Balès, l’heure n’était pas aux « réseaux »

  • Alexi Balès.
    Alexi Balès. Icon Sport - Icon Sport
Publié le , mis à jour

Cet été, un joueur emblématique du championnat a décidé, à 32 ans, de raccrocher les crampons : Alexi Balès, 262 matchs en professionnel avec Agen, La Rochelle et Toulouse. Il lui restait une année de contrat à Ernest-Wallon mais il a trouvé un accord avec ses dirigeants et préféré lancer dès à présent sa reconversion dans le vin, son autre passion.

Son aventure en Rouge et Noir n’avait jamais réellement décollé depuis son arrivée en 2020 et, malgré le doublé de 2021, Balès n’a pas affiché son meilleur niveau sous le maillot toulousain, finissant par ne plus disputer le moindre match lors des quatre ultimes mois du dernier exercice. Il n’en demeurait pas moins un membre important du groupe et chacun a loué son attitude exemplaire, malgré la frustration, lui qui a accompagné la montée en puissance des jeunes demis de mêlée. Alors quoi ? Il s’agit de dénoncer ceux qui, bêtement, ont encore « profité » de l’occasion pour lui cracher dessus sur les réseaux sociaux. Ils étaient certes minoritaires mais, quand même, comment justifier que certains - plutôt que de rendre hommage à sa carrière, lui souhaiter bonne chance dans sa nouvelle vie ou juste la fermer - se sont offert une tribune pour écrire des âneries aussi inutiles que ridicules dans ce contexte ? Nous revenaient en mémoire les confidences dans ces colonnes de son ex-coéquipier Pierre Fouyssac, aussi pris en grippe par une partie du public : « Je ne vais pas regarder les commentaires mais ça te revient tout le temps. C’est pareil pour Alexi, c’est de l’acharnement. Est-ce que les gens ont besoin de faire ça ? » Fouyssac en avait besoin souffert et cela comptait parmi les raisons de la dépression qu’il a affronté. Oui, les joueurs pros sont exposés et donc critiqués.

Balès, comme les autres, était forcément conscient qu’il était soumis au jugement, tant qu’il reste sportif. Vous avez le droit de blâmer le rugbyman, en n’oubliant jamais qu’il y a un humain demain. À l’heure où les clubs se servent des réseaux sociaux pour créer leur propre média, il serait opportun que chacun mène cette réflexion sur l’utilisation de ce qui ressemble trop à un « café du commerce ». Éradiquer les excès serait illusoire mais il convient de se rappeler, dans le cas de Balès, que lui aura eu jusqu’au bout la classe que beaucoup auiraient été inspirés de s’imposer.

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