Changement sur carton rouge : simple lubie ou vrai avenir ?

  • Matthew Carley expulsant Tomas Lavanini
    Matthew Carley expulsant Tomas Lavanini Sportsfile / Icon Sport - Sportsfile / Icon Sport
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La nouvelle règle sur les exclusions, qui permet l’entrée sur le terrain d’un autre joueur après vingt minutes, et qui sera encore appliquée lors du Rugby Championship, est au centre des débats.

Mise en place au dernier Rugby Championship ou en Super Rugby, la nouvelle règle concernant les cartons rouge va trouver une prolongation lors du Rugby Championship 2022 qui s’ouvre ce week-end. Pour rappel, si un joueur est exclu, il peut être remplacé au bout de vingt minutes. L’expulsé ne peut en aucun cas retourner sur le terrain et un joueur ayant été remplacé tactiquement peut revenir pour remplacer celui «cartonné». «Nous croyons fermement que l’intégrité des matchs internationaux est très importante et que, dans la mesure du possible, les matchs doivent être des combats à quinze contre quinze», a expliqué Brendan Morris, patron de la Sanzaar, instance dirigeante de la compétition.

L’accueil est moins chaleureux chez certains qui ne souhaitent pas son extension à d’autres compétitions internationales, ou dans l’hémisphère Nord. En mai, Midi Olympique avait ouvert le débat. La plupart des interlocuteurs n’y étaient pas favorables, à commencer par les entraîneurs. «Le mérite d’un carton rouge définitif, c’est de faire réfléchir les joueurs aux conséquences de leur geste, assurait le manager du Racing 92, Laurent Travers. [...] Si la sécurité du joueur demeure bien la première priorité du législateur, je crois qu’on ne peut pas revenir en arrière.» Avis partagé par son alter ego de Provence Rugby, Mauricio Reggiardo : «Je ne suis pas vraiment favorable à cette nouvelle règle. Un carton rouge est un fait qui doit être décisif pour la suite du match. Là, ce carton pénalise beaucoup plus l’individu que l’équipe qui se retrouve à quinze, seulement vingt minutes après.» Le président de l’UBB, Laurent Marti, était plus mesuré : «Je trouve que cette réforme va dans le bon sens. [...] Je précise que je mets une condition : si le joueur sort sur blessure, je pense qu’il faut garder le carton rouge classique. Et, sans blessure, se pose aussi la question de l’intentionnalité. Cette notion n’est pas toujours très bien jugée.»

Pas question pour le Mondial 2023

L’interrogation est la suivante : quel avenir pour cette réglementation ? Peut-elle, comme pour le 50 : 22, être appliquée à l’échelle planétaire dans un futur proche ? Le Sud pousse en ce sens, s’appuyant sur des décisions discutables prises pas certains arbitres ces derniers mois et arguant que cette évolution permettrait de ne plus «biaiser» les matchs. Cela trouve notamment sa source dans les expulsions subies par les All Blacks, en forte progression depuis quelques années, dont la dernière en date du pilier Angus Ta’avao-Matau, qui leur a peut-être coûté la série contre l’Irlande. Pour l’heure, World Rugby ne s’est pas positionnée de manière officielle. Son président exécutif, Alan Gilpin, avait ainsi botté en touche en avril : «Nous avons besoin de plus de données pour voir si cela affecte l’équilibre entre sécurité et spectacle.» Selon nos informations, l’instance internationale (pour qui la sécurité du joueur reste la priorité) a déjà et carrément écarté l’éventualité de mettre en place cette règle pour la Coupe du monde 2023.

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