L'édito : Antoine Dupont, sur tous les fronts

  • Antoine Dupont est idolâtré partout où il passe, et il y a de quoi.
    Antoine Dupont est idolâtré partout où il passe, et il y a de quoi. Icon Sport
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On le voit partout, sans bouder un certain plaisir. Antoine Dupont fait la Une des magazines de tous horizons. Il déborde désormais sans mal des limites du rugby, "ce sport de niche" comme il le dit lui-même. Cette dernière semaine, il a été l’invité d’honneur de la Patrouille de France pour la fête nationale du 14 juillet ; puis il a connu les honneurs du Tour de France, qui lui consacre ce vendredi une étape "hommage". Rien que ça.

Le meilleur joueur du monde entre doucement au patrimoine national, dans le petit monde des personnalités publiques qui empilent les sollicitations de tous bords. Son talent le lui permet, sa bonne éducation aussi. Pour autant, Dupont fait du tri, ne répond pas favorablement à toutes les requêtes. Question d’éthique, ou de timing.

L’hiver dernier, il avait ainsi refusé une participation à Fort Boyard. Pas le bon moment, à l’approche du Tournoi des 6 Nations. Pendant ce même Tournoi, il avait également refusé plusieurs reportages dans la presse "grand public". Des sollicitations désormais loin, très loin des choses du rugby et de son petit entre soi. Antoine Dupont a brisé cette frontière.

Il en a accepté d’autres. Quelques-unes de ses apparitions médiatiques ou publicitaires ont d’ailleurs prêté à sourire, qu’elles soient dans le domaine de la mode, du bricolage ou de l’automobile. Le rugby, sport qui érige le collectif en valeur cardinale jusqu’à en subir des effets de groupe parfois toxiques, tient à quelques vieux réflexes un rien conservateurs. Des têtes qui dépassent ? D’accord, mais pas trop.

Justement, la sienne dépasse trop, sur les terrains, pour rester anonyme dans la sphère publique. Il faut s’en féliciter, qu’importe si cela heurte des conservatismes. Tête d’affiche marketing d’un sport qui en avait cruellement besoin, pour en avoir justement manqué pendant une grosse décennie, Dupont incarne la France du rugby qui gagne. Tant mieux.

Ce statut ne lui est plus contesté et ne le sera probablement pas, dans les années qui viennent. Largement exposé, le Toulousain peut-il et doit-il, en plus, être le capitaine du XV de France ? C’est aussi à cette question d’accumulation que devront répondre Fabien Galthié et Raphaël Ibanez, quand ils trancheront sur le débat Dupont-Ollivon pour porter le brassard des Bleus.

La réponse sportive semble pousser pour le môme de Castelnau-Magnoac. Avec Dupont en chef de meute, les Toulousains ont été sacrés champions d’Europe, le XV de France a enchaîné une victoire contre les All Blacks et un grand chelem. Bilan solide.

Mais la multiplication des tâches, sur tous les fronts, comporte aussi le risque de le "cramer" à un an de la Coupe du monde. Et Ollivon, qui avait également convaincu dans ce rôle de capitaine pendant les premiers dix-huit mois de l’ère Galthié, pourrait alors être son parfait complément. Manière de mieux répartir la lumière et les responsabilités, plutôt que de les concentrer sur un seul homme. Aussi exceptionnel soit-il. Question d’équilibre.

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Léo FAURE
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