Pelous : "Je ne suis pas sûr qu’il y ait un élu"

  • Fabien Pelous a été capitaine du XV de France à 42 reprises.
    Fabien Pelous a été capitaine du XV de France à 42 reprises. Icon Sport
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Pour l'ancien capitaine du XV de France, Fabien Pelous, la nomination du capitaine est surtout importante pour l’extérieur. Mais, en interne, il plaide pour un fonctionnement à plusieurs capitaines.

Vous avez eu Antoine Dupont avec les Moins de 20 ans. Aviez-vous décelé son leadership ?

Leader par l’exemple sur ce qu’il faisait sur le terrain, oui. Mais de là à ce qu’il soit capitaine du XV de France aussi jeune, on ne l’avait franchement pas pressenti.

Comment juger les capitanats de Dupont et Ollivon ?

Les avoir est une chance et il n’y a pas qu’eux. Beaucoup peuvent assumer ce rôle. Avec cette génération, je n’ai pas l’impression que ce soit une question de capitanat, mais plutôt d’état d’esprit général. Dans ce groupe, le capitaine ne fait qu’accompagner la réussite collective. Je ne dis pas qu’il n’est pas important. Mais il ne me semble pas primordial que ce soit l’un ou l’autre. Cela ne changera pas grand-chose dans le statut de cette équipe. Ni, je pense, dans la réaction de Dupont ou Ollivon. Si l’un est nommé capitaine, je ne suis pas sûr que ça dérange beaucoup l’autre. Je ne les sens pas dans une rivalité sur ce plan.

Faut-il désacraliser le capitanat ?

Dans l’imaginaire collectif et ancestral du rugby, on garde l’impression du capitaine qui s’occupe de tout. C’était vrai quand il n’y avait personne autour des équipes. C’était déjà moins le cas à mon époque, avec le professionnalisme. Alors, maintenant, avec la structuration et l’organisation… Tout est tellement préparé et mâché que le rôle du capitaine est important sur le terrain, dans la prise de décision. Pour le reste, il l’est surtout par rapport à l’extérieur.

N’est-ce pas une pression en sélection ?

C’est un sentiment de responsabilité. Tout est un peu exacerbé. Quand ça marche, tu es d’autant plus valorisé. Mais quand ça ne marche pas, tu es davantage décrié. Je le vivais personnellement. Quand on perdait, j’avais une partie du poids des responsabilités sur les épaules. En cela, il faut pouvoir l’assumer.

Vous aviez perdu le capitanat au profit de Galthié, puis Ibanez. Fut-ce dur humainement ?

Pas pour moi à l’époque. Que j’ai le statut ou pas, j’agissais un peu de la même façon. Avec Rapha (Ibanez), on a fait toute notre carrière en parallèle. Une fois, c’était moi. Une fois, c’était lui. Puis moi, puis lui. Avec Fabien (Galthié), nous avons partagé le capitanat à trois. Cela ne m’a jamais froissé de ne pas l’avoir. On savait tous trois le rôle essentiel qu’on avait à jouer.

Leur expérience est-elle précieuse pour choisir l’élu ?

Je ne suis pas sûr qu’il y ait un élu, ou que ce soit une bonne chose de le figer. Cela peut être une compétition avec un capitaine, une compétition avec un autre. Je l’avais expérimenté en club avec Emile Ntamack. Nous étions co-capitaines et il n’y avait aucun souci. Les joueurs sont identifiés pour le XV de France et cela ne me semblerait pas illogique de ne pas tout faire reposer sur une personne, mais sur deux, trois ou quatre qui en sont capables. Cela exonère de toute la responsabilité du rôle et d’un pépin avec le capitaine. S’il se blesse en début de Coupe du monde, il est plus simple de passer l’écueil si tout n’est pas figé sur une seule personne.

Vous plaidez donc pour ne pas trancher…

Qu’il faille le faire pour des raisons administratives, je l’entends. Mais dans la vie interne du groupe et l’inconscient des autres joueurs, je ne serais pas surpris que les choses ne soient pas figées. On a assez de garçons capitaines en club pour cela. Il y a aussi Marchand à Toulouse, Alldritt à La Rochelle, Fickou souvent au Racing, Cros qui l’a été de toutes les sélections de jeunes. Le capitanat peut être supporté par plusieurs individus. Ce fonctionnement est, à mon sens, entré dans les mœurs. Les garçons ne sont plus choqués par ça. Regardez à Toulouse où ça tourne entre Marchand ou Dupont sans que cela ne pose problème. Il y a trois ans, on se demandait si on avait des leaders. Là, on n’en manque pas. Et, quand c’est le cas, ça marche généralement beaucoup mieux.

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Propos recueillis par Jérémy Fadat
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