Pascal Cotet (Bayonne) : « J’étais en train de gueuler comme un putois quand Greg m’a dit : "tu rentres !" »

  • Pascal Cotet est revenu sur la victoire au forceps des Bayonnais avec une dernière mêlée capitale.
    Pascal Cotet est revenu sur la victoire au forceps des Bayonnais avec une dernière mêlée capitale. Pablo Ordas
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Rappelé par Grégory Patat pour disputer la dernière mêlée décisive qui a permis à l'Aviron de l'emporter, l'ex-narbonnais a vécu le meilleur moment de sa carrière.

Pouvez-vous nous raconter cette dernière mêlée ?
C’est un moment spécial pour un pilier. On me fait rentrer à ce moment-là. On avait tous à cœur de se rattraper de l’accident du Stade français. Je me suis dit qu’on ne pouvait pas perdre encore un match sur une mêlée. Avec le public, l’équipe, il y eut un regain d’énergie, beaucoup de motivation. Ça s’est bien passé.

Avant cette ultime mêlée, pensiez-vous rentrer en jeu ?
Non. Pas du tout. J’étais en train de « gueuler » comme un putois sur le côté pour encourager mes partenaires. Je vois alors Greg qui me dit : « Pascal, Pascal ». Je me retourne. Qu’est-ce qu’il se passe ? Il me dit : « Tu rentres, tu rentres ! » Ma foi, OK. Ça met un peu la pression mais on a réussi à gérer cela. On est plutôt content…

Quand vous avez gagné cette pénalité, vous avec continué à « gueuler » comme un putois ?
J’ai un peu gueulé… demain je crois que je prendrais des médicaments pour la gorge. (rires)

Que se dit-on à ce moment-là ?
Qu’il faut tout envoyer. Franchement. Il ne reste même pas une action de jeu au cours de laquelle il faut renverser la vapeur. Cela faisait un moment que l’on ne faisait que défendre. En deuxième mi-temps, on était acculé dans notre camp, sans ballons. On ne pouvait pas passer à côté, pas à Jean Dauger, pas devant tout ce monde.

Comment jugez-vous votre début de saison ? Vous débarquez de Pro D2…
J’ai un parcours un peu atypique. Je viens de Narbonne. J’avais dans un coin de la tête de performer en Top 14. Pour l’instant, ça ne se passe pas trop mal. La saison est très longue. Contrairement à la Pro D2, on enchaîne beaucoup de matchs. Le but pour moi est de jouer le plus possible et d’être le plus performant possible.

Vous venez de Pro D2. Quel est votre état d’esprit ?
Sur l’équipe alignée, il y a beaucoup de joueurs de Pro D2 qui ont à cœur de prouver, de performer. On a tous envie d’aller plus loin, de se maintenir. Ça nous motive constamment. Personnellement, j’ai connu une saison galère avec Narbonne, avec seulement quatre ou cinq victoires. Là de retrouver la gagne ça fait vraiment plaisir et ça motive.

Dans ces moments, revient-on sur sa carrière en se disant que ces sacrifices ont été payants pour vivre ne serait-ce qu’une mêlée comme celle-là ?
Sur le moment on fait le vide. Et puis, après, lorsqu’on y repense, pour vivre des mêlées comme celles-là, ça valait le coup de manger son pain noir. Là c’est la récompense de ces années compliquées.

On dit souvent que les mêlées en Pro D2 son plus pénibles qu’en Top 14. Comment les comparez-vous ?
Il y a plus de vice en Pro D2. Ça triche un peu plus. Après, en Top 14, les mecs, ils sont sacrément puissants. Il y a, là, une différence. Il y a plus de puissance en Top 14, plus de vice en Pro D2.

Qu’est-ce qui vous a permis de gagner cette dernière mêlée, le vice ?
C’est la motivation. L’envie de se racheter par rapport à la semaine dernière.

Cette expérience de Pro D2 vous a-t-elle préparé à des matchs comme celui d’aujourd’hui ?
Je le pense. Malgré tout, c’est un championnat très rude, surtout devant. Ça nous a endurcis pour ce genre de match où ça se joue à rien. De ne rien lâcher, ça va nous servir.

Vos partenaires ont voulu vous porter en triomphe à la fin. Vous avez refusé…
Je ne suis pas comme ça. Là, tout va bien. Mais, le week-end prochain, tout pourrait aller mal. Il faut rester humble. C’est le plus important.

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Edmond Lataillade
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