Lyon avec la "Garba’s Touch" !

  • Davit Niniashvili et Fletcher Smith ont parfaitement dynamité l’attaque lyonnaise.
    Davit Niniashvili et Fletcher Smith ont parfaitement dynamité l’attaque lyonnaise. Icon Sport - Icon Sport
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Durant un peu plus de vingt minutes, les Lyonnais ont développé un rugby de rêve, basé sur du mouvement et de la vitesse où le jeu debout n’a pas manqué de rappeler l’école toulousaine. Décryptage.

Les mauvaises langues diront que ça n’aura duré que quelques instants. À peine le temps d’une mise en bouche, comme la promesse d’un dîner gastronomique qui vire au menu XL d’un vulgaire fast-food. Xavier Garbajosa, le premier, s’est dit «pas satisfait» de l’ensemble de la rencontre. Mais quel début de match ! Quelle qualité de jeu. Comme si l’ancien international toulousain, en quelques semaines, avait déjà réussi à transmettre son ADN. Une philosophie où le jeu debout, les passes après contact, conjugués à du mouvement et de la vitesse, sont érigés en règle absolue. Les deux premiers essais lyonnais en sont le fruit. Même les joueurs de premières lignes, souvent regroupés en cellule de trois, se sont glissés dans ce système avec délice. «On avait bien vu ce qu’ils travaillent depuis le début de la saison avec Xavier, que Lyon est une équipe à vocation très offensive dont les avants aiment manipuler le ballon, a expliqué le manager du Stade français Gonzalo Quesada. Le problème, c’est que si notre système défensif est efficace lorsque les quinze joueurs sont connectés, il ne l’est plus lorsque deux montent en pointe quand deux autres contrôlent.» Et les Lyonnais en ont largement profité.

Kaabèche et Taofifenua comme des trois-quarts

Sur le premier essai, le rôle de Sébastien Taofifenua s’est révélé déterminant. Placé entre son droitier Hamza Kaabèche et son talonneur Liam Coltman, c’est lui qui a servi de pivot pour servir son ouvreur Fletcher Smith dans un bel intervalle. Un geste simple réalisé dans le bon timing qui a bloqué la défense parisienne. La suite ? Essai de Davit Niniashvili (1re). «En début de match, ces cellules nous ont fait mal, a reconnu le capitaine parisien Romain Briatte. Ils arrivaient bien à déplacer le ballon devant notre défense, on était systématiquement en retard et ils ont trouvé de l’avancée dans ces zones. Ils ont breaké une fois, deux fois, trois fois… Même si on a trouvé des solutions par la suite, c’est forcément rageant de s’être fait surprendre comme ça, d’autant que nous étions prévenus.»

Garbajosa : «On a des fulgurances»

Sur le second, les deux piliers lyonnais ont encore eu un rôle majeur. Dans un début d’action où Josua Tuisova et Ethan Dumortier faisaient virevolter le ballon le long de la ligne de touche, ces deux-là se sont parfaitement trouvés, Kaabèche servant sur un pas Taofifenua, idéalement lancé dans un intervalle. Résultats : trois défenseurs éliminés et un jeu à pleine vitesse pour une conclusion de l’ouvreur Fletcher Smith (20e). Un travail d’orfèvre qui a suscité l’admiration des trois-quarts. «C’est notre philosophie de jeu que d’essayer de rester debout, de jouer dans les espaces avant ou après contact, de jouer au rugby tout simplement en nous adaptant à ce que propose la défense, a dit l’ailier Xavier Mignot. Ce qu’ont réalisé nos avants pendant une vingtaine de minutes, c’est très positif et il faut continuer à construire là-dessus.» Las, ces vingt minutes de rêve n’ont pas eu de suite. Ce qui a sacrément agacé le manager du Lou : «On ne le découvre pas, qu’on sait jouer comme ça. On a des fulgurances… C’est très dur à réaliser mais on parvient à le faire, alors qu’on n’arrive pas le reste du temps à se retrouver sur des choses simples. Le haut niveau, c’est aller normalement du simple au complexe et en ce qui nous concerne, c’est l’inverse." Et Garba de conclure sèchement : "On a bien joué pendant 20 minutes, soit un quart de la partie. J’attends maintenant que mes joueurs arrivent à conserver ce degré d’exigence pendant 80 minutes.

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Arnaud Beurdeley
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