Gaëtan Barlot (Castres) : « Le président m’avait envoyé une petite pique »

  • Titillé avant la rencontre par Pierre-Yves Revol, le talonneur de Castres a brillamment répondu sur le terrain.
    Titillé avant la rencontre par Pierre-Yves Revol, le talonneur de Castres a brillamment répondu sur le terrain. Icon Sport
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Titillé avant la rencontre par Pierre-Yves Revol, le talonneur de Castres a brillamment répondu sur le terrain, contribuant par son abattage dans le combat à la qualification des siens en finale. Ce nouveau « rêve de gosse » qu’il entend bien concrétiser.

Vous allez disputer dans quelques jours une finale de Top 14, deux ans après avoir quitté la Pro D2. Réalisez-vous un peu ?

Je comprends que ça y est, on va monter à Paris ! (sourire) Cette finale, à mes yeux, ça représente un rêve de gosse. Depuis deux saisons, je suis en train de réaliser tous mes rêves. Je vis un rêve éveillé, c’est juste fou. Rien que de me dire que je vais monter à Paris pour disputer le Bouclier de Brennus dans mon d’une semaine… (il souffle) C’est encore un très bel objectif qu’il m’est donné d’atteindre, avec tous mes coéquipiers.

Toute la semaine encore, vous avez été considérés comme les parfaits outsiders face au favori toulousain, malgré votre statut de leader. Dans quelle mesure cela vous a-t-il servi ?

On a terminé premier du Top 14 et encore une fois, dans la semaine, on n’a parlé que de Toulouse ou presque, tous les pronostics leur étaient favorables… Je pense que ça nous a aidés, évidemment. Encore une fois, on a pu travailler dans notre coin, sans pression, comme on s’apprête à le faire encore une semaine de plus, quel que soit notre adversaire. On était dans notre confort d’entraînement et on a pu travailler très fort dessus, c’était forcément un atout.

À titre personnel, le président Revol vous avait quelque peu mis la pression dans la semaine. Cela vous a-t-il vexé, motivé ?

Le président m’avait envoyé une petite pique, oui… Mais voilà, ça fait partie du taf, ça ajoute une petite pression supplémentaire et c’est finalement une très bonne chose puisque dans un match important comme ça, ça permet de se transcender. En plus, je jouais contre mes deux concurrents directs à mon poste en équipe de France ! Dans cette demi-finale, le club avait tout à gagner, et c’était la même chose pour moi à titre individuel car la pression était sur les autres.

Avez-vous douté, pendant le match ?

Jamais. Bizarrement, même si on concède cet essai d’entrée de jeu, j’ai toujours été très confiant. C’est un peu à l’image de notre saison, il y a eu de nombreux matchs où nous avons été franchement dominés, mais durant lesquels nous avons su rester froids et revenir au score. J’ai notamment en tête cette réception de La Rochelle où nous avons renversé une situation qui aurait pu paraître désespérée pour conserver notre invincibilité à domicile… Ce sont des expériences comme celle-là qui nous permettent de rester lucides et de revenir au score petit à petit, sans s’affoler, en travaillant fort les uns pour les autres.

Votre alignement a égaré une demi-douzaine de ballons. Comment êtes-vous parvenus à ne pas céder à la frustration face à ce déchet ?

Parce que toute la saison en championnat, ça a été pareil ! Les stats le disent bien, notre alignement est un des moins performants du Top 14, c’est un fait. Mais on a appris à travailler et à faire avec. Ça reste un problème que nous devrons essayer de soigner en vue de la finale, mais dans tous les cas, on a pour nous de savoir qu’on peut passer outre d’éventuelles difficultés. Ce n’est pas comme si tout allait bien toute la saison pour se dérégler subitement au plus mauvais moment. Au moins, on n’aura pas ce genre de surprise.

En difficulté dans les airs, bousculé en mêlée… Comment expliquez-vous que malgré ce déchet structurel en conquête directe, le CO soit parvenu à terminer leader du Top 14 puis à se qualifier en finale ?

C’est facile : par l’état d’esprit. On est une équipe dont tous les coéquipiers se filent pour leurs potes, pour leur maillot. C’est beau d’arriver à ça dans le rugby professionnel, et ce n’est pas un hasard. Ça correspond à la culture profonde de ce club, à son identité.

La seule mauvaise du week-end à titre individuel est qu’en vous qualifiant pour la finale, vous avez dit adieu à la tournée au Japon. Mais en est-ce vraiment une ?

C’est compliqué, ça, comme question… Bien sûr que perdre d’éventuelles sélections, ça reste une mauvaise nouvelle, car on ne sait jamais si une prochaine occasion se présentera. Mais d’un autre côté, disputer une finale avec son club, c’est aussi le rêve de tout rugbyman. Des sélections, j’en ai quatre, des finales, je n’en ai encore disputé aucune. Alors d’accord, c’est un Graal que d’évoluer en sélection, mais à ce stade de la saison je préfère quand même avoir à jouer la finale. Il y a des étapes à franchir dans une carrière, et toucher le Bouclier de Brennus à Paris avec les copains, ça n’a pas de prix.

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