L'édito : honneurs au champion

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L'édito du vendredi par Léo Faure... Le temps n’efface pas tout, mais il estompe et questionne sérieusement ce qui fut, hier, une vérité immuable. Les leçons ne valent que par la mémoire, dégradable. Pour preuve, en ce début de septembre, les incendies et les sueurs des canicules de juillet se rangent au rayon des souvenirs, qui ne déboucheront sur rien de climato-insurrectionnel. Un vague arrière-goût acide, qui n’appartiendrait déjà plus à l’ordre des changements profonds de mœurs et des modes de vie. On oublie. Trop vite. Et six semaines plus tard, la question sociétale urgente serait désormais de savoir si cuire une viande à la braise stimule plus intensément la testostérone que l’œstrogène. Voyez donc la vacuité.

Moins grave, heureusement. On ne parle que de rugby. Mais le délit d’amnésie hâtive frappe aussi notre sport, et ses acteurs de premier rang. Dans le sondage des entraîneurs que notre journal vous propose en chaque début de saison, et publié cette année dans notre dernière édition (29 août), aucun des treize techniciens du Top 14 interrogés (seule La Rochelle a refusé de répondre, dommage…) ne voit le MHR champion. Ni finaliste. Et seulement 2 voix sur 26 pour une accession directe en demi-finale.

Montpellier, vous vous souvenez ? Le champion en titre. Rien que ça. C’était il y a deux mois, à peine plus. Un club qui ne jouit peut-être pas de la plus grande cote de popularité. Mais un club qui a dompté tout le monde sur les 80 minutes du terrain et séduit en dehors, après, par la convivialité d’une bringue du diable comme il en manque désormais, un peu, dans ce nouveau rugby.

Le MHR n’a rien volé. Il a glané son titre à la régulière, dans l’épreuve de force. Celle des corps et des nerfs, où les Héraultais ont étouffé la concurrence. Renforcé cet été encore par un recrutement de premier standing (Carbonel, Coly, Lam…), le club du président Altrad n’envie rien à personne mais semble ne toujours pas appartenir au gratin du Top 14. Refoulé à la porte par ses pairs, toujours et malgré sa couronne. C’est l’avis des techniciens. On le respecte. On s’en étonne un peu, aussi.

À ceux qui lui maintiennent cette forme de désapprobation, on répondra qu’il n’est rien de plus incertain que le sport et l’avenir, sur cette foutue planète. Encore plus dans un championnat où tous ou presque semblent armés pour des ambitions de règne. C’est son charme.

Au long d’une saison longue de dix mois et bien plus d’embûches, les vérités théoriques de septembre pèseront bien peu sur le verdict final. Il y aura des blessures, des surprises, des collectifs qui se délitent et d’autres qui se subliment. Des clubs un temps à la cave, et bientôt brûlés du feu inaltérable de la confiance. Ils jailliront sur la ligne, dans une folle fin de saison. On le sait, puisque le scénario se répète depuis toujours.

"Que la fête commence", titre aujourd’hui notre journal, à la veille des premières rencontres de Top 14. La fête, ce n’est pas seulement le jour du sacre. Ce sont aussi ces dix mois de hauts et de bas, de doutes et de certitudes, de vérités définitives au soir d’un match bâclé et qui seront pourtant balayées une semaine plus tard, à l’aune d’un succès retentissant.

La fête, c’est autant l’aboutissement que la quête et ce chemin immensément long, immensément bon du Top 14. La fête commence ce week-end. Elle sera longue et plus ouverte que jamais. Alléluia.

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