Top 14 - Bordeaux-Bègles : Matthieu Jalibert et l’ego du champion

  • Matthieu Jalibert a réalisé le match qu’il fallait face au Racing 92 ce dimanche.
    Matthieu Jalibert a réalisé le match qu’il fallait face au Racing 92 ce dimanche. Midi Olympique - Patrick Derewiany
Publié le , mis à jour

Critiqué par Christophe Urios après sa performance mitigée face à Perpignan, Matthieu Jalibert a réalisé le match qu’il fallait face au Racing 92 ce dimanche. La marque des grands joueurs.

Il n’y eut qu’une seule véritable fausse note dans le match de Matthieu Jalibert ce dimanche. Sur une de ses premières prises de balles, il laissait échapper la gonfle, commettant un en-avant (8e). Le reste de son match n’était que pur génie, de la part d’un garçon si attendu, lors de ce barrage décisif.

Visé par les critiques de Christophe Urios après la rencontre face à Perpignan, lors de la dernière journée de championnat, le numéro 10 des Bordelais a répondu sur le terrain. « Si on veut être des champions, on doit passer un cap […] et je ne sens pas ça, je ne sens pas ça, avait lancé le manager bordelais en fin de semaine dernière. Cameron (Woki, N.D.L.R.), je ne le vois pas, Matthieu (Jalibert) je ne le vois pas. J’aimerais que les joueurs passent devant. C’est le moment que les leaders « sortent du bois », passent devant. C’est le bon moment. »

Le bon moment, c’était donc forcément ce barrage à l’odeur de merguez face au Racing 92, joué devant les plus de 30 000 spectateurs acquis à la cause du fantasque à la gueule d’ange. En manque de magie ces derniers mois - en grande partie à cause de sa blessure - Jalibert a cette fois mis de la poudre dans les yeux des défenseurs franciliens.

De nulle part, il apparaissait à la 24e minute, pour devancer Juan Imhoff à la course et sauver les siens d’un essai qui semblait pourtant inévitable. Quelques minutes auparavant, il était déjà bien placé, au relais d’un Maxime Lucu joueur, pour faire vivre une action bordelaise dans le camp du Racing 92. Une action qui était en fait celle du premier essai de la partie, celui de Santiago Cordero.

Volavola, pari raté

Galvanisé par un Chaban-Delmas devenu électrique, le meneur du jeu Bordelais continuait son festival sur chacune de ses prises de balles. À la demi-heure de jeu, il se permettait même d’enflammer encore un peu plus son public en crochetant magnifiquement Nolann Le Garrec à son intérieur, avant de s’engager dans une course de 50 mètres, suivie d’une passe parfaite pour Vergnes-Taillefer. Nouveau frisson.

Enfin, en deuxième mi-temps, lorsque le match se débridait, Jalibert laissait définitivement son empreinte sur la rencontre en étant à l’origine de deux des trois essais bordelais en seconde période.

Sur celui de Cameron Woki, il réalisait même sa spéciale : coup de pied pour lui-même au-dessus du rideau défensif. Provoqué - très certainement volontairement - par Urios en début de semaine, Jalibert a assumé sur le terrain pour envoyer l’UBB en demi-finale.

La grandeur de son match met aussi en lumière le pari raté de Laurent Travers, en titularisant Ben Volavola, puisque contrairement à son adversaire direct, le Fidjien n’a jamais su peser sur le match. Que Christophe Urios et l’UBB se rassurent : ses cadres sont bien en forme. Et en plus, ils ont de l’ego…

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Yanis GUILLOU
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