Un groupe de 180 joueurs porte plainte contre World Rugby

  • Un groupe de 180 joueurs porte plainte contre World Rugby, parmi eux Steve Thompson.
    Un groupe de 180 joueurs porte plainte contre World Rugby, parmi eux Steve Thompson. Abaca / Icon Sport
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Un nombre important de joueurs, dont d’anciens internationaux britanniques ou sudistes, ont décidé d’intenter officiellement une action en justice contre l’instance mondiale

Lundi, le cabinet Rylands Law, agissant au nom d’un groupe de 180 joueurs a officiellement lancé une action en justice contre World Rugby, l’instance internationale qui régit le rugby mondial. L’agence Press Association, qui a révélé l’information, a indiqué que la plainte avait été déposée alors que les deux parties (joueurs et Fédérations) n’ont toujours pas réussi à s’entendre sur un règlement permettant de protéger les joueurs contre les risques de commotion cérébrale. Parmi ceux concernés, plusieurs noms connus, dont l’ancien talonneur anglais Steve Thompson, champion du monde en 2003, l’ancien pilier all black Carl Hayman, victime de démence précoce à l’âge de 42 ans, l’ancien troisième ligne international gallois Alix Popham ou son compatriote Ryan Jones, l’ancien capitaine du XV du Poireau qui avait récemment révélé au Sunday Times, souffrir à seulement 41 ans d’une démence précoce probablement liée à la répétition des chocs dans sa carrière. Une action qui rappelle celle intentée dans un autre sport, aux États-Unis, où la NFL (la puissante ligue de football américain) a déjà condamnée à verser 800 millions de dollars aux plaignants.

En décembre 2020, ce même groupe d’anciens joueurs de rugby avait déjà annoncé son intention de demander des dédommagements à World Rugby et aux Fédérations anglaise et galloise. Selon The Telegraph, qui s’est procuré des détails de la plainte déposée lundi, les plaignants auraient entre 20 et 60 ans. Des joueuses féminines en font également partie.

La sonnette d’alarme

Le sujet est régulièrement revenu dans l’actualité ces dernières semaines. Outre Ryan Jones, le pilier international anglais Joe Marler a confié cette histoire, alors que son kiné lui demandait si sa femme et ses enfants étaient présents au stade : "Pour être honnête, j’ai toujours fait l’autruche parce que tout cela me fait peur. Je me souviens avoir subi une commotion il y a quelques saisons – j’avais pris un gros coup en essayant de plaquer Billy Vunipola. J’étais dans les vapes et la seule chose dont je me souvienne, c’est de m’être retrouvé dans une salle et de voir entrer le kiné. […] J’ai fait une pause et j’ai craqué. Je n’avais aucun souvenir d’avoir des enfants et ça m’a vraiment fait peur." Le neurologue Jean-François Chermann, référence dans le domaine, a aussi tiré la sonnette d’alarme dans ces colonnes : "Il y a les risques à court terme et les risques à long terme. À court terme, après une commotion, le risque de blessure, de fracture est réel. À long terme, des maux de tête, des troubles cognitifs peuvent surgir… […] Le rugbyman joue trop. Et les commotions apparaissent plus facilement chez des joueurs fatigués. Trente matchs par saison, c’est énorme. En MMA, on fait quatre ou cinq combats par an, rendez-vous compte… Il ne faut surtout pas multiplier les compétitions."

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Les commentaires (1)
EN DEUX Il y a 13 jours Le 04/08/2022 à 22:20

On ne peut nier le caractère dramatique de la situation de Santé de ces avants
En revanche, les seuls gagnants risquent d'être les Avocats de ce cabinet d'Avocat anglais.
D'ailleurs juridiquement, il faudrait que les joueurs attaquent leurs anciens employeurs...au risque de les rayer de la carte
N'importe quel Défenseur, leur fera remarquer qu'ils ont activement participé à ce dont ils souffrent.
Personne ne les a obligé à devenir joueur de rugby, joueur de rugby pro, voire international.
Cette participation active à leur état risque de diminuer plus que fortement leur droit à indemnisation...Surtout s'ils ont caché ce dont ils souffraient ou l'ont minimisé.
Qui imagine un boxer attaquer la WBO ou la WBA..
Dans le même temps c'est une raison supplémentaire mais élémentaire pour rayer de la carte la Coupe d'Europe sud africaine...
Affaire à suivre mais mal barrée...
C'est le droit national qui arbitrera le contentieux