Cédric Heymans : « La concurrence à Toulouse va m’exciter »

  • Cédric Heymans. Cédric Heymans.
    Cédric Heymans. Photo DR. - Photo DR.
Publié le , mis à jour

Heureux de voir Fabien Galthié donner sa chance à Max Spring, Cédric Heymans est impatient de voir Melvyn Jaminet à Toulouse.

Êtes-vous surpris par ce changement ?

Je ne suis pas surpris. Melvyn Jaminet est un arrière très sûr. Il l’a encore confirmé lors du premier test. Il a eu un petit passage à vide au retour du Tournoi puis une blessure mais il a prouvé qu’il était bien revenu notamment sur les matchs qui ont compté avec l’Usap. Fabien Galthié voulait voir à quel niveau il était. Il a eu sa réponse. C’est le bon moment pour essayer ce jeune prometteur. Fabien Galthié donne sa chance aux talents. Max Spring a fait une très bonne saison dans une équipe qui se cherchait. Il a beaucoup de vitesse, il est sûr sous les ballons hauts, avec un bon jeu au pied et fin relanceur. Il faut le tester. Fabien Galthié veut que les joueurs aient un certain nombre de matchs pour arriver au mondial avec de l’expérience. Pour cela, ils doivent être sur le terrain, acquérir du temps de jeu.

Fabien Galthié a souvent changé d’arrière titulaire. N’est-ce pourtant pas un poste qui nécessite une certaine confiance comme celui d’ouvreur ?

Il nécessite de la confiance. Les ailiers, l’arrière et le troisième ligne centre doivent avoir l’habitude de jouer ensemble. C’est moins perceptif à la télévision mais il y a tout un jeu de couverture, avec les défenses actuelles qui sont très hautes. L’ailier grand côté ferme de plus en plus haut. Cela demande de l’adaptation permanente surtout avec Damian Penaud d’un côté. Il sait très défendre l’homme mais il défend surtout l’espace. L’arrière doit alors avoir assez d’envergure de courses et de connivence avec Damian pour couvrir, sinon vous laissez beaucoup d’espace libre. Je l’ai vécu dans ma carrière en étant ailier ou arrière. C’est chaud au niveau des repères qui doivent être souvent visuels dans des stades où il y a énormément de bruit. C’est un pacte de confiance. Si je m’engage pour aller couvrir derrière mon ailier grand côté, il faut que je sois certain que quelqu’un va être derrière moi, que ce soit l’autre ailier, le numéro neuf ou le huit en fonction des schémas établis. On a su répondre à ça en maintenant le même trio du fond de terrain car c’est beaucoup de travail. L’arrière a besoin de confiance individuelle, mais aussi de confiance dans le référentiel commun.

Thomas Ramos est celui qui joue le moins, est-ce inquiétant pour lui ?

Thomas Ramos, il a la qualité d’être un très bon arrière, un très bon ouvreur, un très bon buteur. Ça fait de lui un remplaçant idéal. C’est dur pour lui mais on ne découvre plus son talent. Chacun a un rôle et il faut surtout qu’il soit compris et accepté. Qu’il ait la rage du champion, qu’il ait envie de vouloir être titulaire, c’est normal, qu’il essaye de remettre en question la hiérarchie en étant bon, c’est normal. Mais une fois que la composition est tombée et que les rôles sont définis, il faut comprendre son rôle et l’accepter sans être résigné.

Quel a été, pour vous, le meilleur arrière de la saison en Top 14 ?

Brice Dulin a été très bon. Sur la fin de saison, Max Spring a été très performant en amenant beaucoup de choses à son équipe. Melvyn Jaminet a fait un bon Tournoi. Je crois qu’ils ont tous eu leur bonne période. Je ne peux pas dire qu’un joueur en particulier se soit détaché. Ils sont trois ou quatre à avoir brillé et on les retrouve en équipe de France. Je crois que ce championnat est tellement dur et tellement long que les points de forme sont fluctuants. Je ne vais pas faire une hiérarchie car ils ont tous tiré leur épingle du jeu. La preuve est que l’on se permet d’essayer un nouvel arrière.

Peut-on penser que rien n’est encore joué pour la place de titulaire à la Coupe du monde ?

Je pense que Jaminet a une longueur d’avance… En raison du nombre de matchs qu’il a disputé, en raison de la confiance que lui accorde le staff, de par les performances qu’il a réalisées. Mais c’est très bien qu’il soit challengé.

Jaminet et Ramos vont se retrouver à Toulouse, avec aussi Capuozzo, est-ce que ça peut changer la donne ?

Cette concurrence va m’exciter. Deux choses vont m’intéresser. Premièrement, l’adaptation de Jaminet à Toulouse parce qu’il va entrer dans un contexte de grosse concurrence et de rotation. Il va devoir l’accepter. Deuxièmement, le management d’Ugo Mola. Est-ce que ça va lui permettre de faire souffler un peu Romain Ntamack et de monter Thomas Ramos en dix, offrant à ce dernier une telle polyvalence que l’équipe de France ne pourra pas s’en passer ? Est-ce que Jaminet va accepter de jouer à l’aile de temps en temps ? Est-ce que l’on ne va pas découvrir Capuozzo dans un nouveau rôle ? Je l’ai vécu au Stade toulousain avec Emile Ntamack, Nicolas Jeanjean, Michel Marfaing, Clément Poitrenaud, Vincent Clerc, Maxime Médard, Yoann Huget. Ça tapait fort. Si tu n’étais pas gainé aux entraînements, c’était compliqué (rires). Est-ce que ça a diminué notre rendement ? Non. Est-ce que l’on a été meilleurs ? Je ne sais pas mais j’ai l’impression que ça nous a permis de progresser. C’est une certitude. Ceux qui n’ont pas tenu la distance ont quitté le club. C’est le sport de haut niveau. Maintenant, quand tu arrives à entrer aujourd’hui dans la rotation de ce Stade toulousain, avec cet effectif-là, ça ne peut être que génial de jouer dans cette équipe qui va se rebeller après une année sans titre. Après, je dis bien jouer…

Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement
à cet article à partir de
0,99€ le premier mois
Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?