L'édito : faut-il tout oublier ?

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    L'édito : faut-il tout oublier ? Icon sport.
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L'édito du lundi par Emmanuel Massicard... Vous le lirez dans ce journal, Jacques Rivoal, s’exprime pour la première fois à l’adresse de notre monde du rugby, dans sa nouvelle peau de patron du Mondial 2023. Constats, perspectives et ambitions. Pas de surprises, ni de révolution de palais à un an de l’événement. Plutôt la promesse d’un monde forcément meilleur et l’application d’un baume cicatrisant sur les plaies mises à vif d’une organisation qui a brusquement perdu son cap, en même temps qu’elle perdait sa figure tutélaire.

Logique, évidemment. L’exercice d’une sortie de crise n’a rien d’aisé. Le patron pose logiquement une méthode qui lui correspond et doit lui permettre de s’installer aux commandes en repoussant la menace d’opportunistes attirés par la lumière d’un événement lancé sur les rails du succès.

Sauf que le sur-mesure, vous le lirez, a parfois tendance un peu à raser gratis face à une situation chaotique et à l’urgence de relancer la machine. Logique encore, évidemment. L’urgence est à rassurer son monde, les partenaires autant que l’Etat. Et à incarner de nouvelles promesses.

Mais tout cela ne masque pas la difficulté immense pour assumer l’héritage d’un homme nommé Claude Atcher. Celui qui a tout incarné et qui bouchait l’horizon des autres. Celui qui centralisait aussi les pouvoirs, les responsabilités et les lumières. Celui qui a construit un Mondial dont le pilotage doit soudainement changer pour faire oublier des méthodes de management brutales. Celui qui est mis au banc depuis fin août sans que soit rendu public le rapport du comité d’éthique, ou que soit livré celui de l’inspection du travail. Silences, assourdissants. Le temps est lui aussi assassin.

Une question taraude alors : faut-il tout oublier et tirer un trait sur les fondements d’une réussite, couper la tête de ceux qui l’ont portée ? Jacques Rivoal se dit au clair, même s’il semble désormais vouloir avancer en refermant le livre des dernières années du projet. Au moins sur le terrain de la communication et de l’image.

Alors, faut-il tout oublier ? Permettez-nous d’en douter. Le comité d’organisation doit certes se construire un avenir et rebondir après son été "meurtrier". Pour autant, il ne doit pas avoir honte, oublier d’où il vient, couper le cordon, se nourrir d’amalgames et tirer un trait sur ses projets parce qu’ils appartenaient à d’autres. Le risque est en effet trop grand d’avoir à perdre le sens même d’une aventure censée être au service du rugby français.

Surtout, ne jamais effacer l’ardoise. Et assumer jusqu’au bout ses forces autant que ses faiblesses. Oui, c’est bel et bien à ce prix que l’on apprend. Et qu’on grandit.

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Les commentaires (1)
mafb47 Il y a 2 mois Le 26/09/2022 à 08:17

La conclusion est tout a fait vraie ! ce sont les erreurs qui nous permettent d'apprendre et d'avancer