Castres : la saison de tous les dangers

  • Tom Staniforth (balle en mains), Santiago Arata (numéro 12) et les Castrais devront faire attention à la décompression après une saison absolument magnifique. Beaucoup attendent aussi du CO qu’il passe un cap en coupe d’Europe. Photos Stéphanie Biscaye
    Tom Staniforth (balle en mains), Santiago Arata (numéro 12) et les Castrais devront faire attention à la décompression après une saison absolument magnifique. Beaucoup attendent aussi du CO qu’il passe un cap en coupe d’Europe. Photos Stéphanie Biscaye
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Le Castres Olympique sort d’une saison historique où il a terminé pour la première fois en tête de la poule unique. Et si le bouclier de brennus est finalement tombé dans la besace de montpellier, les motifs de satisfactions sont grands. Attention désormais à la décompression.

Au presque-parfait. Nonobstant la défaite en finale du Top 14 le 24 juin dernier face à Montpellier, le Castres olympique sort d’une des plus belles saisons de son histoire. Peut-être même de la plus belle de toutes, si on exclut cette fameuse finale ratée dans les grandes largeurs et que l’on s’en tient à l’analyse statistique des performances de l’équipe de la première journée de la phase régulière au soir de la demi-finale de Nice, où les Tarnais ont fait chuter le grand Stade toulousain au terme d’un match électrique. Pour la première fois en effet, le CO a terminé un championnat à la première place de la poule unique.

Les Tarnais ont bâti leur saison sur les fondamentaux de leur style : une pugnacité à toute épreuve qui leur a permis de prendre des points en déplacement ainsi que sur leur volonté de défendre bec et ongles leur territoire. Le CO s’est appuyé sur une très longue série d’invincibilité à Pierre-Fabre en Top 14 qui court depuis le mois de décembre 2020, où toutes les équipes du championnat ont baissé pavillon, mis à part l’UBB qui y a arraché un match nul. Matthias Rolland, le directeur du Castres olympique, dresse le bilan : "C’est une très belle saison, même si bien évidemment nous sommes déçus par la tournure de la finale. C’est historique pour nous d’avoir terminé la phase régulière à la première place. Disons que le bilan n’est pas volé mais un peu inespéré. Nous avons connu un exercice sans véritable creux, en affichant une belle constance. Je crois que l’on peut dire que notre staff a effectué un excellent travail depuis sa prise de fonctions."

Rester humbles

Impossible, donc, de ne pas citer le CO au moment de tresser les lauriers de la saison passée. Mais il faut basculer désormais sur une mouture 2022-2023 d’un championnat qui s’annonce toujours plus concurrentiel et qui sera celui de tous les dangers pour le CO, risque de décompression oblige… "Nous nous devons d’être très vigilants, prévient d’entrée l’ancien deuxième ligne champion de France 2013. Cette saison est pour nous celle de tous les dangers, nous ne devons pas nous laisser griser. Il ne faut pas oublier que la saison dernière beaucoup de matchs ont été remportés avec peu de marge, il ne faudrait pas que ces rencontres serrées commencent à basculer du mauvais côté. On sait que le rugby de haut niveau tient à peu de chose. Je ne suis pas très inquiet, je sais que Pierre-Henry Broncan a l’humilité chevillée au corps. Il saura préparer nos troupes."

En parlant des troupes, le CO a su, une fois de plus réussir le meilleur des recrutements en conservant la quasi-totalité de son effectif. "On construit dans la durée chez nous, reprend le directeur du club. Nous croyons encore aux joueurs qui choisissent un club pour s’y inscrire dans la durée, qui aiment le maillot et le territoire. Ils nous le rendent bien." Le groupe sera renforcé par des joueurs qui rentrent dans le profil type recherché par le club : des jeunes issus de la formation française et venant des divisions inférieures avec un fort potentiel de développement. Ainsi des Séguret, Maravat, Doubrère et consorts. Seul "ovni" parmi les recrues, Leone Nakarawa, star fidjienne et meilleur joueur européen de la saison 2017-2018, qui arrive pour prouver que ses 34 ans ne sont pas un frein à sa participation à la Coupe du monde 2023. S’il est en forme – ce que tend à prouver sa préparation estivale – il a beaucoup à apporter à ses jeunes coéquipiers.

L’idée de ce recrutement aussi est de permettre au CO de passer un cap en coupe d’Europe. Régulièrement éliminés dès le premier tour, parfois un peu injustement comme lors de la précédente édition, les Tarnais doivent dans la mesure du possible accrocher une qualification pour la phase finale, histoire d’exister à nouveau sur l’échiquier européen. Le club et ses magnifiques supporters le méritent.

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