Espoirs - Aurillac, jusqu’au bout du rêve

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    Aurillac, jusqu’au bout du rêve Vincent Duvivier - Vincent Duvivier
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C'est dans un Michelin repeint en rouge que les Aurillacois sont allés au bout de leur incroyable parcours, concluant cette épopée par un titre face au champion sortant toulousain. Qui l'eur cru ?

Un Marcel-Michelin repeint de rouge, déguisé en Jean-Alric. Pour tout supporter du Stade aurillacois, cette vision ramenait nécessairement à des souvenirs presque antédiluviens, comme celle de la finale du Groupe B perdue en 1996 face au Stade français de Bernard Laporte, ou cette « finale d’accession » de 2005 gagnée face au Lou, qui avait ouvert la porte à un barrage pour le Top 14 contre Pau. Eh bien, plus besoin d’armoire à souvenirs, puisque ce doux rêve est (re) devenu réalité en ce 12 juin 2022, pour une simple finale espoirs réorientée au dernier moment en Auvergne plutôt qu’à Nîmes, après le coup de pression bien senti des Cantalous sur les réseaux sociaux.

Ce sont ainsi entre 4 000 et 5 000 supporters du vénérable Stade aurillacois qui ont déferlé sur le Michelin comme une marée humaine, provoquant pour l’occasion une des ambiances les plus chaudes de la saison dans le temple du rugby auvergnat. Une atmosphère bouillante, un brin hostile, que même l’essai aussi précoce que sublime de Théo Ntamack dès la 3e ne parvint pas à doucher.

Au contraire : c’est même en surfant sur cette ambiance de corrida que les Aurillacois sont parvenus à passer le cap de l’émotion, après quelques accrochages qui valurent certes à Maffre de sortir sur carton jaune, mais contribuèrent surtout à faire sortir les Toulousains de leur match, à l’image de deux possessions sous les poteaux aurillacois vendangées en première période… De quoi annihiler une entame presque idéale des Rouge et Noir, et permettre aux Auvergnats de revenir à portée de fusil avant la mi-temps grâce à un essai de Van Rensburg, au bout d’un côté fermé d’école parfaitement négocié par le demi de mêlée Alania.

Les fleurs du maul

Ensuite ? Oh, les Toulousains crurent bien reprendre le dessus, grâce à un superbe essai inscrit par l’étonnant Malachi Hawkes. Mais ce coup d’éclat ne fut jamais que le chant du cygne face à des Cantaliens possédés, à l’image d’une paire de centres Bastrad-Pieters démoniaque en défense, qui se décidèrent enfin à appuyer là où cela faisait mal : au cœur des ballons portés… Voilà comment, en quatre minutes, le combat changea d’âme. Le temps pour le talonneur remplaçant Basa Khonelidze d’inscrire un doublé tout en puissance, bien calé à l’arrière d’un paquet d’avants monstrueux de dynamisme et d’organisation.

« Depuis le début des phases finales, tous les matchs ont été difficiles pour nous, souriait le talonneur géorgien. Ça a été le cas contre Clermont, puis contre l’Usap au bout d’un scenario de dingue. Mais notre force c’est qu’à chaque fois, on s’est accroché, même quand tout semblait perdu. Notre objectif, sur ce match, ce n’était pas forcément de gagner mais d’aller au bout de nous-mêmes, de laisser sur le terrain tout ce que nous avions. »

Mission accomplie au-delà des espérances, un autre doublé de l’ailier Jordan Van Rensburg et un récital face aux poteaux d’Antoine Aucagne parachevant la démonstration de force de leurs coéquipiers. De quoi justifier, si besoin était, la place du Stade aurillacois et son modèle de détection si original parmi les meilleurs clubs formateurs de l’Hexagone…

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