Hastoy sans trembler à La Rochelle

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Très attendu pour ses premiers pas sous ses nouvelles couleurs, l’ancien buteur et maître à jouer de la Section paloise apparait déjà très à son aise au sein du collectif maritime.

Il a enfin levé les bras à Deflandre. Purement anecdotique, pensez-vous ? Pas tant que ça. Tendez donc la perche au principal intéressé, parmi les victimes expiatoires du Stade rochelais quand il voyageait à Deflandre sous le maillot palois. « Ça fait du bien, c’est la première », sourit celui qui n’a pas oublié, entre autres, ce massacre du printemps 2019 (71-21). « C’est parfait, j’espère que ça en appellera d’autres. » Le vœu d’Antoine Hastoy sera sans doute bien moins compliqué à exaucer, maintenant qu’il est du bon côté de la barrière.
Recrue de choix des champions d’Europe à l’ouverture, l’international aux 2 sélections en Bleu a d’ores et déjà pris date, samedi soir, en tenue jaune et noir. Ce numéro 10 qui lui semblait destiné dès l’annonce de sa signature un an plus tôt, l’ex-Béarnais l’a étrenné d’une belle manière, pour une première. Quatre-vingts minutes durant. Même pas un mois après son arrivée et le début de sa préparation estivale, programmée le 8 août.
Bilan d’ensemble ? Plus que correct pour un joueur sans automatisme et encore loin d’être à 100 % de son potentiel physique. Niveau chiffre, déjà : un cinq sur six face aux perches et 94 % de passes réussies dont celle servant Dillyn Leyds, pour le premier essai du match (56e). Niveau impression visuelle, ensuite, depuis les tribunes : quelques attaques de ligne mordantes, de la variété dans son jeu, une bonne lecture pour sauver une tentative de 50 : 22 (48e) et une qualité de jeu au pied indéniable. À l’image de cette profonde sortie de camp (34e) ou de cette merveille de chandelle (38e) récupérée par Pierre Boudehent.

« Il va nous faire du bien »

« Antoine s’est bien débrouillé, acquiesce son entraîneur des arrières, Sébastien Boboul, déjà charmé par le talentueux Hastoy. Ce n’est pas évident sur une première, à ce poste-là, sur un match de haut niveau et fermé, d’assimiler le plan de jeu, les structures, de jouer avec les mecs à côté. Il a plutôt bien géré notre attaque. En première mi-temps, on a vu des vagues rochelaises. Plutôt à l’aise sur son jeu au pied. C’était important qu’il débute bien. Il y a beaucoup d’attentes, notamment – tout le monde en parle – sur ses tirs au but. Il a fait une très bonne partie, ça va le mettre en confiance pour la suite. Il va pouvoir s’exprimer encore plus. »
De confiance, le deuxième meilleur réalisateur de la saison passée n’en manquait pas vraiment, après plusieurs exercices toujours bouclés à plus de 80 % de réussite face aux perches. Le contexte rochelais, en revanche, aurait pu peser. Des années que Deflandre attend un buteur de tout premier rang, persuadé de le tenir avec Hastoy. Mais à écouter le nouveau chef d’orchestre du champion d’Europe, la pression lui glisse dessus : « Honnêtement, j’ai vraiment essayé de me concentrer sur moi, mon geste, ma technique. C’est un moment où tu es tout seul, il faut essayer de ne pas faire entrer toute la pression. » Sur son seul échec au pied (23e), le public s’est empressé d’applaudir. Un traitement pas toujours réservé à ses décriés prédécesseurs.
Et Pierre Bourgarit de conclure : « Antoine était beaucoup attendu sur le tir au but, il a répondu présent, c’est le principal. Il a fait son match, il s’épanouit, je suis sûr qu’il va nous faire du bien, offensivement et sur le tir au but. »

 

Tachnique : pas photo en conquête

« Franchement, faire un match nul… J’aurai eu des regrets de ne pas avoir pris la mêlée et de ne pas avoir marqué un essai. J’ai regardé la première ligne, ils m’ont direct dit «mêlée ! » Quand c’est comme ça, c’est facile d’être capitaine. » Obstination récompensée, pour Grégory Alldritt et sa bande. 78e minute de jeu. Au terme d’une interminable séquence d’avantages et de mêlées à cinq mètres de l’en-but héraultais, La Rochelle finit par trouver la faille en insistant encore et encore dans l’épreuve de force. Malgré la prise de risque et les possibilités de prendre les points pour égaliser à 22-22, les champions d’Europe auraient sans doute eu tort de s’en priver, tant ils ont marqué le MHR au fer rouge, en conquête. Il n’est pas seulement question de ces ultimes oppositions en mêlée et notamment cette dernière, disputée après la sortie d’Haouas sur carton jaune. En touche, comme depuis deux saisons, le club à la Caravelle a su utiliser à bon escient son arme de destruction massive des groupés pénétrants. Comme sur ses deux pénaltouches trouvées coup sur coup dans les 22 mètres rochelais à la demi-heure de jeu. Même sans les guides Skelton et Atonio, les recrues (Lespiaucq-Brettes, Colombe, Tanga-Mangene) ont parfaitement exécuté leur nouveau rôle au cœur du complexe système bâti par Romain Carmignani. Les Cistes ont bien tenté une combinaison au retour des vestiaires pour surprendre le bloc défensif-ils avaient réussi avec brio en janvier dernier (deux essais)-rien à faire. Symbole de l’impuissance, ce ballon porté sanctionné sur la balle de match (80e).

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Par Romain Asselin
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