Ne touchez pas au Grisbi !

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    Ne touchez pas au Grisbi ! DDM - LAURENT DARD
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L'édito du lundi par Emmanuel Massicard... Sincèrement, qu’y a-t-il de plus beau qu’un tel week-end de rugby avec des matchs sans lendemain pour les perdants et des rêves qui grandissent pour les vainqueurs ? Oui, qu’y a-t-il donc de plus fort que ces phases finales qui tous les ans nous emportent, quel que soit le niveau de compétition, et apportent un piment unique à notre sport ?

C’est assez, mesdames et messieurs, pour passer un message très personnel à ceux qui portent l’éternel fantasme de réinventer le rugby d’élite en supprimant sa phase finale et en limitant au strict minimum la relégation : ne touchez pas au Grisbi ! Surtout pas : c’est notre plus fier trésor avec le Tournoi.

Le calendrier peut bien déborder, les doublons filer la migraine aux entraîneurs et les internationaux pointer trop souvent aux abonnés absents, il n’y a rien de meilleur que cette formule aux contours alambiqués qui nous fait jubiler à chaque printemps.

C’est encore le cas cette saison même si, au moment de dresser la table du carré final, une forme de logique est finalement respectée ! La vérité ? On retrouve le quatuor de tête de la phase régulière, dans l’ordre ou son désordre. Carré logique : Castres a brouillé les cartes mais un leader n’est jamais là par hasard ; Toulouse, Montpellier et Bordeaux ont dominé à tour de rôle, brillants et efficaces, avant de subir par instants.

La vérité, encore ? La Rochelle put longtemps rêver de la saison parfaite avec un doublé Coupe d’Europe-championnat historique, ce n’est décidément pas offert à tout le monde. Une telle performance reste un véritable exploit si difficile à réaliser ; ce n’est pas pour rien si les seuls Toulousains et Toulonnais y sont parvenus.

Des paroles aux actes, le fossé est aussi immense que la fraîcheur physico-mentale est déterminante lors de ces sprints sans concession. Il faut croire que les Rochelais étaient soulagés et rassasiés à ce moment de la saison, après avoir fait chuter le monstre du Leinster. Comment pouvait-il en être autrement, avec ce premier grand titre accroché au palmarès de ces brillants Maritimes, encore en phase d’apprentissage ? Même s’ils sont désormais libérés d’un poids, décomplexés et assis sur un matelas de confiance grossissant, ils ont découvert la gestion de ces fameux lendemains qui chantent.

Pour eux comme pour le Racing et les quatre derniers qualifiés, l’histoire est en marche. Le meilleur reste à venir pour l’un d’entre eux, sur l’air d’une musique qui fait toujours sensation dans le rugby français : il y a Bordeaux et Montpellier, les nouveaux ambitieux en quête d’un premier sacre et de la reconnaissance qui vient avec ; il y a Castres, l’éternel empêcheur de gagner en rond ; et Toulouse, qui fait trembler la concurrence avec son effectif de galactiques et son expérience unique. Messieurs, faites donc vos jeux, le meilleur est à venir.

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