Les All Blacks face à leur destin

  • Pris dans la tenaille irlandaise, les Néo-Zélandais de Richie Mo'unga n’ont pas trouvé de solution samedi dernier. Il leur reste un dernier test à gagner pour remporter la série et sauver la tête de Ian Foster. Photo by Icon Sport
    Pris dans la tenaille irlandaise, les Néo-Zélandais de Richie Mo'unga n’ont pas trouvé de solution samedi dernier. Il leur reste un dernier test à gagner pour remporter la série et sauver la tête de Ian Foster. Photo by Icon Sport
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Les Néo-Zélandais ont mal vécu leur première défaite sur leur sol face aux Irlandais. Ils n’ont maintenant plus le droit à l’erreur pour ne pas revivre un tel séisme.

Tous les voyants sont au rouge pour les hommes en noir. Huit mois après les deux claques reçues par l’Irlande et l’équipe de France, les All Blacks sont aujourd’hui au pied du mur. Classée quatrième nation mondiale pour la première fois de son histoire, la Nouvelle-Zélande doit remettre les pendules à l’heure. Et les joueurs en ont bien conscience. Après le revers subi à Dunedin face aux Irlandais, Ardie Savea avait la tête basse : « Ça fait mal d’être la première équipe des All Blacks à laisser une équipe irlandaise gagner ici. Ça fait mal parce que nous sommes une famille. Avec tout ce qui s’est passé, nous nous soutenons mutuellement. Les gens perçoivent ce qu’ils voient. Mais ils ne savent pas ce qui se passe à l’intérieur. » De la solidarité, de l’abnégation, du sacrifice, les Néo-Zélandais en auront certainement besoin pour renverser la vapeur samedi (9 h 05) à Wellington.


« Vaincre ou mourir »

 

Un élément central reviendra relever la Nouvelle-Zélande : Sam Whitelock. L’absence du deuxième ligne a autant pesé que la sortie de Sexton en ouverture de la série. Les supporters ont pris conscience de l’aura laissée par Whitelock sur ses coéquipiers. Un guide absent pour la deuxième manche mais qui reprendra sa place lors de l’ultime bataille. Scott Barrett retrouvera sa place naturelle de flanker, avec plus d’activité sur le pré. L’attelage Retallick-Whitelock devrait compenser les errements laissés samedi dernier dans le pack. Avec ou sans l’homme aux 133 sélections, pour Sam Cane, il n’y a pas d’autres alternatives à la victoire. « C’est vaincre ou mourir, comme en Coupe du monde. C’est un bon défi pour nous. J’ai hâte d’y être » , a-t-il déclaré, tout en pointant les erreurs du deuxième match : « Nous avons compté vingt-sept pertes de balles. Quand vous pensez au nombre de minutes pendant lesquelles nous avons eu le ballon, c’est juste ridicule. » Une anomalie pour une équipe néo-zélandaise, également blâmée par Ian Foster, dont le poste de sélectionneur ne tient plus qu’à un fil.


Sur un siège éjectable

 

La Nouvelle-Zélande reste sur trois défaites en quatre rencontres. Dans ce contexte inédit, Ian Foster est directement ciblé par la presse néo-zélandaise. Avec seulement 69 % de victoires depuis le début de son mandat en 2019, il réalise le pire bilan d’un sélectionneur des All Blacks. En poste jusqu’en 2023, « Foz » est aujourd’hui au bord du précipice. Une tribune intitulée « Il est temps de changer » a même été lancée par Gregor Paul, un journaliste du pays. Dans le texte, il appelle à « une nouvelle voix ou un nouveau visage pour injecter quelque chose de nouveau et de radical » au sein d’une équipe « qui n’est pas assez cohérente ou assez dynamique pour inspirer la confiance ». Dans le pays au nuage blanc, chacun craint que les Blacks « ne fassent plus peur au monde » et que l’aura de l’équipe soit brisée par le XV du Trèfle. À l’aube d’un match vital face à l’Irlande, le sélectionneur jouera certainement sa peau. La Nouvelle-Zélande n’a perdu qu’une série de tests-matchs face à une nation européenne dans son histoire : face à la France en 1994. Vingt-huit ans plus tard, la Nouvelle-Zélande ne joue pas une victoire, elle joue son destin.

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Clément LABONNE
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