L'édito : Morgan Parra, le vrai

  • Néo-Parisien, Morgan Parra sera l'une des curiosités de la saison prochaine.
    Néo-Parisien, Morgan Parra sera l'une des curiosités de la saison prochaine. Icon Sport - Icon Sport
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Une page s’est tournée en Auvergne cet été, avec le départ des tauliers. Morgan Parra ne terminera pas sa carrière en jaune et bleu, presque l’égal d’Aurélien Rougerie dans l’ordre du mérite clermontois.

Il l’explique ici avec ses mots, toujours plein de retenue et d’une émotion maîtrisée : l’ancien demi de mêlée international qui a passé treize saisons à l’ASM, au point d’en incarner la rigueur, l’abnégation et la force de résilience, avait besoin d’autre chose avant de boucler sa carrière sportive. Ou, disons-le à sa place : pour bien finir.

Cette autre chose, telle qu’il l’avoue à demi-mot, c’est un statut différent malgré sa réputation, son expérience et, forcément, son CV. Trois éléments qui en font toujours une tête d’affiche, c’est évident.

Pourtant, en débarquant dans la capitale à 33 ans, Morgan s’attend à être moins exposé. Celui qui fut hier la tête de gondole auvergnate, le plus visible des "bibendums", veut désormais se placer au cœur du collectif, en quête de liens, de repères, de confiance et de liberté ; façon de rendre la monnaie à ses partenaires ; et aussi, de manière un peu plus égoïste, afin de pouvoir se concentrer sur ses ultimes objectifs.

Cette chose dont il murmure le nom, c’est enfin la quête d’un plaisir qui lui a parfois manqué à force de lutter pour exister aux sommets, avec Clermont et le XV de France. Le plus souvent face à des vents contraires quand, souvenez-vous, le rugby français mangeait son pain noir et que les Bleus étaient encore considérés comme des sales gosses.

L’enfant de la balle, l’amoureux du jeu et plus encore le jeune talent – trop ?- Précoce ont ainsi été rattrapés par la rigueur d’une époque pas toujours réjouissante en sélection, et celle d’une culture clermontoise où prédominent le sérieux et la sobriété. Parfois même l’austérité. C’est ce qui transpire.

Pour la fantaisie, il y aura donc Paris où même Dan Carter reste un anonyme parmi les autres. Et où Parra va terminer, avec l’envie féroce de retrouver ce plaisir pur qui vient nourrir la passion, chasser les contraintes et renvoyer directement au rugby de l’enfance.

Vous le lirez et l’apprécierez certainement à sa juste valeur, le demi de mêlée reste un nostalgique du rugby amateur, pour sa simplicité crue et sa liberté éternelle. Des choses qu’il n’a pas toujours retrouvées dans sa carrière, qui lui ont manqué et qu’il est allé rechercher sur le tard en coachant des amateurs, dans les environs clermontois. Ne vous y trompez pas, ce n’était pas qu’une question d’amour du jeu, de la stratégie et de la performance. Il y avait le reste, aussi. L’humain.

Ce pourrait être toute la différence avec la génération "Dupont" qui succède directement à celle de Parra. Quand les Bleus du Messin ont dû apprendre à vivre avec les contraintes du professionnalisme, ceux du Magnoacais s’y épanouissent pleinement malgré le cadre toujours plus rigoureux. Ils ne portent plus la nostalgie de l’amateurisme du rugby comme un fardeau, ils en ont fait leur héritage. Avec les victoires pour chanter, c’est forcément plus facile…

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Emmanuel Massicard
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