L'édito : tous à table !

  • Melvyn Jaminet.
    Melvyn Jaminet. Icon Sport - Icon Sport
Publié le , mis à jour

L'édito du vendredi par Emmanuel Massicard... C’est un sujet qui est presque passé sous les radars de l’actualité estivale, entre la perspective du record de victoires (10) égalé par les Bleus sans leurs tauliers qui sont en vacances, la concurrence réanimée au poste d’arrière du XV de France et les reprises -déjà- de certains clubs désormais lancés dans leur préparation.

L’entente cordiale entre la Fédération française de rugby et la Ligue nationale, qui ont validé à l’unanimité la nouvelle convention scellant entre autres les principes de la libération des Bleus lors du Mondial, n’en reste pas moins un événement majeur.

Rarement -pour ne pas dire jamais- les discussions entre les deux phares du rugby français avaient été aussi « constructives, efficaces et apaisées », dixit certains dirigeants des deux camps. Et s’il y eut encore quelques coups d’épaule pour s’imposer sur la ligne ou d’ultimes tractations imposées par les clubs pour obtenir davantage d’indemnisations, rien n’a débordé des négociations conclues mi-juin. Chacun s’est tenu à la discrétion et s’est rangé derrière l’intérêt général. Surtout celui des Bleus, qui prédomine jusqu’en 2023.

Oubliées donc les crises de nerf entre présidents, joutes en plein comité directeur, trahisons dans les couloirs, défiances par médias interposés et attaques en tous genres jusque devant les tribunaux afin de répondre à cette épineuse question : «C’est qui le patron ? ». Traduction selon le langage imagé du rugby : « Qui c’est qui a la plus grande ? »… Grande gueule s’entend, pour mieux fermer celle de l’adversaire. La question est remballée.

Désormais, tout notre petit monde partage la table et les places en tribune, transmet des ondes positives et collabore en bonne intelligence. Parce que les retombées liées à la réussite de la prochaine Coupe du monde doivent rejaillir sur tous. Et parce que personne n’est prêt à assumer la responsabilité de l’échec des Bleus au nom de la défense de ses propres intérêts.

Selon cette lumière, on pourrait jurer que le rugby français est enfin devenu majeur, responsable. Qu’il en a terminé avec les luttes des ego pour enfin embrasser un modèle cohérent, basé sur le respect et une vision partagée. D’où l’on vient et au regard des fortes personnalités qui pilotent, ce n’est pas la moindre des victoires. Mais, ne soyons pas dupes : l’embellie présente n’est pas l’expression d’une vérité absolue et éternelle. Tout dépendra des performances sportives et des résultats économiques.

Apprécions quand même le résultat : jamais l’équipe de France n’a obtenu de tels moyens pour atteindre le graal que représente le titre de champion du monde. Pas un sélectionneur, d’un bout à l’autre de son mandat, n’aura été porté par de tels vents favorables et cette union sacrée.

Tout est donc tracé autour de l’élite du rugby français. Sauf peut-être l’avenir du rugby féminin qui est à éclaircir. Pendant longtemps, la paternité du futur championnat pro ou semi-pro fut un enjeu de pouvoir entre les institutions ! Une fenêtre s’ouvre à présent autour d’un projet qui doit être mené main dans la main, afin d’assurer le rayonnement de la discipline et d’incarner sa vitrine.

Alors, ne perdons plus de temps. Il y a urgence à mieux considérer la part des filles dans l’embellie du rugby made in France. à leur donner enfin les moyens de toutes nos ambitions.

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