Top 14 - Dupont-Ntamack : la charnière ultime de Toulouse

  • Irrésistible en club et installée en équipe de France, la paire formée par Antoine Dupont et Romain Ntamack est considérée comme la meilleure du monde à l’heure actuelle.
    Irrésistible en club et installée en équipe de France, la paire formée par Antoine Dupont et Romain Ntamack est considérée comme la meilleure du monde à l’heure actuelle. Icon Sport
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Irrésistible en club et installée en équipe de France, la paire formée par Antoine Dupont et Romain Ntamack est considérée comme la meilleure du monde à l’heure actuelle.

Tout a été dit et écrit sur eux. Mais il convient de s’y habituer car cela va encore durer quelques années… En équipe de France, aussi au Stade toulousain, où Antoine Dupont a prolongé son contrat jusqu’en 2027 quand Romain Ntamack a étendu le sien jusqu’en 2028. Dupont-Ntamack, la charnière en vogue. Dans l’Hexagone et sur la planète rugby, tant elle s’est imposée comme la plus crainte et reconnue du monde à l’heure actuelle.

Même quand on a demandé au manager de Castres Pierre-Henry Broncan, futur adversaire de Toulouse en demie, son avis sur cette équipe lundi, il ne lui a fallu qu’une poignée de secondes pour dériver sur la doublette magique : « Cette charnière est incroyable. Nous l’avons encore vu samedi : elle a été infiniment supérieure à la paire rochelaise. Ces mecs sont des gagnants. Malgré leur jeune âge, ils maîtrisent toutes les composantes d’un match de rugby. »

Talent, gestion du jeu et des émotions, leadership ou étincelles dans les moments clés. Après plusieurs années de vécu commun, ils possèdent surtout une complicité qui n’a que peu d’égale. « Avant le dernier Tournoi, on m’a demandé mon avis sur le choix entre Jalibert ou Ntamack en sélection, sur le décalage de Ntamack en 12, et j’avais pris position pour conserver la charnière toulousaine, témoigne l’ancien ouvreur international Benjamin Boyet. On a la chance d’avoir ces deux garçons qui jouent tout le temps en club ensemble. Ils se côtoient au quotidien, disputent des matchs de haut niveau et leur connexion est naturelle. Elle évolue favorablement. De mon point de vue, leur complicité a encore augmenté avec la prise de responsabilité d’Antoine Dupont. Avant, la pression est beaucoup sur les épaules de Romain Ntamack, déjà parce qu’il était très attendu en raison du nom qu’il porte. Il devait s’occuper de la gestion du jeu, de l’occupation… Pour Dupont, on a aussi vite compris qu’il allait être un très grand. Mais, aujourd’hui, c’est un très grand qui assume sur le terrain. »

Boyet : « Ntamack, il est facile »

C’est peut-être le principal point fort de cette doublette : elle a trouvé un parfait équilibre. Dupont est un demi de mêlée qui prend de la place, à la grâce d’inspirations dont lui seul a le secret. Quand il aperçoit un trou et qu’il décide de s’y engouffrer, ses partenaires doivent s’adapter. À commencer par Ntamack, qui le fait à merveille. Au-delà, l’ancien Castrais pèse énormément sur les rencontres.

Une aubaine selon Boyet : « Il prend le jeu au pied de pression à son compte, endosse le capitanat, prend aussi des initiatives personnelles, remet dans l’avancée. Il parvient à supporter toute l’attention qui se porte sur lui. À mon sens, cela libère Ntamack. C’est ce qui les rend aussi complémentaires, parce qu’on attendait tellement du numéro 10 français depuis vingt ans… Ntamack en est encore meilleur. »

Parce que, comme le disait Marc Lièvremont dans ces colonnes : « Romain excelle même dans la sobriété. » Point de vue partagé par Boyet : « Ce n’est pas péjoratif ce mais il m’est parfois arrivé de me demander s’il jouait. Simplement parce que tout ce qu’il fait est fluide. Tous les choix sont bons, les réalisations techniques aussi. Ntamack sait très bien faire jouer les autres. Ne pas beaucoup le nommer dans un match, ce n’est pas qu’il est mauvais. C’est juste que ça roule grâce à lui. Et je le trouve encore plus fort ainsi. Et cela ne l’empêche pas d’être décisif quand il le faut. Il sait se porter à hauteur de ses avants, aller marquer des essais, intervenir à l’instant qui compte. Le mot qui le résume, c’est qu’il est facile. »

Mola : « À 60 %, Antoine reste le meilleur »

Puis, ce sont des compétiteurs hors normes. Aux grands rendez-vous, les grands joueurs… Face à La Rochelle, Dupont fut encore étincelant. Lui qu’on disait moins en vue récemment. « Comme le meilleur joueur du monde qu’il est, il en manque un peu quand il est à 50 ou 60 %, remarquait Ugo Mola dans la foulée. Mais par rapport à qui ? À 60 %, Antoine reste le meilleur demi de mêlée du Top 14 et d’Europe. » Ntamack ? Il a planté l’essai qui a assommé les Rochelais. Il n’y a qu’à se pencher sur les chiffres pour mesurer leur influence sur les résultats toulousains. À eux deux, ils ont inscrit dix-sept essais en club cette saison…

Dans une ligne de trois-quarts parfois orpheline de Kolbe et Huget, eux ont souvent apporté cette magie et cette vitesse si cruciales. Et leur lien est tellement au centre du système de jeu stadiste que, lorsque Mola effectue du coaching derrière dans les matchs importants, c’est pour décaler Dupont en 10 et « NTK » en 12.

Avec un énorme avantage : ne pas couper la liaison. « Aussi parce qu’il y a besoin de garder ces deux joueurs sur le terrain, ajoute Boyet. Sans eux, on se rend compte que Toulouse est plus en difficulté, et c’est logique. Ils reviennent et ça va mieux. Ils ont tant de talent. Que Dupont soit en 9 ou en 10, que Ntamack soit en 10 ou en 12, ils en ont toujours autant. Je ne dis pas qu’il y a une dépendance à ces deux joueurs, mais cela y ressemble fortement… » Comment pourrait-il en être autrement ?

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