L'édito : En chasse

  • Melvyn Jaminet et ses nouveaux coéquipiers toulousains
    Melvyn Jaminet et ses nouveaux coéquipiers toulousains - AURELIEN DELANDHUY MIDI OLYMPIQU
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L'édito du vendredi par Emmanuel Massicard... C’est un club comme une institution. Devenu référence au gré de l’histoire, présentant aujourd’hui le plus prestigieux des palmarès et ne laissant personne indifférent. Qu’on l’aime ou pas, la réussite du Stade toulousain en fait l’un des plus fiers bastions du rugby français et même international.

Sa réussite doit beaucoup à ses hommes phares qui, tel Didier Lacroix aujourd’hui, ont su le mettre à la page, parfois même le réinventer. De manière qu’il puisse perdurer selon les codes d’une identité rugbystique commune bien servie, disons-le clairement, par un effectif 5 étoiles qui aurait souvent fait le bonheur d’une sélection internationale.

Mais par-delà les talents et les moyens accumulés, avec cette abondance qui ressemble parfois à Byzance, le succès des Rouge et Noir doit plus encore à la soif de victoires et surtout de titres transmise entre les générations. Cet état d’esprit n’est certes pas exclusif, il n’en est pas moins cultivé, entretenu, transmis avec une rare efficacité, convenons-en.

On l’a bien vu, ce genre de machine devient encore plus redoutable quand elle se nourrit de ses succès. Pour ce qu’ils supposent d’influence sur le moral et même l’inconscient des adversaires, autant que pour le supplément de confiance accordé à l’ensemble du collectif.

Pour autant, on le jugera cette saison : la détermination est encore majorée quand le Stade débarque tel qu’à présent, en phase de reconquête. Avec l’ambition décuplée, l’esprit de revanche -et parfois même de vengeance- accroché au fronton d’Ernest-Wallon.

Bref, tout ce qu’il faut sur le papier pour filer une sainte frousse à la concurrence même si, superstitieux et méfiants en diable, les héritiers de Novès se garderont bien de chuchoter leur motivation à l’extérieur du vestiaire.

N’empêche, une chose restera acquise tout au long de la saison : la proie redevient chasseur. Si la situation a son lot d’avantages, avec forcément moins de pression pour peser sur les épaules des Marchand, Cros, Jelonch et cie ou moins de projecteurs braqués dans le blanc de leurs yeux, elle n’en reste pas moins à risques.

D’abord parce que personne n’est dupe quant au niveau de la troupe ; et personne n’attendra d’elle un parcours à demi-mesure du talent accumulé dans l’effectif Rouge et Noir.

Enfin, rien ne sera plus simple pour eux : les doublons sont toujours là, comme les enjeux internationaux qui occuperont plus que jamais les partenaires de Dupont et Ntamack candidats au XV de France.

À bientôt un an de la Coupe du monde en France, la gestion des objectifs et la définition des priorités deviendront forcément plus périlleuses que jamais. Entre reconquête et mise sur orbite, cet été de canicules n’aura pas été de trop pour tenter de s’organiser et d’y voir clair. La chasse est déjà ouverte.

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Emmanuel MASSICARD
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