Édito - Les coups de chaud des Bleus

  • Les Bleus se sont imposés sous une chaleur étouffante au Japon
    Les Bleus se sont imposés sous une chaleur étouffante au Japon Icon Sport - Icon Sport
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L'édito du vendredi par Léo Faure... À ces températures de cuisson, on ne jongle même plus avec le champ lexical de la fièvre. 38°degrés, dites même 39 ? Ça passe. Trois cachetons, trois jours en caleçon et l’affaire est pliée. Marche avant. Mais cette fois, on ne rigole plus et on franchit sans se retourner le cap de l’insoutenable. 40 °C et même plus, appelez les urgences. Le monde 4.0, sorte de métavers du cuire ensemble. Même à distance.

Passés les quarante plombes à l’ombre, on devient vespéral. De joie ou de force. On dort au matin, quand la fraîcheur de la nuit a (enfin) envahi le bâti. On somnole l’après-midi, planqué dans la pénombre, quand les lames de l’astre suprême transpercent les chairs au-dehors. On s’impose des water-breaks sans toutefois se risquer au sport. Une belle vie de vacanciers, direz-vous. Mais ce n’est pas une vie. Encore moins quand retentit cette sombre idée, glaçante comme un glas, qu’il faudra s’y habituer.

Et donc, le rugby dans tout ça ? Baigné dans la moite canicule du soleil levant, le XV de France s’est offert son coup de chaud à lui. Deux victoires pas forcément probantes, mais de ça, l’histoire se fout pas mal. Comme les maths. Profitant aussi de la sidérante rébellion des nations du Nord, voilà que les Bleus se sont octroyé la première place du classement mondial. Ce qui n’attribue aucun trophée et ne pourrait durer qu’une semaine. Mais tout de même. C’est un bon thermomètre de l’année glorieuse, fabuleusement fiévreuse qu’a offerte cette équipe à ses plus fidèles adorateurs. En commençant par nous-mêmes.

Les Bleus ont pris feu face aux All Blacks en novembre, et ont eu chaud face à l’Irlande en février. Puis ils ont consumé tous les autres adversaires sur leur route, au feu étouffé de leur nette supériorité. Qu’elle fût individuelle ou collective.

Cette équipe est-elle la meilleure du monde ? On n’en sait fichtre rien, ou certainement pas dans ces tonalités assertives, quasi sentencieuses. Seul le Mondial 2023, dont on se languit clairement pour s’y projeter régulièrement dans ces colonnes, sera juge de paix. Les grandes équipes gagnent surtout quand ça compte vraiment. Donc patience.

Ce qu’on sait déjà, c’est que cette équipe réunit tout ce qu’il faut d’agréments pour prétendre à l’or solaire du trophée Webb-Ellis. C’était un espoir, puis un instinct, une envie et une tendance. C’est désormais une certitude. C’est déjà beaucoup et cela a suffi à lui octroyer le statut d’équipe mondiale numéro 1. Comprenez aussi : ennemi public numéro 1. Une cible dans le dos, les Bleus vont désormais sentir le souffle brûlant de leurs rivaux juste sur leur nuque. Une première dans l’histoire. On découvre. Et pour tout dire, on apprécie.

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