Mignoni : « Je suis surpris que Montpellier ne soit pas cité parmi les favoris »

  • Pierre Mignoni, nouvel entraîneur de Toulon.
    Pierre Mignoni, nouvel entraîneur de Toulon. Icon Sport
Publié le , mis à jour

Revenu dans son club de cœur, l’ancien manager du Lou sait combien les attentes sont grandes autour du RC Toulon. Il assure que c’est un privilège de voir son club cité parmi les prétendants au Brennus mais assure que cela relève, pour l’heure, de l’anecdote.

Toulon est le deuxième club le plus cité derrière le Stade toulousain pour remporter le bouclier de Brennus. Comment accueillez-vous cette tendance ?


Très honnêtement, c’est assez anecdotique. Nous avons, avec Franck (Azéma), suffisamment d’expérience pour savoir qu’il ne faut pas trop accorder de valeur à ce genre de sondage. Aujourd’hui, nous préférons nous concentrer sur le travail à réaliser sans trop nous préoccuper de ce qui se dit à l’extérieur. Nous sommes au début d’un projet. Évidemment, c’est un privilège de voir que Toulon est reconnu, mais nous sommes un club où il y a beaucoup de choses à faire.

N’est-ce pas tout de même une pression supplémentaire ?


Vous savez, Toulon est un club où la pression populaire est déjà très forte. Nous savons combien les gens attendent beaucoup de ce club. Nous en sommes aujourd’hui à l’identification de nos forces et nos faiblesses. C’est ce qui nous intéresse pour l’instant, bien au-delà des pronostics. Pour l’instant, il n’y a pas de vérité. Nous sommes quatorze sur la ligne de départ, six vont se qualifier pour la phase finale et à l’arrivée il n’y aura qu’un seul vainqueur. Et aujourd’hui, c’est de plus en plus difficile. Il n’y a aucune modestie dans mon propos. C’est la stricte vérité. Se qualifier parmi les six clubs participant à la phase finale, c’est un combat quotidien.

Le Stade toulousain est largement favori aux yeux des managers de Top 14. Est-ce justifié alors que Montpellier champion de France en titre n’est jamais cité ?


Je suis un peu surpris que Montpellier ne soit jamais cité parmi les favoris pour le titre de champion de France. Cette équipe a réalisé un très beau parcours en phase finale et n’a pas volé son titre. Au contraire. Maintenant, le Stade toulousain, c’était costaud l’an dernier. Ça l’était l’année d’avant. Et ça le sera encore plus cette saison. J’ai toujours été admiratif du travail réalisé au sein de ce club. Je discute souvent avec Ugo Mola et je trouve très intéressant de voir comment ce club a évolué, la façon avec laquelle il a entrepris un virage important après une période difficile. C’est vraiment un club qui a su se redynamiser. Honnêtement, c’est aujourd’hui assez impressionnant, il est donc logique que le Stade toulousain soit aujourd’hui le grand favori du Top 14, même si je sais qu’Ugo n’aime pas du tout ça (rires). Après, être favori et posséder un très bel effectif ne sont pas un gage de réussite. On l’a vu la saison dernière et ça confirme qu’il est de plus en plus difficile de gagner le Top 14.

Êtes-vous étonné de ne pas voir La Rochelle, champion d’Europe en titre, cité parmi les favoris au titre de champion de France ?


Oui, c’est quand même bizarre… À la lueur de leur saison dernière et du recrutement impressionnant réalisé, je ne vois pas comment La Rochelle ne pourrait pas se mêler à la lutte pour le titre. À mon avis, ils ne seront pas loin. J’ai même le sentiment que les Rochelais ont construit un groupe pour jouer sur les deux tableaux, Champions Cup et Top 14.

Bayonne, un peu moins que l’Usap, est souvent cité pour la relégation. La formule actuelle de la Pro D2 où le champion de France accède au Top 14 très tard dans la saison, n’est-il pas un handicap pour se maintenir la saison suivante ?


C’est évidemment très difficile. En 2016, j’ai eu la chance de monter en Top 14 avec Lyon mais la formule était différente. Le premier de la phase régulière montait directement, or nous avions suffisamment d’avance au classement à l’époque pour savoir que nous allions monter. Et nous avions pu préparer au mieux notre recrutement. J’avais même en fin de saison mis plusieurs joueurs à l’écart de la compétition pour qu’ils commencent à se préparer pour la suivante. Ces joueurs-là avaient donc fait deux présaisons. Et souvenez-vous par exemple de Carl Fearns ! Il avait réalisé une saison incroyable en Top 14. Aujourd’hui, les promus n’ont plus ce luxe. D’ailleurs, combien de clubs promus se sont maintenus ?
 

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Arnaud Beurdeley
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