Procès Laporte-Altrad : Atcher, la prime et l’interrogation Score XV

  • Procès Laporte-Altrad : Atcher, la prime et l’interrogation Score XV
    Procès Laporte-Altrad : Atcher, la prime et l’interrogation Score XV Icon Sport - Icon Sport
Publié le

Claude Atcher, récemment mis à pied de son poste de directeur du GIP "France 2023", a répondu aux interrogations dont sa société, Score XV, fait aujourd’hui l’objet. Les a-t-il néanmoins toutes levées ?

Jeudi après-midi, le tribunal correctionnel de Paris a donc entendu Claude Atcher et Benoît Rover, son bras droit à la société Score XV, au sujet du fonctionnement jugé nébuleux de ladite entreprise. À propos de celle-ci, spécialisée dans l’organisation des grands évènements sportifs, le procureur François-Xavier Dulin disait d’ailleurs qu’elle était "dans son intégralité un abus de bien social". Pour être clair, il est ici reproché aux deux responsables de Score XV d’avoir fait assumer à la société des frais personnels de M. Atcher, d’avoir payé une mission sans fondement supposé au fils de celui-ci (Baptiste) ainsi que d’avoir omis de déclarer à l’Urssaf et à l’administration fiscale plusieurs déclarations, en 2016 et 2017. À la barre, les interrogations se sont alors succédé : pourquoi Score XV a-t-elle versé en 2017, 6 000 euros à Baptiste Atcher ?

Atcher père répondait : «Un de nos salariés était occupé pour des missions avec la FFR. J’ai donc proposé une mission à mon fils, concernant la vente de billets pour un tournoi à VII à Singapour.»

Mais que fait votre fils, au juste, monsieur Atcher ? demandait alors la présidente.

Claude Atcher : «Je me pose aussi la question, parfois… Il a été commercial, a travaillé dans la sécurité et gère aujourd’hui une salle de cross fit.»

Au sujet des frais de crèche amortis par Score XV pour le dernier enfant de Claude Atcher, l’ancien directeur de France 2023 précisait : «En face de mon appartement, il y avait une crèche d’entreprise. Benoît Rover m’a dit que la société pourrait prendre certains éléments de frais de crèche. Au final, ma fille n’y a passé qu’un mois parce que nous avons dû partir à Singapour et la facture s’est donc élevée à 1 500 euros. Jamais il n’a été facturé 20 000 euros à Score XV, comme je l’ai vu écrit (dans le rapport de police, N.D.L.R.) ».

La présidente Rose-Marie Hunault : «Mais cette facture de "coaching de gym", alors ? Pourquoi l’avoir fait aussi prendre en charge par la société ?»

Claude Atcher : «Mon corps était meurtri par les voyages incessants à l’étranger. J’ai proposé que je puisse avoir un accompagnement physique, parce que je suis un peu âgé (67 ans).»

Benoît Rover, l’anonyme du procès «Altrad Laporte», confirmerait peu après les propos de son associé, arguant d’abord qu’il ne savait pas qu’il était « interdit » qu’une société prenne en charge une partie du loyer de l’appartement occupé par M. Atcher rue Astorg à Paris (« Nous n’avions pas les moyens de consulter un expert juridique pour chacun des dossiers. Google était mon meilleur ami, pour vérifier tout ça… ») puis assurant au sujet des arriérés de déclaration que «Score XV avait parfois du retard» mais que «des échéanciers étaient toujours mis en place avec les impôts et l’Urssaf». On saura, au moment du réquisitoire du procureur, si leurs arguments ont été reçus par l’accusation… et surtout par la juge, puisque la décision finale reviendra à Rose-Marie Hunault et nulle autre.

Atcher : «Je suis un artisan de la victoire du dossier France 2023»

Si le fonctionnement de Score XV soulève encore certaines interrogations, Claude Atcher est en revanche apparu très précis au sujet de la prime de 30 000 euros versée par la FFR en 2018, un bonus que les policiers et les procureurs de la République estiment ne correspondre à aucun contrat. «Après la victoire du dossier "France 2023" pour l’obtention de la Coupe du monde, expliquait Atcher à ce sujet, je me suis aperçu qu’un sous-traitant de Score XV ainsi que l’ensemble des salariés de la FFR avaient reçu une prime (1 000 euros, pour les salariés, N.D.L.R.). J’ai donc été voir les responsables de la Fédération en leur disant : "J’ai la faiblesse de penser que je suis aussi un artisan de cette victoire. J’ai travaillé dix mois jour et nuit, je me suis appuyé sur mon réseau pour convaincre les dirigeants du rugby. Est-ce que ma société mérite quelque chose, également ?" J’ai donc obtenu l’accord de l’obtention de cette prime. Mais personnellement, je n’ai pas touché un euro».

Et les frais de bouche et téléphoniques facturés à la Fédération, alors ? À quoi correspondent-ils ? «Afin de convaincre les grandes Fédérations internationales que notre dossier était le meilleur, je me suis déplacé pendant des mois à l’étranger et ma facture téléphonique a considérablement augmenté. Mais cela ne figurait pas, il est vrai, dans le bon de commande initial transmis à la FFR." La défense de Bernard Laporte, à cet instant-là, assurait de son côté qu’il avait été transmis à la comptabilité de la FFR l’intégralité des justificatifs des frais de mission de Claude Atcher pour "France 2023". Dossier classé ? 

Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement
à cet article à partir de
0,99€ le premier mois
Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?