Record en jeu

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L'édito du vendredi par Emmanuel Massicard... Vous pensiez en avoir terminé avec la saison de rugby, tout juste capables de suivre d’un air amusé les péripéties de l’interminable troisième mi-temps des Montpelliérains avant de vous poser sur la plage, les doigts de pied en éventail ? Raté.

On vous causera "ballon" pendant quinze jours encore, avant de céder au farniente et à la préparation de la prochaine saison. Parce que les Barbarians français sont à Houston, pour un match amical à jouer face aux Etats-Unis ; et, surtout, parce que le XV de France est en tournée au Japon, pour deux ultimes tests face aux Cherry Blossoms.

Pas la peine de se raconter des histoires, ou des calembredaines. En d’autres temps, ce périple au bout du bout d’une interminable saison avec une sélection privée des finalistes du Top 14 et de ses principaux cadres n’aurait guère soulevé d’enthousiasme autour des Bleus. Plutôt l’indifférence et même du dédain, tant l’intérêt sportif était alors relatif. Jusqu’à récemment, les rugbymen japonais méritaient à peine mieux que d’affronter "France B", et les rares confrontations accouchaient de matchs à sens unique, dignes d’un festival de rugby à toucher deux mains.

Les temps ont ainsi changé. Les rugbymen du pays au Soleil-Levant ont en effet progressé ces dernières années, accrochant même les Bleus (23-23 en 2017 à Nanterre) quand ils étaient les plus seuls, en quête d’un rebond pour oublier l’abîme du Mondial 2015. L’affront a réveillé les consciences et, depuis 2019, le XV de France est revenu en haut de l’affiche. Digne de son rang, "bankable" et bientôt parmi les principaux favoris en 2023.

Nous n’en sommes pas - encore - là. Place, d’abord, à cette tournée "exotique" aux enjeux précieux pour les Bleus de Fabien Galthié. Si le sélectionneur cherche depuis sa nomination à figer une équipe type - et à lui offrir le luxe de l’expérience - il doit composer avec de nombreuses absences, programmées (repos pour Dupont, Ntamack, Woki et consorts) ou liées aux aléas du Top 14. Un boulet transformé en opportunité pour certains réservistes ou débutants qui auront enfin l’occasion de se montrer, tout juste avant que l’étau de la sélection se resserre quasi sans espoir d’ouverture jusqu’au Mondial.

Au-delà des hommes (à tester), du système de jeu (à peaufiner) et de la petite revanche (à prendre), les deux matchs qui se présentent seront enfin l’occasion pour les Bleus d’entrer dans l’histoire. Car, mine de rien, en cas de double victoire samedi et le week-end prochain, le XV de France égalera sa série de succès la plus longue. Dix à la suite ! Comme entre avril 1931 et octobre 1937. Et ce avant d’avoir à recevoir l’Afrique du Sud, l’Australie et encore le Japon en novembre, pour battre le record.

Anecdotique ? Pas vraiment, non. Au-delà du facteur confiance indéniable, de l’image dégagée et de l’impact psychologique sur leurs futurs adversaires, jamais les Bleus n’ont évolué dans un tel climat de sérénité, apaisés et portés par la solidarité de toutes les forces vives du rugby français. Il faut s’en féliciter et souhaiter que perdure la belle aventure. Le plus longtemps possible. C’est le prix de la concorde, de la confiance et de la tranquillité sur le chemin d’une Coupe du monde qui va prendre de plus en plus de place dans le quotidien des joueurs, entraîneurs, dirigeants et supporters de tous bords. Autant l’aborder dans les meilleures conditions possibles, sur l’air de la victoire.

Midi-Olympique.fr
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