Top 14 - Montpellier : Guilhem Guirado, un match comme un symbole

  • Vendredi, l’ancien capitaine du XV de France jouera le dernier match de sa carrière.
    Vendredi, l’ancien capitaine du XV de France jouera le dernier match de sa carrière. Icon Sport
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Coupable d’une erreur qui aurait pu coûter cher à son équipe, l’ancien capitaine du XV de France jouera finalement le dernier match de sa carrière au Stade de France. Toute une histoire de symboles.

Ça aurait pu être le dernier match de sa carrière. Son épouse Johanna, ses enfants Maylis et Liam avaient d’ailleurs pris place dans les travées de l’Allianz Riviera. Prudence est mère de sûreté, paraît-il. Mais Guilhem Guirado n’est pas homme à baisser la garde devant l’adversité. S’il y en a bien un qui connaît le sujet, c’est lui.

Capitaine courage d’un XV de France souvent dans la tempête, le talonneur montpelliérain est un symbole de résilience et d’abnégation. « Je ne compte pas m’arrêter samedi soir », avait-il d’ailleurs prévenu. Il a tenu parole, même si tout ne fut pas si linéaire. Au contraire.

Qu’a-t-il bien pu penser à l’instant où Matthieu Jalibert a inscrit cet essai assassin, presque contre le cours du jeu (16e) ? S’est-il senti coupable ? A-t-il eu peur d’être celui causant la perte de son équipe ? Souvenez-vous. Son initiative dans le côté fermé, conjuguée à une fine feinte de passe et à sa puissance de petit taureau catalan place alors son équipe dans l’avancée.

Seuteni et Moefana ne sont pas trop de deux pour le stopper tant bien que mal. Et puis ? « Paolo (Garbisi) m’appelle et quand je fais la passe je ne vois plus personne, a-t-il expliqué après coup, le regard encore teinté de rage. Mais c’est trop tard, le ballon est parti de mes mains. J’étais fou. Sur cette action, on peut aller au bout, il y a un surnombre énorme. »

Au lieu de cela, l’UBB recolle au score (10-10) et l’on imagine que le scénario peut alors basculer. « J’y ai pensé, a confessé l’entraîneur des avants Olivier Azam. Ça aurait été terrible pour Guilhem. S’il y a bien un mec qui ne méritait pas une sortie comme ça, c’est bien lui. » Mais le destin en a décidé autrement, la défense XXL du MHR aussi. Guirado n’aura pas à porter la responsabilité d’un échec qui aurait été lourd à porter.

« J’accorde beaucoup d’importance aux signes de la vie »

À 36 ans, Guilhem Guirado va donc achever son immense carrière au Stade de France, une enceinte qu’il connaît parfaitement. « J’aurais signé des deux mains si on m’avait dit en début de saison que le dernier match de ma carrière serait une finale de Top 14. Surtout après ce qu’on a traversé la saison dernière, qui a été difficile à vivre entre la situation sanitaire et le fait de jouer le maintien. L’épopée du Challenge européen nous a donné un grand bol d’air frais, a construit un groupe et nous a soudés. Ça nous a aussi permis de toucher du doigt ce qu’étaient le niveau et l’exigence des matchs de phase finale. »

Trop pudique, il n’en dira rien, mais il est de ceux qui ont permis aussi au MHR de se reconstruire, de retrouver une ligne directrice plus en adéquation avec les ambitions du club. Son expérience des situations difficiles a été précieuse.

Seulement quand on lui demande de parler au singulier, Guirado ne répond qu’au pluriel. Simplement savoure-t-il les petits plaisirs que lui offre son parcours. « J’accorde beaucoup d’importance aux signes de la vie, dit-il. Pouvoir jouer cette demi-finale à Nice, un stade où j’ai joué avec le RCT, en passant devant Toulon jeudi, un chemin que j’ai fait durant plusieurs années et retrouver le Stade de France, c’est tout de même une belle histoire. » Dont l’épilogue reste à écrire.

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