs physiques) pour ne pas avoir trop de blessés (à l’heure actuelle, seul Tyler Ardron occupe les rangs de l’infirmerie, N.D.LR.) et le compte de la saison au plus-que-parfait des Castrais n’est pas loin d’être atteint !

De la haute intensité pour se préparer au mieux

La compétition fut particulièrement serrée cette année. Les soixante-seize points obtenus par les Castrais, suffisant pour boucler le championnat en tête, forment le plus petit total de points d’un premier de poule depuis la création du Top 14 (à égalité avec Toulon en 2015).

Selon Palis, voilà la preuve, s’il en fallait une, que cette édition du Top 14 fut immensément relevée : « Soixante-seize points après vingt-six journées avec des victoires à quatre points ou cinq points, ça montre que tout le monde pouvait battre tout le monde cette année. À part peut-être Biarritz qui a été lâché un peu précocement, toutes les équipes se sont accrochées et il y a eu des surprises jusqu’au bout. »

Pour atteindre l’objectif ultime de brandir un sixième Bouclier de Brennus (après ceux de 1949, 1950, 1993, 2013 et 2018), les Tarnais se sont accordés deux jours de repos après le succès à Pau.Après quoi ils ont basculé très vite sur deux semaines d’entraînement classique, avec notamment deux séances à haute intensité. Le but ? De ne surtout pas baisser la garde et s’endormir si près de l’échéance finale.

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