Bastareaud, Brunel, Candelon... Guilhem Guirado interviewé par les siens

  • Le talonneur du MHR prendra sa retraite à l'issue de la saison.
    Le talonneur du MHR prendra sa retraite à l'issue de la saison. Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Quand il n’y a plus le ballon, il reste les copains. Guilhem Guirado, 36 ans ce vendredi, est sur le point de raccrocher. En attendant, Nous avons demandé à dix de ses proches de soumettre au talonneur de Montpellier la question qu’ils voulaient. Sérieuse ou décalée, sportive ou hors rugby.

Mathieu Bastareaud, équipier en sélection et à Toulon

Je sais que tu as toujours voulu jouer à mes côtés mais à quel moment es-tu tombé amoureux de moi ?

Avec Mathieu, on s’était croisés les premières fois en sélections jeunes. Il était aussi réservé que moi. On ne se parlait alors qu’avec les yeux. Ensuite, je lui ai fait la misère avec l’Usap quand il jouait au Stade français, il n’aimait pas trop forcément... Mais à partir du jour où je l’ai rejoint à Toulon, ça a été comme un déclic. On ne s’est plus quitté. On a eu une relation très fraternelle. Je sais que lorsque le rugby sera fini, il sera toujours là pour moi, que ce soit pour parler au téléphone ou en cas de coup de moins bien. Ce n’est pas pour rien qu’il m’a demandé d’être le parrain de son fils. Aujourd’hui encore (ce mercredi), je l’ai eu une heure au téléphone. C’est un personnage très attachant qui a le cœur sur la main et qui gagne à être connu pour ce qu’il est. On a joué un rôle très important dans nos carrières respectives.Heureusement que l’on a été là pour se soutenir parfois.

Adrien Planté, équipier à Perpignan

« Footix », toi qui as les pieds carrés et aucune culture footballistique, es-tu d’accord pour que je sois ton coach à ton retour à « Perpi » ?

Alors, déjà, je ne suis pas nul. Disons que je suis moyen. Je ne suis pas le plus technique mais je suis le plus accrocheur. Il m’appelle « Footix » car il a en travers de la gorge que l’OM soit la seule équipe française à avoir été championne d’Europe. Étant né à Paris, il ne peut pas savoir ce que c’est. Pour le reste, je ne suis pas sûr que ce soit lui qui soit le plus apte à m’entraîner, avec son dos en papier mâché et ses hernies. Il ne va pas pouvoir m’expliquer quoi que ce soit.

Jacques Brunel, manager à Perpignan

En quoi les 80 ou 160 minutes qui viennent comptent-elles pour toi ?

Plus on se rapproche de la fin, plus elles sont précieuses. Je les aborde avec l’intention d’en profiter un maximum.Je veux n’avoir rien à regretter. Que je joue 20, 50, 70 minutes, je les ferai à fond pour terminer de la plus belle des manières.Il y en a très peu qui ont réussi à sortir par la grande porte.Le seul que je connais, c’estJonny (Wilkinson).J’ai une énorme pensée pour Rory Kockott par exemple qui n’a pas la fin qu’il aurait méritée. Je me rends compte de ce que ça représente quand je vois ceux qui vont raccrocher : Max Médard, François (Trinh-Duc) et Louis (Picamoles) contre qui je vais jouer. Je vais livrer une ou deux dernières batailles et le fait de savoir ça me donne énormément de forces.En plus, il y aura presque toute la famille.

Florian Cazenave, équipier à Perpignan

Comptes-tu enfin aller voir quelqu’un pour rendre tes pieds plus présentables?

Alors, oui, disons que j’ai souvent mis les pieds où personne n’osait mettre quoi que ce soit.J’ai donc pris énormément de coups et j’ai eu plein d’hématomes sur les orteils.Disons que mes ongles sont plus majoritairement noirs que blancs. J’ai déjà entrepris des démarches pour y remédier mais ça n’a pas encore fait son effet.Mais je compte tout faire pour les soigner le plus vite possible.En tout cas, je te retiens, FloCazenave, j’ai de gros dossiers sur toi.

Brice Mach, équipier au Pôle France et en équipe de jeunes à Perpignan

Quel souvenir gardes-tu de tes premiers partiels, à 18 ans, auStaps de Font-Romeu ?

Cette année-là, j’étais en Staps à Font-Romeu et à Marcoussis avec le Pôle France. Autant dire que je n’allais pas en cours. C’était mon meilleur ami qui me les envoyait. Il y avait aussi Adrien Planté et Mathieu Bourret mais ils n’y allaient jamais, à l’époque, ils s’entraînaient déjà avec l’équipe première. J’avoue que je n’ai pas beaucoup fait l’effort pour récupérer les cours. J’ai essayé de réviser un peu sur la fin et je suis allé à l’intox aux partiels. Je n’ai pris que des grosses bûches.

Du genre 4 ou 5/20. Au moins, ça m’a permis de ne pas avoir à me présenter au deuxième semestre. J’étais « irrattrapable ». Cette année-là, j’avais tout donné pour le Pôle. Je ne voulais rien regretter et me donner toutes les chances de passer le cap. Font-Romeu, ça reste un bon souvenir quand même. Avant les examens, j’avais passé une semaine sur place et j’avais bien fait la fête avec les autres étudiants. À la fin de cette année-là, j’avais demandé une autre formation sur Perpignan, c’était plus simple.

David Mélé, équipier à Perpignan

On a vécu tant de choses, mais si tu devais garder un seul souvenir ?

David avait la chambre d’à côté au centre de formation. On a fait les 400 coups même s’il est « gabatch».Il y a tant d’histoires.Je me souviens d’une bonne blague la veille d’un match. On jouait beaucoup à la Playstation, jusqu’à tard.Au milieu de la nuit, on s’était mis en tête d’aller réveiller un de nos partenaires en lui disant qu’il était l’heure de partir, qu’il était en retard. On avait mis nos sacs sur le dos. On avait pris l’ascenseur. Une fois dehors, on avait explosé de rire devant lui.

Jérôme Porical, équipier à Perpignan

En 2005, on est champion de France Reichel avec l’Usap à Montpellier, contre Toulon (tes trois clubs, d’ailleurs). Deux semaines après, on était encore en train de fêter le titre. Que s’est-il passé entre la sortie de L’Indigo à Collioure et l’arrivée à Perpignan ? J’ai un trou de mémoire…

Ahlala, c’est affreux. Il y avait une soirée mousse à l’Indigo et j’étais bien fatigué. J’avais fait la fête toute semaine. Chaque soir, il y avait un ou deux gars qui ne buvaient pas ou moins pour conduire. J’avais dit que c’était mon tour : j’allais boire deux verres et faire le taxi. On est en boîte, on se régale. Après, je veux jouer les grands seigneurs et je décide de ramener tout le monde. À la fin, il n’y a plus que Jérôme et sa petite amie. Il est 6 heures du matin, on est sur le grand boulevard à Perpignan.

J’accélère sans rouler trop vite et là, j’oublie une priorité à droite. Une voiture passe à fond et c’est l’accident. Je conduisais la voiture de Jérôme et il venait de l’acheter, en plus. Moi, j’avais une petite 106, tout le monde ne rentrait pas dedans. J’étais très gêné et je m’en suis voulu un paquet de temps. Jérôme ne m’en a pas tenu de rigueur. Quand je repasse par ce boulevard, je n’oublie plus la priorité. On en reparle souvent. Ce sont ces anecdotes qui forment la jeunesse.

Arnaud Mignardi, équipier au Pôle France et en U20

Fais-tu toujours partie de l’entreprise de décoration de la salle de vie du pôle France de Marcoussis ?

Alors, là, c’est hôpital qui se fout de la charité. Je le reconnais, à l’époque du Pôle France, on faisait de tout et n’importe quoi. Et on déconnait. Ça chambrait beaucoup et ça partait fréquemment en vrille. On se lançait des défis, du genre : « Tu n’es pas cap de faire ci, faire ça », le mec s’énervait et ça finissait en bataille d’oranges lancées sur le mur. On a abîmé quelques coins du CNR, j’espère qu’il ne nous en veut pas. On était encore les cobayes. Ce n’était que la troisième génération. Avant, il y avait eu celle de Florian Fritz, puis celle de Yo Montès. Après le passage de notre génération de casse-cou, ils ont compris qu’il fallait serrer les vis.

Julien Ledevedec, équipier en U20 et en sélection

Lors d’un tournoi de jeunes en Italie, après un essai, tu m’attrapes et tu me mets un coup de tête. Pourquoi ? Est-ce normal pour un Catalan ?

« Mon Juju Lede », c’est un mystère. Il était tellement décalé. C’était le gars de Sainte-Foy-la-Grande, naïf et gentil. À l’époque, à l’Usap, on aimait se motiver différemment, avec des coups de casque. Il n’aimait pas ça. C’était un nounours, impressionnant physiquement mais tranquille. Cette fois-là, en Italie, j’étais bien chaud. C’était les premiers pas en équipe de France, il faut dire. Le seul moyen que j’avais trouvé pour lui faire prendre conscience que j’étais chaud et pour le secouer, c’était le coup de tête. Je voulais le marquer. C’est bon signe qu’il s’en souvienne vingt ans après. Ça veut dire que ça a marché.

Julien Candelon, équipier à Perpignan

Une fois que tu seras passé à une vie de bureau, vas-tu te laisser aller physiquement ou comptes-tu rester en forme ?

Je ne serai pas un marathonien comme Julien mais je veux faire attention à moi. Les balades en montagne, le trail, c’est ce qui m’a habité pendant mes jeunes années et j’ai envie de renouer avec. Je ferai en sorte de me tenir en forme.

J’ai même l’objectif de descendre rapidement en dessous du quintal. Et c’est important d’éviter les blessures avec du gainage. Le dos a beaucoup chargé. J’en ai parlé avec Nicolas Mas. Je pense que je vais aller courir avec son fils, Paul, qui a 15 ans et joue à l’Usap. Je vais le prendre sous la main. J’aimerais aussi faire du sport avec mes enfants. Mais on ne me verra pas sur de grandes compétitions.

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