Technique - Brive : collisions gagnées, plat du pied, efficacité...

  • Le dynamique talonneur, Vano Karkadze, et les avants brivistes ont constamment joué dans l’avance en première mi-temps et ont permis à leur trois-quarts d’être plus efficaces que les Bayonnais dans l’utilisation du jeu au pied.
    Le dynamique talonneur, Vano Karkadze, et les avants brivistes ont constamment joué dans l’avance en première mi-temps et ont permis à leur trois-quarts d’être plus efficaces que les Bayonnais dans l’utilisation du jeu au pied. Photo Diarmid Courrèges - Photo Diarmid Courrèges
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La différence d’efficacité dans le jeu au pied, qui a tenu un rôle prépondérant dans le succès briviste, puise sa source dans la faculté à jouer dans l’avancée. Explications.

On aurait pu, évidemment, vous parler de la mêlée, ce secteur de jeu si crucial dès que l’automne et les terrains humides, pour ne pas dire boueux, approchent. On aurait pu en faire des tonnes sur le supplice vécu par Matis Perchaud face à ce bon vieux Marcel Van der Merwe, toujours aussi précieux dès lors qu’il s’agit de faire parler la puissance de ses reins et la largeur de ses épaules. Assurément, la domination briviste en mêlée a eu un impact considérable sur le gain de cette rencontre. Allez donc demander aux Bayonnais, eux qui ont été contraints de défendre durant dix minutes en infériorité numérique à cause du carton jaune de leur gaucher, pourtant si prometteur, à force de tomber sous la pression du Sud-Africain.

Toutefois, si le sort de la rencontre a logiquement basculé en faveur des Corréziens, c’est bien en raison d’un différentiel d’efficacité dans le jeu au pied. Quand les joueurs de Jeremy Davidson ont su capitaliser sur leur domination physique, les Bayonnais n’ont que très rarement trouvé des solutions par le pied. «On a été dans l’avancée sur les phases de conquête, mais aussi défensivement, a souligné l’arrière Thomas Laranjeira. Quand tu es dans l’avancée sur ces bases-là, c’est toujours plus facile, de préparer nos jeux au pied, de leur mettre une grosse pression. Donc je pense que ça vient surtout du travail de fond qu’on a fait sur cette première mi-temps, qui nous a permis, à nous les joueurs qui utilisons plus le pied, d’être dans des situations assez confortables.» Un exemple ? Le premier essai briviste illustre merveilleusement bien le propos. Après un groupé pénétrant efficace, le ballon parvient à Stuart Olding qui bénéficie alors d’un leurre composé de deux joueurs ralentissant la montée défensive adverse. Dans son dos, l’ailier Grandidier, offre une solution et crée encore un peu plus d’incertitude dans les rangs du premier rideau bayonnais. Le demi d’ouverture international irlandais délivre alors une passe au pied en direction d’Axel Müller. La suite ? Tel un funambule, l’Argentin parvient à servir Thomas Laranjeira pour les cinq premiers points de la rencontre.

Olding dans un fauteuil, Dolhagaray contré

Évidemment, le jeu au pied d’Olding s’est révélé précis, mais c’est toute l’animation et la circulation offensive, conjuguées à la capacité briviste à gagner les collisions, qui ont permis cette réussite. Olding a joué dans un fauteuil, notamment en première période, tout juste le temps de faire la différence. Surtout, cette réussite a tranché sérieusement avec les carences bayonnaises dans ce secteur de jeu. Certes, Maxime Machenaud a réussi un superbe 50-22 qui aurait dû susciter une belle opportunité si l’alignement basque n’avait pas été pénalisé en suivant (67e). Mais c’est bien par le pied qu’est venu l’échec des hommes de Grégory Patat. Le deuxième (et dernier) essai briviste témoigne. À force de jouer sans avancer, le demi d’ouverture Thomas Dolhagaray s’est fait contrer par Lobzhanidze (40e). Sur le temps de jeu précédent, que s’est-il donc passé ? Le troisième ligne centre Amosa n’a pas avancé d’un iota. Pire, il s’est fait coffrer, la défense grappillant de précieuses secondes pour se replacer et monter rapidement. «Je ne suis pas sûr que ce soit le jeu au pied qui ait posé problème en première mi-temps, a d’ailleurs souligné Machenaud. On a été dominés tout simplement. Nous n’avons pas réussi à tenir le ballon, nous ne pouvions pas aller jouer chez eux, mais ce n’est pas un problème de jeu au pied selon moi. On avait peu de munitions, et sur celles que nous avions, on a subi." Ou comment déterminer les causes et les conséquences.

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