La chronique d'Olivier Margot : Un été au soleil

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    La chronique d'Olivier Margot : Un été au soleil
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Pour cette chronique, Olivier Margot a ouvert la boîte à souvenir et évoque avec Jo Maso (ancien trois-quart centre international, Chelemard 1968) les débuts des Bleus au Japon atour des années 1970. 

Neuf victoires consécutives. Désormais, le XV de France paraît armé pour gagner. C’est le verdict de la réalité. Même si emmener une pléthore de joueurs pour deux tests au Japon peut paraître excessif, dans la recherche espérée d’un épanouissement collectif. Entre la France et le Japon, tout a commencé il y a longtemps, le 27 octobre 1973 précisément, à Bordeaux. Par beau temps, devant seulement 6268 spectateurs payants, la victoire par 30 à 18 et six essais à trois laissa, côté français, un goût d’inachevé. Jo Maso se souvient : « Nous avions été embêtés toute une mi-temps, les Japonais envoyaient tous les ballons derrière... Heureusement, en seconde période, nous avions réussi à mettre notre jeu en place avec trois essais à la clé. Le centre Yokoï était le capitaine. Un jour en Nouvelle-Zélande, Yokoï est venu à mon hôtel, il m’apportait des présents ; et nous avons longuement parlé du match de 1973. » Dans la lumière éclatante de Bordeaux, les « Brave Blossoms » avaient fait honneur au maillot aux trois feuilles de cerisier. Jo Maso poursuit : « L’équipe de France actuelle est enthousiasmante, me rappelle de grands moments, me réconcilie avec le beau jeu ».

J’écris ce dimanche matin avec devant moi « Venise », un manga à l’aquarelle de Jirô Taniguchi, l’auteur de « Quartier Lointain », manga mondialement connu. Tandis que la société japonaise se transformait au carrefour des années 60 et 70, la bande dessinée japonaise s’imposait irrésistiblement.

On le sait, toute histoire est spectacle. L’audacieuse tournée de 1978 au Japon et au Canada fut une suite singulière du fameux Grand Chelem de 1977. On comprit très vite que, inférieurs en gabarits (moyenne de 1,79 m et 83 kg ) les Japonais, pourtant déjà très inventifs, ne pourraient résister au fameux «  pack de fer ». Grâce à Henri Nayrou, envoyé spécial de Midi Olympique, il restait à découvrir que les grandes équipes se nommaient Honda et Toyota, et à apprendre que deux enseignants étaient  à la base du rugby japonais : Edwards B. Clarke, un Anglais professeur de langues orientales à l’université de Tokyo et Ginnosuké, ancien élève de Cambridge. 1899, le rugby pouvait débuter au pays du soleil levant.

Revenons à la tournée de 1978, forte de Paparemborde, Cholley, Dospital, Gallion, Aguirre, Sangalli, Bélascain, Rives, Joinel, Bastiat, Dintrans, Caussade, Novès... Du très lourd ! Le test-match, joué sur le Stade Olympique de Tokyo fut sans pitié : 55-16, neuf essais à trois ( Guy Novès, échappant notamment à six adversaires en cinquante mètres sur l’un de ses trois essais ). Ce qui ne ternit en rien le grand bonheur partagé par les 35 OOO spectateurs, fiers des arabesques de leur équipe et des saisissantes inspirations du trois-quarts centre Fujiwara, brillant auteur d’un essai à la 79 ème minute.

Si longtemps après demeurent des photographies parues dans Miroir du Rugby. Deux surtout : au bord de la piste du Stade Olympique avaient été posés des panneaux sur lesquels étaient écrit en japonais les noms des joueurs français, superbe composition d’équipe à lire de droite à gauche...L’autre image est celle de Pierre Dospital, bandeau blanc sur le front, plantant spectaculairement l’essai entre les poteaux à Fukuoka. L’un des 42 essais français en quatre matchs au Japon en 1978.

Olivier Margot
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