Les Bleues vers les sommets

  • Réunies en Andorre, les Bleues travaillent dur. En bas à gauche, elles effectuent un travail minutieux sous la conduite du coentraîneur David Ortiz. À droite, Pauline Bourdon écarte le jeu. Photos Aurélien Delandhuy
    Réunies en Andorre, les Bleues travaillent dur. En bas à gauche, elles effectuent un travail minutieux sous la conduite du coentraîneur David Ortiz. À droite, Pauline Bourdon écarte le jeu. Photos Aurélien Delandhuy - AURELIEN DELANDHUY MIDI OLYMPIQUE
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Réuni depuis dimanche dernier en andorre, le xv de france féminin va passer une dizaine de jours non loin de la frontière espagnole pour le deuxième temps fort de sa préparation coupe du monde, durant lequel il va monter en intensité. Nous avons suivi nos bleues le temps d’une journée. reportage.
 

Après dix jours passés au CNR de Marcoussis pour une « remise en route » tant athlétique que rugbystique, le XV de France Féminin a pris ses quartiers au cœur d’Andorre la vieille, juste derrière la frontière espagnole pour vivre, jusqu’à mercredi prochain, le deuxième temps fort de sa préparation de Coupe du monde. Nous avons donc retrouvé mardi matin les filles et leur staff à l’Estadi Comunal d’Andorre. Un dépaysement choisi par le staff dans le but de préparer au mieux les filles au long séjour qu’elles effectueront en Nouvelle-Zélande pour y disputer le prochain Mondial, du 8 octobre au 12 novembre prochain. L’idée ? Sortir les joueuses du confort de Marcoussis, les confronter à un environnement différent, avec une langue étrangère et de nouvelles infrastructures (comme la salle de musculation) qu’elles devront partager avec les quidams, comme ce sera le cas au pays au long nuage blanc.


Deshaye : « le staff nous fait monter en puissance »

 

Voilà pour le décor. Maintenant, le contenu. Celui-ci est clairement copieux, comme nous l’expliquait la pilier gauche Annaëlle Deshaye à l’issue de la matinée : « Ici, nous allons effectuer plus de séances dites « caractère » (les séances les plus intenses et éprouvantes, N.D.L.R), mais aussi plus de réunions pour travailler sur le projet de jeu. Tout cela va générer plus de fatigue physique et mentale pour nous faire monter en puissance et que le staff jauge notre état d’esprit. Dans la fatigue, des caractères se dévoilent. En Nouvelle-Zélande, on va vivre deux mois ensemble donc on doit savoir comment chacune va réagir. Pour l’instant ça va, mais je vous redirai ça mercredi prochain ! » sourit l’ex-Lyonnaise et future Girondine, visiblement comblée d’être là.
Grosso modo, une journée type des Bleues démarre à 7h45 par des exercices de mobilité, suivis du petit-déjeuner. Ensuite, les filles du XV de France passent entre les mains expertes des kinés pour les straps, et prennent la route du stade où nous les avons retrouvées. Sitôt arrivées, elles filent en salle vidéo pour une séance d’une demi-heure. Ensuite, place au terrain. Le thème de ce mardi est « vélocité » : « Sur ces séances, on doit mettre beaucoup de vitesse, produire beaucoup d’accélérations alors que les contacts sont réduits », éclaire Romane Ménager. « Sur des journées de type « capacité », on va avoir de grosses charges de courses avec des hautes intensités. La charge ressemble à celle d’un match. » Pendant plus d’une heure, les Bleues vont enchaîner les différents exercices. D’abord opposées en deux équipes, les séquences, initiées sur touche ou mêlées, commencent par plusieurs échanges de jeu au pied : « Pour veiller constamment à garder la ligne défensive, à se replacer correctement pour bloquer le plus rapidement possible l’adversaire », nous explique Deshaye. Ensuite, les Bleues se séparent entre avants et trois-quarts : Gaëlle Mignot et David Ortiz prennent chacun un atelier de touche, le sélectionneur Thomas Darracq prend les trois-quarts. Les mines sont concentrées, les consignes sont précises et concises : « Ne montrez pas d’info à l’adversaire, demande Mignot, la sauteuse doit intercepter la trajectoire du ballon ! » Le timing se joue à la demi-seconde.


Atelier de ballons portés

 

L’après-midi, les Bleues changent encore de décor. Réparties en trois groupes, elles gravissent à pied une pente raide pour rejoindre le Centro Sportif Serradells, perché sur un flanc de colline qui domine la ville. À partir de 16 heures, ses 1 000 mètres carrés d’installations flambants neuves ouvrent au public. À leur grande surprise, les usagers habituels voient leur espace investi par des joueuses de rugby affûtées et volontaires qui soulèvent des barres, tirent des haltères et lancent des wall-balls de toutes leurs forces. Dans une salle dédiée à la pratique du CrossFit, on retrouve David Ortiz qui mène un atelier à effectif réduit sur les ballons portés. Le technicien enchaîne les passages avec les groupes de trois joueuses, et s’évertue à tirer sur un élastique attaché au bassin de la porteuse de balle qui doit garder sa trajectoire dans l’axe tout en arrachant et en transmettant à son soutien arrière. Chaque passage est filmé par l’analyste Vincent Péducasse, et sera ensuite décortiqué par le staff. La journée des Bleues se termine par une grosse demi-heure de technique individuelle, puis par une nouvelle réunion pour débriefer la journée d’entraînement. Après de telles journées, vous comprendrez que nos Bleues n’ont aucun mal à trouver le sommeil…

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