Test match - Angleterre : Owen Farrell, God Save the King

  • Destitué de son rôle de capitaine, Owen Farrell a livré une très belle prestation samedi, à Brisbane.
    Destitué de son rôle de capitaine, Owen Farrell a livré une très belle prestation samedi, à Brisbane. Icon Sport
Publié le , mis à jour

Les Anglais ont remporté leur premier test, samedi à Brisbane. Ils peuvent remercier le pied d’Owen Farrell, destitué de son capitanat mais auteur d’un match de patron.

C’est une gueule que les Français exècrent. Un visage au regard noir et au rictus typiquement british que l’on aime détester. Or, parfois, il faut aussi savoir s’incliner. Samedi, Owen Farrell (30 ans) n’a pas réalisé le meilleur match de sa riche carrière avec le XV de la Rose (103 sélections). Mais dans l’antre de Brisbane, il a tout de même rappelé combien il est difficile de se passer de lui.

Sûrement pensait-il à Eddie Jones, lorsqu’il enquillait les pénalités les unes après les autres, permettant à l’Angleterre de ne jamais laisser la mène aux Wallabies. En effet, au début de la tournée, le sélectionneur d’origine australienne avait fait un choix fort : laisser le brassard à Courtney Lawes, capitaine du dernier Tournoi en l’absence de Farrell, alors blessé à une cheville.

De retour dans le groupe, l’homme fort des Saracens espérait récupérer son dû. Il n’en fut rien. De quoi alimenter la frustration du fiston d’Andy Farrell. Habitué à régulièrement garnir son étagère à trophées, il s’était dernièrement incliné en finale de Premiership, contre Leicester, ainsi qu’en demie européenne, face à Toulon. Pas du genre à enchanter ce compétiteur au caractère bien trempé. « Owen est un gars qui exprime clairement ses sentiments. Il veut être capitaine. Quand je lui ai dit qu’il ne serait pas, il n’était pas très heureux », confessait dernièrement Jones.

Vingt points au pied

Sa frustration, renforcée par le goût amer de la défaite lors du premier test (30-28), le centre anglais l’a donc fait passer dans la gonfle estampillée « test estival ». À grands coups de tatane, Farrell a rapporté vingt points à son équipe, forte d’un début de match abouti (19-0 à la demi-heure de jeu, plus de 60 % d’occupation), et bien aidée par une Australie en manque d’idées. Seule une pénalité loupée à plus de 40 mètres des perches en fin de match (75e) viendra gâcher son sans-faute au pied. Anecdotique, l’Angleterre ayant déjà fait l’écart (25-17).

Dans les moments forts de la première période (avec un essai sur pénaltouche de Billy Vunipola) comme dans les plus faibles (lorsque l’Australie mettait les Anglais sous pression à l’heure de jeu), le « King » a toujours été là, suppléant Marcus Smith dans un rôle de cinq huitième. À droite, à gauche, en face… Toujours là, aussi, pour punir l’indiscipline australienne (seize pénalités concédées).

Sa passe au pied délicieuse à destination de Nowell (65e), porta également un grand danger sur l’en-but wallaby. Au final, l’Angleterre tient sa revanche sur l’Australie et, après une saison difficile, Farrell peut décrocher un léger sourire. Nul besoin du brassard pour montrer qui est le patron.

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Dorian VIDAL
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