Top 14 - Pierre Fouyssac (Toulouse), l’histoire d’une renaissance

  • Après des années de galère, le centre toulousain Pierre Fouyssac vit une véritable résurrection sportive depuis deux mois.
    Après des années de galère, le centre toulousain Pierre Fouyssac vit une véritable résurrection sportive depuis deux mois. SUSA / Icon Sport
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Après des années de galère, le centre toulousain Pierre Fouyssac vit une véritable résurrection sportive depuis deux mois.

Il reste sur sept titularisations d’affilée et s’est même offert un essai lors des deux dernières, face à Biarritz et La Rochelle. Impensable quand on sait d’où Pierre Fouyssac revient, lui qui avait enchaîné les blessures et les rechutes depuis qu’il a rejoint Toulouse en 2018. « J’ai même pensé à arrêter le rugby, nous confiait-il en mai. J’ai traversé une période très difficile. »

Aujourd’hui, il savoure et se lâche. Face aux Maritimes, en plus d’avoir marqué, il a été excellent. « Je lui ai envoyé un message », dit Mauricio Réggiardo, son manager à Agen entre 2016 et 2018, avec qui il a gardé une relation forte. « C’est un bon ami de mon fils, avec Quentin Béthune et trois ou quatre autres de la bande. Quand il organise un repas à la maison, Pierre fait partie des mecs qui viennent manger chez moi. Je le considère comme un petit fiston. » Alors il se réjouit de sa renaissance : « Il a galéré. Les croisés, le tendon d’Achille… Il a beaucoup souffert. » 

Et était tombé dans une spirale infernale. Jusqu’à comprendre qu’il était en dépression, comme il nous le racontait : « Je ne m’en sortais pas, je ne voyais pas le bout du tunnel. […] Je m’isolais. » S’éloignant de l’essentiel.

Du coup, il a mis du temps à retrouver son niveau et avait été placé devant ses responsabilités par le staff. « On ne le devine pas quand on ne le connaît pas mais c’est un vrai passionné de rugby, explique Reggiardo, proche d’Ugo Mola aussi. Il analyse énormément les adversaires, le jeu en général. Ugo avait été un peu dur avec lui parce que Pierre n’était pas dans le cadre à un moment donné. Il fallait qu’il mette le rugby au centre de ses intérêts. Il avait perdu cela pendant un temps et s’était éparpillé. Aujourd’hui, il a reconstruit sa vie autour du rugby. Il est bien dans sa peau, avec sa femme, il va être papa. Les choses se mettent dans l’ordre pour lui. »

« Besoin de sentir les gens »

Le déclic est aussi venu d’une discussion avec Mola : « Il m’a assuré qu’il croyait encore en moi. Cela m’a libéré. » Et ça s’est vu. « Il avait une offre de Castres où je voulais le faire venir, raconte le technicien argentin. Il était entre le CO et Toulouse, a fait le choix de rester. Ugo a su trouver les mots pour lui redonner confiance. » Cette fameuse confiance.

La clé pour Fouyssac, qui avouait se mettre trop de pression par peur de ne pas être à la hauteur, à côté des Dupont ou Ntamack. Là, il se pose moins de questions. Et s’est imposé avec le 13 dans le dos. « Je ne sais pas s’il s’est imposé mais il a gagné la confiance des coachs et des joueurs. Il est légitime à chaque fois qu’il entre sur la pelouse. Il a sa place, même si rien n’est jamais acquis dans ce club. Il est très attachant mais a besoin de ce rapport de proximité avec les gens, de les sentir, pour s’exprimer. » Il le fait.

Titulaire sur ces phases finales, Fouyssac a relancé sa carrière. Et veut avancer. « En arrivant à Toulouse, il était aux portes de l’équipe de France, avait fait une tournée des Barbarians, rappelle Reggiardo. Il a été un peu oublié mais refait des tours de piste. Il a les moyens pour arriver haut, à lui de continuer à bosser. Si les planètes s’alignent encore… » Nul doute qu’il se contenterait, dans un premier temps, de soulever un Brennus. Sur le terrain cette fois.

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Jérémy FADAT
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