L'édito : place des grands hommes

  • Dougie Moragn / Jacques Fouroux - 10.01.1976 - Ecosse / France - Tournoi des 5 Nations
    Dougie Moragn / Jacques Fouroux - 10.01.1976 - Ecosse / France - Tournoi des 5 Nations SnsPix / Icon Sport - SnsPix / Icon Sport
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L'édito du vendredi par Léo Faure... Ce n’est jamais vraiment dit, pas franchement voulu non plus. C’est pourtant le fil rouge du journal qui vous est proposé ici. À l’heure où les joueurs soignent tout de leur communication et jurent que le collectif est toujours plus éminent que leurs préoccupations individuelles, l’expérience ne dit pas totalement cela. Parfois, elle dit même franchement le contraire : ce sont des destins individuels singuliers qui ont propulsé les meilleures équipes au premier rang de l’histoire. Prenez Nantes, par exemple. 15 novembre 1986, beaucoup de grands hommes dans un XV de France à bout de nerfs. Et au milieu, un homme plus petit par la taille, unique par le charisme.

Le nom de Fouroux a toujours trôné au-dessus de ses équipes. Parce que, sans le dire, il les faisait siennes, leur imprimait tout de ses convictions, qu’il en soit le demi de mêlée, le capitaine, l’entraîneur ou le sélectionneur. Fouroux provoquait toujours, haranguait souvent, rassurait parfois. Mais il était quoiqu’il arrive acteur de ses volontés, moteur de ce destin qu’il ne voulait pas abandonner aux hasards passifs d’un rebond, aux volontés aléatoires d’un autre.

Ceux qui ont connu l’expérience de le côtoyer l’ont forcément détesté, à un moment. Et les Bleus de Nantes 1986 l’ont eu en horreur, une semaine durant. Tous, pourtant, qui témoignent aujourd’hui de ce jour de légende du rugby français, n’ont que du laudatif à la bouche au moment de raconter le génie charismatique du petit caporal. Il y avait dans cette équipe les Blanco, Champ, Mesnel, Bonneval, Charvet, Garuet, Rodriguez et tant d’autres. Du grand monde. Cette équipe, c’était pourtant celle de Fouroux. Cet exploit aussi.

Rien de la trempe de Fouroux, c’est sûr, mais d’autres hommes d’importance rythment ce journal. La folle histoire de Jean Sébédio, colosse et capitaine fantasque, brutal, parfois insolent et même tyrannique. Dans les années 20, il faisait régner la terreur sur les pelouses de France et d’Europe. Homme à part, destin à part. Avec les zones d’ombre que cela supporte.

Jérémy Sinzelle, à sa manière, détonne également dans le paysage du rugby d’aujourd’hui. À l’heure où l’on conseille aux joueurs de ne plus rien dire publiquement qui sorte des chemins de la niaiserie tiède, le Toulonnais choisit le contre-pied, le franc-parler. Garçon attachant, droit dans ses bottes, aligné entre ce qu’il pense et ce qu’il dit. La déception de son départ anticipé de La Rochelle et le peu d’affection que lui a alors démontré le club maritime ; l’articulation Mignoni-Azéma plus verticale qu’on veut bien le dire ; les cicatrices de la dernière saison du RCT ; Sinzelle ne se débine devant rien. Comme sur un terrain. Des mots rares, parce qu’ils sonnent vrais. À lire.

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