Fédérale 3 - Ger-Séron-Bédeille, le cœur et l’argent du cœur

  • Les joueurs de l’entente Ger-Séron-Bédeille, au bénéfice d’une très belle défense et d’une maîtrise tactique supérieure, deviennent champions de France de Fédérale 3.
    Les joueurs de l’entente Ger-Séron-Bédeille, au bénéfice d’une très belle défense et d’une maîtrise tactique supérieure, deviennent champions de France de Fédérale 3. Photo Fabrice Aygalenq
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En faisant craquer La Salanque, les joueurs de l’Usep ont été sacrés champions de France dimanche, à Castanet-Tolosan. Moins flamboyants que leurs adversaires catalans, ils se sont montrés plus tueurs.

Dimanche après-midi, il n’y avait pas de soleil au stade Lautard de Castanet-Tolosan. Et face à La Salanque Côte Radieuse, c’est pourtant l’Usep qui a rayonné. Dans une ambiance de corrida, les Béarnais de Ger-Séron-Bédeille ont fait plier des Catalans plus inspirés mais trop joueurs, devenant champions de France de Fédérale 3.

On pourrait d’ailleurs résumer la rencontre à une opposition de styles. D’un côté, une équipe flamboyante, n’hésitant pas à relancer de ses 22 mètres, malgré l’enjeu. De l’autre, une formation plus besogneuse, aimant attirer l’adversaire dans sa défense piégeuse.

« On est une équipe qui, stratégiquement, laisse beaucoup le ballon à l’adversaire. On le laisse s’épuiser, alors que nous, franchement, on a une défense de fer. On se nourrit de ça », convenait le demi de mêlée ger-séronnais Grégory Lacrouts après la victoire.

Un parcours sinueux

Il faut dire que lui et ses partenaires n’étaient pas formatés pour toucher le bout de bois. Déjà, ils avaient fini troisièmes de poule. Pas forcément signe d’un sacre futur. Puis, le moment de la phase finale venu, ils ont remporté la plupart de leurs matchs à l’arraché : 19-16 en huitièmes, 22-16 en quarts (après prolongation), 14-13 en demie… Et donc 28 à 19 en finale. Le plus large des écarts depuis les 32e.

Paradoxal, tant l’adversaire avait de quoi faire peur au vu des premières minutes de la finale. Extrêmement organisés, très joueurs, les Catalans donnent le ton. S’ils prennent rapidement le score (6-0 à la 12e), ils laissent surtout éclater une ligne de trois-quarts bien à l’aise, se plaisant à enchaîner les remises intérieur et coups de pied par-dessus.

« Ce match reflète un peu toute la saison »

En face, les Béarnais paraissent impuissants. Sans avancée, ils tentent d’ailleurs un drop un peu désespéré. Pourtant, difficile de ressentir de la panique à bord du vaisseau ger-séronnais. Poussés par un public venu en nombre (11 bus avaient été affrétés), les Noir et Violet viennent assurément pour faire un casse. Impressionnants de pragmatisme et d’efficacité, ils misent sur leurs gros bras pour provoquer des fautes.

Et voilà que l’arrière Dumont commence à enchaîner les pénalités… En face, malgré un écart qui se resserre, on s’évertue à écarter, manière de rester fidèle à l’identité chère au staff.

Mais à trop jouer avec le feu, on finit par se brûler. Les joueurs de Torreilles-Canet-Sainte-Marie vont tomber avec leurs idées. Au-delà de la faillite du jeu au pied, cafouillages et péchés de gourmandise viennent effectivement plomber le XV sang et or. Les dents du piège béarnais se referment. Grâce notamment au coup de patte droit de son buteur et à une réalisation en force de Labernadie, l’Usep prend la main. Elle ne la lâchera plus.

Ce club « taiseux », qui cultive une image de « petit » en raison de ses moyens limités, a vaincu le feu par la froideur de sa charnière et la souveraineté de son pack. « Ce match reflète un peu toute la saison et ce qu’on revendique au club, assure Lacrouts entre quelques accolades. On a bataillé lors de tous les matchs de poule, et en phase finale encore plus. On savait qu’on allait s’accrocher à tous les matchs. C’est ça qui fait que c’est d’autant plus beau. Honnêtement, on est hyper heureux, c’est incroyable. » Pas besoin de flamber, donc, il suffit de gagner. Ça, les Béarnais l’ont (bien) fait. Cet été, ils le passeront avec le bouclier.

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Dorian VIDAL
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