Top 14 - Dans une ambiance de corrida, Bordeaux-Bègles a terrassé le Racing 92

  • Santiago Cordero, Romain Buros et les Bordelais exultent, leur barrage face au Racing s’est déroulé sans accroc.
    Santiago Cordero, Romain Buros et les Bordelais exultent, leur barrage face au Racing s’est déroulé sans accroc. Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Dimanche soir, face au Racing 92, les Bordelais étaient menés à la mi-temps, mais leur seconde période fut un chef d'oeuvre de justesse, de créativité et d'énergie.

Avec ce petit goût d’inachevé dans la bouche, l’UBB voulait tellement parvenir à ce dernier carré. La chaleur lourde qui écrasait Bordeaux de son talon de feu, plus un problème de micro arbitre finit d’exacerber la pression et l’impatience des 27 000 spectateurs.

Au bal des inconstants Bordeaux voulait faire mentir sa réputation. Puis il y eut cette poussée terrible en mêlée soulignée d’un rugissement à mesure que Paiva prenait le dessus sur son vis-à-vis sud-africain. Lucu manqua le coup de pied, mais on avait senti souffler le vent de la révolte.

Le même rugissement déchira l’atmosphère quand maxime Lucu joua rapidement sa pénalité qui une course et trois passes plus loin aboutit à l’essai de Santiago Cordero, séquence modèle de limpidité sur 75 mètres. Ce barrage était aussi intense qu’on pouvait s’y attendre avec une odeur de poudre et de poivre, un ou deux débuts d’accrochages des joueurs évacués sur blessure. Bordeaux nous semble-t-il jouait en équipe morte de faim, à rebours de l’attitude de Perpignan stigmatisée par son manageur.

Cette première mi-temps nous sembla à l’avantage des Bordelais et pourtant, ils retournèrent aux vestiaires avec un déficit de 2 points, 8-10 et donc un goût de fiel dans la gorge, celui de l’injustice. À moins que ce ne soit tout simplement la dure loi du très haut niveau, on peut s’y sentir valeureux et se retrouver devancé par un adversaire riche d’individualités de premier plan, connues (Fickou) ou moins connues (Spring).

Deux essais en première main derrière mêlée

Mais l’UBB ne se laissa pas chloroformer ou inhiber par ce coup de poignard, elle offrit une reprise pleine de bravoure galvanisée par la foule en délire et par une mêlée en acier trempé.

Deux fois elle prit le dessus sur sa rivale mais M. Raynal laissa jouer et les attaquants purent se lâcher sans pression de la faute de main ou du mauvais choix.

Voici comment sont nés ces deux essais de grâce : Seuteni comme un frelon servi par un offload de Moefana puis Buros à la réception d’une passe au pied d’orfèvre de Ulupano Seuteni. Deux essais en première main à cinq minutes d’intervalle. Moment de plaisir qui aurait pu être sans lendemain, tout le monde en était conscient.

Sauf que trois minutes plus tard, Matthieu Jalibert porta l’estocade deux interventions de génie sur la même action un coup de pied par-dessus pour lui-même puis une passe dans le juste tempo pour Buros et le quatrième essai signé Woki dans un charivari indescriptible.

À 29-16 à l’heure de jeu, oui, tout semblait plié, les bonnes vibrations se diffusaient à grande échelle tout au long des gradins. Et Lucu réussit un dégagement comme on offre une bouffée d’oxygène et de soulagement ; et le public salua ce geste de réalisme en scandant les deux syllabes de son nom « LU-CU ; LU-CU », sorte d’hommage à ce rugby d’occupation sans qui les attaques flamboyantes ne seraient qu’une manie trop dangereuse. On espérait plus le cinquième essai, il finit par arriver comme un don du ciel.

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Jérôme PRéVôT
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