XV de France - Première place mondiale : leurre ou vérité pour les Bleus ?

  • Gabin Villière, l’ailier toulonnais, face aux All Blacks, à l’automne 2021, pour une rencontre qui restera  comme un sommet de la saison internationale  du XV de France.
    Gabin Villière, l’ailier toulonnais, face aux All Blacks, à l’automne 2021, pour une rencontre qui restera comme un sommet de la saison internationale du XV de France. Midi Olympique - Patrick Derewiany
Publié le , mis à jour

Portés par leur série historique de dix victoires, les Bleus ont été propulsés ce lundi pour la première fois de leur histoire à la première place du classement de World Rugby. reflet de la réalité ou simple concours de circonstances ? Essayons d’y voir plus clair, au milieu de l’euphorie générale...

On ne sait jamais trop quoi penser de ces classements mondiaux auxquels on n’accorde jamais vraiment d’importance, sauf lorsque l’on en occupe la première place… Toutefois, si l’on veut bien considérer qu’il n’est pas chose commune que de voir une équipe de France occuper le premier rang mondial, quel que soit le sport (seule l’équipe de France de football y est parvenue en 2001-2002, avant de récidiver quelques mois en 2018, alors que jamais le basket ou le volley n’y sont parvenus, et que pareil classement n’existe pas en handball), on ne peut que mieux comprendre la vague de réactions cocardières que l’officialisation du classement World Rugby a suscitée ce lundi, à commencer par celle du président de la FFR Bernard Laporte. « Pour la première fois de son histoire, le XV de France atteint la première place du classement mondial. Merci aux joueurs, à Fabien Galthié, à Raphaël Ibanez et leur staff, merci aux clubs professionnels et au rugby amateur. C’est la formidable réussite de tout le rugby français. »

Merci aussi (et surtout) à l’Irlande et au pays de Galles, dont les exploits réussis en Nouvelle-Zélande (12-23) et en Afrique du Sud (12-13) samedi dernier, pile dans la fourchette idéale, ont offert sur un plateau cette première place à un XV de France qui n’en demandait pas tant, quelques jours après avoir sorti « sa plus mauvaise performance sur le plan du contenu », (dixit Thomas Lavault) à Tokyo face aux modestes Japonais…

« C’est être numéro un le 28 octobre 2023 qui importe, pas de l’être un an et demi trop tôt »

Reste qu’au-delà d’avoir vu les autres nations européennes lui tirer les marrons du feu, le XV de France a au moins eu le mérite de signer une saison parfaite, ainsi qu’en a témoigné son historique série de 10 victoires consécutives, une première depuis 85 ans. Un record égalé qui a évidemment pesé pour beaucoup dans le classement des Bleus, d’autant qu’au cours de ces 10 matchs, les hommes de Fabien Galthié ont eu le mérite de dominer à Saint-Denis deux de leurs poursuivants directs : la Nouvelle-Zélande en novembre (40-25) et l’Irlande pendant le Tournoi (30-24). Deux succès qui ont évidemment pesé très lourd, amplifiés par le grand chelem lors du Tournoi des Six Nations. Ce succès s’avérant d’autant plus crucial dans l’actuelle première place des Bleus, au vu du carton plein réalisé par les nations du Nord la semaine dernière dans l’hémisphère Sud, l’Angleterre ayant battu, de son côté, l’Australie (17-25) pendant que l’Ecosse dominait l’Argentine (6-29)…

Alors quoi ? Faut-il se goberger sans retenue avec ce classement, ou au contraire raser les murs ? Ni l’un ni l’autre, mon bon Monsieur, tant ce statut de numéro un demeure des plus précaires, qui pourrait ce week-end autant en faveur de la Nouvelle-Zélande que de l’Irlande, en fonction du résultat (et de l’ampleur du score) lors du troisième test. Alors, autant profiter de cet éclairage sans pour autant s’en aveugler, étant entendu que dans l’esprit de nos Bleus, « c’est être numéro un le 28 octobre 2023 qui importe, pas de l’être un an et demi trop tôt », ainsi que nous le confiait un membre du staff. Cette crainte d’être « prêts trop tôt » semblant d’autant plus vaine que, partant du principe que les Bleus n’ont encore jamais été champions du monde, on ne saurait considérer cette historique première place mondiale comme un mauvais présage… Et pour tout dire, après avoir constaté le grand chelem des nations du Nord réalisé face à l’hémisphère Sud la semaine dernière, l’extrême domination du rugby français sur l’Europe cette saison (que ce soit au niveau des clubs ou de l’équipe nationale) rendrait finalement cette place d’honneur assez logique, bien qu’anecdotique…

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