Une semaine après avoir pris sa retraite, "Fufu" ouvre la boîte à souvenirs

  • ulgence Ouedraogo a débuté au MHR en 2004.
    ulgence Ouedraogo a débuté au MHR en 2004. Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Quel est son plus grand moment ? Le Pire ? Sa plus belle rencontre ? Sa pire action ? Ce Mercredi, le néoretraité Fulgence Ouedraogo est revenu sur les instants et personnages les plus marquants de ses dix-huit ans passés au MHR.

Pas facile, la vie de retraité, apparemment. Contacté ce mercredi midi, juste avant la transhumance collective jusqu’en Espagne, Fulgence Ouedraogo avait la voix un peu plus grave et éraillée que d’ordinaire. Un effet secondaire inévitable de plus de cent heures de réjouissances pour l’ancien capitaine et ses troupes. « Comment s’est passé le début de semaine ? Disons que l’on est reparti sur le même tempo que le week-end. On a profité comme il faut en faisant bien la fête. Il y a aussi eu la "garden" party mardi soir. Et là, on part à Barcelone pour prolonger le truc. Il faut savourer ces moments. »

La troisième mi-temps des champions de France aura été riche en chants, abondante en liquides mais aussi parsemée d’hommages à l’attention du néoretraité. Au-delà de la célébration du premier Brennus de l’histoire du club, le MHR célébrait la fin de l’aventure sur les terrains du troisième ligne. Un pot de départ mémorable, à la hauteur de l’immense carrière montpelliéraine de celui qui soufflera ses trente-six bougies le 21 juillet.

Après 340 matchs, dix-huit ans au club et trois trophées, "Fufu", comme tout le monde le surnomme dans l’Hérault, a reçu des louanges par centaines. La Place de la Comédie a scandé son nom, Mohed Altrad l’a longuement honoré face à la foule et pas un de ses équipiers n’a omis de le citer. Au-delà de son palmarès et de ses 39 sélections en Bleu, il restera l’homme d’un seul club et d’un grand combat : porter son MHR au sommet du rugby français. Une mission finalement accomplie après près de deux décennies de dur labeur que le natif de Ouagadougou, formé au Pic Saint-Loup, a accepté de passer en revue pour nous.

Mon plus beau moment

« Il y en a eu beaucoup. Mais c’est difficile de ne pas mettre en avant cette fin en apothéose. Ramener le Bouclier sur la place de la Comédie, c’est un rêve d’enfant qui devient réalité. Quand nous avons débuté à Montpellier avec les copains, on n’imaginait rien d’autre. C’était le but ultime. Y parvenir après tant d’années, c’est la concrétisation ultime. Je commence à mesurer ce que l’on a accompli au fil des jours. C’est très fort. Il y a eu d’autres moments très forts mais celui-là est à part. »

Mon plus bel essai

« Ce n’est pas forcément le plus beau mais j’avais été marqué par celui que j’avais inscrit lors de notre premier match de Coupe d’Europe (face au Leinster, 16-16, en novembre 2011). La rencontre avait été délocalisée à La Mosson. Sur une action au long cours, qui avait bien dû durer trois minutes, Lucas Amorosino perce depuis les 22 mètres. Je suis au relais et je marque entre les poteaux. Il avait fallu de la caisse pour arriver au bout. J’étais mort une fois dans l’en-but. »

Ma plus belle rencontre

« Je ne peux pas dire François (Trinh-Duc) car notre histoire remonte au Pic Saint-Loup. À Montpellier, c’est Benoît Paillaugue. Ce qui nous lie, c’est plus qu’une amitié. C’est ce que j’aime tant dans le rugby, cette faculté à rapprocher autant les hommes. On a tout connu ensemble et nos liens sont devenus très solides. C’est magnifique que l’on vive ça ensemble, il le mérite tellement. Il est dans le cercle très fermé de mes meilleurs amis. Et je ne doute pas un instant que cette amitié durera encore longtemps. Encore plus avec ce que l’on vit en ce moment. »

Mon adversaire le plus redoutable

« Il y en a eu beaucoup. Mais s’il fallait choisir un, je dirais Chris Masoe. Je l’ai souvent affronté avec Montpellier et c’était un adversaire très coriace. En fait, il était capable de tout. Il avait une très bonne technique, il était très puissant, il aimait bien le défi physique et était dur au contact. Ce n’était jamais une partie de plaisir face à lui. »

Mon entraîneur le plus marquant

« C’est Fabien Galthié. Il m’a apporté une telle plus-value : sur la technique, sur la vision du rugby, sur la réflexion globale de l’équipe. Tout ce qu’il m’a appris m’a fourni de précieux axes de progression. C’est celui qui m’a fait le plus évoluer dans mon rugby, dans l’approche des matchs. C’est un technicien hors pair. Il m’a appris beaucoup de choses qui m’ont servi sur la durée. Je ne serai pas le même joueur si je ne l’avais pas connu. »

Ma plus belle troisième mi-temps

« C’est celle-là, incontestablement. Il faut dire que c’est une troisième mi-temps qui dure une semaine, donc elle est marquante. Et pour le coup, il y a beaucoup de leaders qui émergent dans l’équipe. Quant à savoir qui est le vrai capitaine ? Ça se discute. Il y a Enzo (Forletta) qui est bien dans le rôle, évidemment, mais Marco (Tauleigne) n’est pas mal, je l’aime bien aussi, dans son style déconneur. Ils nous en font voir de toutes les couleurs. Pour moi dont c’est la fin, je peux vraiment lâcher les chevaux. Même si, franchement, personne ne pense à la reprise. Je pense que ça risque de piquer dans quelques semaines. »

Fulgence Ouedraogo a terminé sa carrière de la meilleure des manières.
Fulgence Ouedraogo a terminé sa carrière de la meilleure des manières. Midi Olympique - Aurélien Delandhuy

 

Mon moment le plus dur

« Incontestablement, ce sont les jours qui ont suivi la défaite en finale en 2018. Là, ça a vraiment été dur à digérer. J’ai eu du mal à m’en relever. Ça n’avait rien à voir avec 2011 où l’on n’était pas attendu en finale. Il y avait moins de regret à avoir. En 2018, on était présenté comme les favoris. »

Mon plus grand match

« Cette finale, même si je ne l’ai pas jouée, a été impressionnante de notre part. En termes d’intensité, j’ai été épaté par ce que les gars ont accompli. Parmi les rencontres auxquelles j’ai pris part, j’en retiendrai deux : il y avait eu la demi-finale contre le Racing en 2011 et peut-être encore plus celui contre Toulon à la 26e journée, juste avant. On avait notre destin en mains mais il fallait gagner avec le bonus contre le Toulon de Jonny Wikinson. Dans un stade plein à craquer, nous avions sorti une très belle prestation. »

Ma plus grosse bourde

« Ça doit remonter à 2013. C’était un match contre Toulouse. Sur une attaque, les Toulousains tombent le ballon. Je le récupère et là, il y a la place pour accélérer devant moi. Je vois le trou, je m’imagine prendre le large. Sauf que je fais un bel en-avant tout seul au moment de me lancer. Sur le coup, je n’étais pas fier… »

Mon plus grand fou rire

« Ah, mon plus grand fou rire… Ah, oui. C’était lors d’une réunion de fin de saison, il y a un paquet d’années. Pour faire une blague, j’avais appelé des amis policiers pour leur demander de venir arrêter Marc Giraud. Ils s’étaient pointés au rassemblement et l’avaient embarqué. Je crois qu’ils avaient prétexté un excès de vitesse. Marc était monté dans le camion des policiers. Les gars avaient bien joué le jeu. Ils avaient démarré, fait un tour de rond-point et étaient revenus au point de départ. Il avait eu une belle frayeur et nous, on s’était bien marré. »

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Vincent BISSONNET
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