Top 14 - Bilan, apaisement et promesses à l'Union Bordeaux-Bègles

  • Christophe Urios tire le bilan de cette saison de l’UBB, achevée en demi-finale à Nice samedi dernier.
    Christophe Urios tire le bilan de cette saison de l’UBB, achevée en demi-finale à Nice samedi dernier. Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Les Bordelais ne cachaient pas leur déception après la défaite en demi-finale. Christophe Urios s’est clairement projeté sur la saison prochaine, laissant entendre que la tempête de juin s’était éloignée.

Bordeaux aura donc vécu une deuxième demi-finale consécutive en Top 14. Ce n’est pas si mal, même si évidemment, tout le monde espérait mieux en Gironde. Mais Christophe Urios a tenu à faire un bilan précis et chiffré de ce parcours : une heure et quart d’exposé et de dialogue avec chiffres et citations à l’appui.

La démonstration a aussi servi de projection sur la saison future, et ce n’était pas anodin. Elle permet de penser que Christophe Urios serait toujours aux commandes du navire bordelais en 2022-2023. Les tangages du mois de juin n’auront pas visiblement de conséquences majeures à court terme.

L’atmosphère était à l’apaisement au Stade André-Moga. « Nous avons fini la saison très déçus. C’est étonnant car le début a été marqué par une montée en puissance, mais les mois de novembre et de décembre n’ont pas été bons. Avec le Covid, le confinement et les matchs reportés nous n’avons pas bien travaillé. On a ensuite traversé une période de blessures en février-mars-avril et nous n’avons pas su réenclencher la dynamique. Nous nous sommes retrouvés comme si on redémarrait une saison, tant sur le plan physique ; le plan de la cohésion que sur celui de notre rugby. Au final, ça a donné une saison réussie, mais pas optimisée. J’en suis responsable, je n’ai pas su être inspirant. » 

La fameuse « tempête »

Pour expliquer ce parcours brillant par moments, mais traversé de trous d’air, Christophe Urios a semblé focalisé sur la fameuse série de blessures, véritable point nodal de l’exercice 2021-2022. Cette cascade de forfaits et de rechutes pose question au manager bordelais, même au-delà de cas de Matthieu Jalibert qui a rechuté six fois d’une blessure aux ischio-jambiers avant de faire enfin son retour (ce qui a provoqué un changement dans le staff médical) : « Nous sommes allés à Clermont, alors que nous avions vingt-deux absents. Je n’avais jamais vu autant de blessures en vingt ans d’entraînement. Et surtout, ces dernières années, nous en avions peu, six ou sept en moyenne par semaine Il y a bien quelque chose qui n’a pas marché, que nous avons mal fait, ou qui a changé. Nous avons commencé à isoler certains éléments. »

Le manager bordelais a rappelé qu’il « manquait des combattants dans cette équipe » battue sa coulpe à plusieurs reprises : « Dans cette période délicate (novembre-décembre, N.D.L.R.) je n’ai pas été bon, j’avais le nez dans le guidon. Probablement aussi que, quand il y a eu de belles victoires, car il y en a eu, nous aurions pu les fêter pour absorber la pression. Et ça, je sais le faire, c’est facile pour moi. Je ne l’ai pas fait, et ce fut une erreur. »

Celui qui fut champion avec Castres en 2018 ne semblait pas regretter la fameuse « tempête ». « Ce non-match à l’Usap reste ma plus grosse déception depuis que je suis à Bordeaux alors que nous avions les meilleurs sur le terrain. Après il y a eu cet orage, je l’ai déclenché volontairement, c’était la seule façon de pouvoir réagir. J’en ai suffisamment parlé. »

Le management de la métamorphose

On se souvient qu’après avoir pointé du doigt deux joueurs internationaux (Matthieu Jalibert et Cameron Woki), il avait laissé son groupe se prendre en charge pendant au moins quelques jours. Il y a eu des tensions, avant une désescalade et un apaisement juste avant la demie perdue face à Montpellier. « Il y a eu des tensions, mais elles sont normales… Et c’est dommage que personne n’ait évoqué certains points. J’ai soulevé des choses, en pointant du doigt Matthieu et Cameron. J’aurais pu le faire avec d’autres. Je regrette qu’au lieu de s’occuper d’un problème entre mon groupe et moi, certains ne fassent pas le point sur le niveau de jeu de Matthieu et Cameron (lire sur rugbyrama.fr). »

On peut imaginer que Christophe Urios modifiera aussi une part de son management la saison prochaine. Il s’en est expliqué : « Pendant notre période dure, j’ai été gentil. Je pense que je n’ai pas été assez clair et précis. Quand je me pose trois secondes, je me dis que cette saison, nous avons essayé plein de trucs, mais je n’ai pas été assez rigoureux, je n’ai pas pris suffisamment mes responsabilités. On se dirige donc vers le management de la métamorphose, si je ne change pas, nous ne ferons pas mieux que des demi-finales, ce qui n’est déjà pas mal. Mais pour aller plus loin, il faut que je change, c’est mon travail de l’été. »

Autre point important, l’arrivée de l’expérimenté Christophe Laussucq dans le staff, dans un rôle transversal, consacré aux jeunes et recrutement. « Mais avec l’accord du président, il interviendra deux fois par semaine auprès du groupe professionnel. »

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