Top 14 - Fabien Sanconnie (Racing 92) : « J’ai eu peur de ne jamais rejouer »

  • Fabien Sanconnie était titulaire en deuxième ligne la semaine passée face à Lyon.
    Fabien Sanconnie était titulaire en deuxième ligne la semaine passée face à Lyon. Icon Sport
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Samedi dernier, après dix-huit mois de galère, Fabien Sanconnie a de nouveau foulé une pelouse de Top 14. Avant d’affronter Toulouse, il a accepté d’évoquer cette période difficile, tout en se projetant sur l’avenir.

Vous avez rejoué samedi dernier en Top 14 pour la première fois depuis mars 2021, comment avez-vous vécu ce retour à la compétition ?

Avant la rencontre, j’étais super excité. Retrouver cette ambiance du vestiaire d’avant-match, les odeurs, les regards, la tension, quel plaisir. Et puis, le plus important, j’ai eu de bonnes sensations durant la rencontre, avec un succès à la clé.

Pouvez-vous nous raconter comment vous avez vécu ces dix-huit derniers mois ?

Je me suis pété un ligament croisé du genou. C’était un mercredi lors d’un entraînement du mois de mars 2021. Sur un simple "lift" en touche, j’ai senti mon genou se dérober. J’ai été contraint de me faire opérer. Au bout de cinq mois, je me sentais bien sinon que j’avais toujours un genou "liquidien", toujours un peu gonflé.

Et ?

À l’imagerie médicale, on s’est aperçu que la greffe s’était nécrosée. Elle tenait mais restait fragile.

Que s’est-il alors passé ?

Retour à la case départ. J’ai consulté différents chirurgiens dont l’un m’a conseillé de repasser sur le billard. Je ne vous cache pas que j’ai pris une grande claque dans la gueule, un vrai coup de massue.

À quoi vous êtes-vous raccroché durant ces moments difficiles ?

J’ai la chance d’avoir connu les joies de la paternité en février dernier. Ma compagne a donné naissance à une petite Bianca. C’est le genre d’événement qui procure un bonheur immense et qui fait relativiser beaucoup de choses. Dans mon malheur, j’ai pu être présent pour ses premiers jours, ses premières semaines. C’était chouette.

La rechute a-t-elle été difficile à vivre ?

(il souffle longuement)… La deuxième opération était nécessaire pour la suite de ma carrière. Maintenant, pour être très transparent, je me suis posé de nombreuses questions. Comment vais-je récupérer après deux opérations ? Est-ce que mon genou va bien tenir, sans que je n’aie de douleur ? Et puis, tout simplement, est-ce que je vais pouvoir rejouer au plus haut niveau ?

À ce point-là ?

Oui, j’ai eu peur de ne jamais pouvoir rejouer. Ça m’a effleuré l’esprit sans me hanter au quotidien. J’ai essayé de ne pas trop montrer mes doutes, ni mes interrogations. Je ne suis pas du genre à m’épancher facilement. Mais autant j’avais ressenti le besoin durant la rééducation après la première opération de passer du temps auprès de ma famille à Brive, autant à l’issue de la deuxième intervention chirurgicale, je suis resté près de mes partenaires, pour vivre à leurs côtés. Les gens ne s’en rendent pas forcément compte mais lorsqu’un joueur est blessé, ce n’est pas simple de vivre en marge du groupe. On a l’impression d’être à l’écart, de ne pas être dans le "move". Heureusement, mes partenaires prenaient souvent de mes nouvelles, m’envoyaient des petits messages. C’était cool. Et ma deuxième rééducation, je l’ai faite avec Teddy Iribaren qui était alors dans le même timing de reprise que moi. On s’est serré les coudes entre anciens Brivistes (rires).

Durant cette période, les dirigeants du Racing 92 vous ont quand même proposé de prolonger votre contrat. Avez-vous été surpris ?

Je me souviens très bien de cette période. C’était juste avant ma deuxième opération en septembre 2021. Psychologiquement, j’étais un peu dans le dur parce que je savais que je ne pourrais pas rejouer avant la fin de mon contrat qui courait jusqu’en juin 2022. Ma femme était alors enceinte. Bref, période compliquée. Alors quand le club est venu vers moi en me proposant de prolonger mon contrat, j’ai été touché. J’ai trouvé ça très classe. Vraiment.

Vous sentez-vous aujourd’hui redevable ?

Un peu quand même ! C’est un geste très élégant de la part du staff et des dirigeants. Maintenant, j’ai toujours tout donné sur un terrain et ça ne changera pas.

Vous êtes-vous fixé des objectifs à atteindre ?

Mon seul but, c’est de pouvoir enchaîner les matchs sans trop de pépins physiques. Après à long terme, j’ai juste envie d’aider l’équipe et d’être le plus souvent possible titulaire.

Vous comptez quatre sélections avec le XV de France. Reporter le maillot bleu, est-ce dans un coin de votre tête ?

C’est vraiment prématuré d’afficher cette ambition. Évidemment, je sais très bien ce que j’ai à faire pour retrouver mon meilleur niveau. Ma priorité, ce sont donc mes performances en club. Et si je suis bon avec le Racing 92, on verra bien si le sélectionneur fait appel à moi.

Vous vous apprêtez à jouer le Stade toulousain samedi. Ce genre de rendez-vous vous a-t-il manqué ?

L’adrénaline qui entoure ce genre de match, c’est aussi pour ça que l’on pratique ce sport. J’espère qu’on sera à la hauteur. Depuis le début de la saison, on a eu quelques trous d’air durant les rencontres. Même s’il y a eu du mieux contre Lyon, on s’est rendu compte qu’on a laissé cette équipe marquer trop facilement, sur trois ou quatre temps de jeu. Or, on va enchaîner avec deux déplacements contre Toulouse et La Rochelle, deux gros cadors du Top 14. On va en savoir un peu plus sur notre capacité à rivaliser avec ces équipes.

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Arnaud Beurdeley
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