Davit Niniashvili : « Soyez attentifs : il va y avoir une surprise en Coupe du monde... »

  • Davit Niniashvili est très vite devenu l'un des cadres de l'équipe géorgienne. Il affirme aujourd'hui les ambitions des Lelos. Davit Niniashvili est très vite devenu l'un des cadres de l'équipe géorgienne. Il affirme aujourd'hui les ambitions des Lelos.
    Davit Niniashvili est très vite devenu l'un des cadres de l'équipe géorgienne. Il affirme aujourd'hui les ambitions des Lelos. PA Images / Icon Sport - PA Images / Icon Sport
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Homme du match face à l’Italie moins de deux mois après avoir été celui de la victoire du Lou en Challenge cup, il savoure l’exploit réalisé par les Lelos tout en se projetant avec ambition sur l’avenir, confiant en la force et la progression de sa sélection…

Quel était votre premier sentiment, après avoir battu pour la première fois un membre des Six Nations dimanche dernier ?


Dans les premières minutes, honnêtement, on n’arrivait pas à réaliser ce que nous avions fait. C’était quelque chose de si fort qu’il nous a fallu un petit moment pour le digérer. Et puis, une fois posés dans les vestiaires, on a commencé à réfléchir et à comprendre que ça y est, nous avions battu l’Italie. Le problème était qu’après en avoir bien profité, il fallait rapidement calmer cette euphorie et la laisser derrière nous car samedi, nous avons un nouveau match à jouer contre le Portugal qui ne sera pas non plus une mince affaire.

Dans votre préparation, aviez-vous conscience de la portée symbolique de cette rencontre ?


On en avait conscience, oui. L’événement avait été organisé de façon à ce que tout le monde prenne conscience de son caractère historique, avec le fait de jouer pour la première fois dans ce tout nouveau stade… Je suis très heureux d’avoir pu participer à cette grande journée pour le rugby géorgien.

Le rugby géorgien réclame depuis de longues années son intégration au Tournoi des Six Nations. Après ce test, les Lelos pointent à la 12e place du classement World rugby, deux rangs devant l’Italie. Autant dire que cette victoire a le mérite de crédibiliser votre démarche…


Bien sûr que pour nous, les joueurs, ça reste notre objectif que d’intégrer le Tournoi. C’est une opportunité après laquelle la Géorgie court depuis de longues années et sportivement, nous avons plus que jamais envie de prouver notre légitimité. On n’attend désormais plus qu’une chose, qu’on nous donne notre chance en modifiant le système du Tournoi, avec la création d’un système de montée/descente. Il y a des choses qu’on ne maîtrise pas, mais plus on alignera des succès comme celui de samedi, plus nous serons crédibles pour nous faire entendre.

Le rugby géorgien a toujours été caricaturé par son jeu d’avants et sa culture de la mêlée. On a toutefois l’impression qu’avec l’éclosion de joueurs tels que Gela Aprasidze ou vous, votre génération est en train de modifier le regard qu’on porte sur lui…


Je crois que l’expérience que nous avons pu acquérir ces dernières saisons en France nous aide beaucoup. Si on regarde de près, je crois que tout le monde dans notre sélection a disputé plus de 500 minutes en Top 14 cette saison, avants et trois-quarts compris. Ça contribue à augmenter notre niveau à tous alors qu’auparavant, seuls les joueurs du cinq de devant avaient l’opportunité de jouer en France. Aujourd’hui, nous sommes une sélection beaucoup plus complète que par le passé. La preuve, c’est que nous marquons davantage d’essais derrière que devant, ce qui était inimaginable voilà une quinzaine d’années. On est devenus plus complets et ça ne peut être qu’une bonne chose pour l’image des Lelos.

Vous venez de remporter le Challenge européen en ayant gagné votre duel avec Cheslin Kolbe, puis ce match historique avec l’Italie, en réalisant à chaque fois des exploits individuels. Vous pincez-vous pour y croire, le matin ?


Je vis quelque chose d’incroyable en ce moment mais j’essaie de garder la tête froide en pensant toujours au match d’après. Je profiterai plus tard, mais pour le moment, on ne peut pas se contenter d’avoir été bons contre l’Italie. La semaine dernière, c’était presque facile de se préparer, on était programmé pour ça. Ce sera un bon challenge pour nous de et pour moi de voir si nous parvenons à garder le même niveau contre le Portugal.

Vous avez également prolongé récemment votre contrat de trois saisons avec le Lou. On insiste, mais vous évoluez actuellement sur un nuage…


Je vis un rêve éveillé, c’est sûr, je ne m’attendais pas d’arriver si rapidement à ce niveau lorsque j’ai débarqué à Lyon il y a un an. Mais il ne faut pas que je m’endorme : un nouveau manager est arrivé, le projet va évoluer… Quoi qu’il en soit, mes objectifs sont toujours les mêmes : à titre individuel, progresser, m’améliorer, même sur des détails parfois imperceptibles. Et à titre collectif, il s’agira de faire mieux que l’an dernier, dans le but ultime de remporter le Top 14.

Et avec la sélection géorgienne ?


À relativement court terme, nous allons commencer à nous projeter sur les matchs de novembre (Samoa, Uruguay, pays de Galles, NDLR) qui seront très importants, en particulier le dernier à Cardiff puisque nous affronterons aussi les Gallois lors de la Coupe du monde. Et à un peu plus long terme, soyez attentifs : il va y avoir une surprise en 2023….
 

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