Beaumont : « Le rugby féminin est le principal axe de développement de notre sport »

  • Bill Beaumont, président de World Rugby
    Bill Beaumont, président de World Rugby PA Images / Icon Sport - PA Images / Icon Sport
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Entre Londres et Auckland, le patron du rugby mondial nous parle de la nouvelle dimension prise par la Coupe du monde féminine et de ses principaux chantiers pour le développement de la pratique dans les années à venir.

Samedi, on attend plus de 40 000 spectateurs à l’Eden Park d’Auckland pour l’ouverture du Mondial. Que cela vous inspire-t-il ?

Ce sera un moment historique pour le rugby et un témoignage vibrant de la nouvelle dimension prise par la pratique féminine. C’est à l’heure actuelle le principal axe de progression et de développement de notre sport. 40 000 spectateurs, il faut se rendre compte que ce sera le double du précédent record d’affluence et le triple pour un événement féminin jamais organisé en Nouvelle-Zélande. De millions de personnes vont voir les meilleures joueuses du monde à l’œuvre. J’espère que de nombreux jeunes filles et garçons seront inspirés et auront l’envie de se lancer dans le rugby. Cette Coupe du monde annonce une décennie très excitante pour le rugby féminin, riche en opportunités, avec notamment le lancement d’une nouvelle compétition internationale, le Women XV (des tournois réunissant six équipes sur trois niveaux, organisés sur un même lieu, dont le lancement est programmé pour 2023, N.D.L.R.) et trois Coupes du monde en Angleterre, en Australie et aux États-Unis.

Comment expliquez-vous un tel succès populaire sur cette édition ?

C’est vrai que la fièvre de la Coupe du monde s’est emparée de la Nouvelle-Zélande. Déjà, il s’agit de la première édition dans l’hémisphère Sud et c’est aussi la première depuis le début de la pandémie. Après, vous n’ignorez pas la grande passion des Néo-Zélandais pour ce sport. Ils ne pouvaient pas passer à côté d’une telle fête chez eux. Enfin, avec le développement de la pratique du rugby chez les filles, le Mondial a aussi gagné en ampleur.

En France, TF1 sera le diffuseur de l’événement. C’est un autre marqueur fort de popularité…

C’est énorme de voir que TF1 a choisi de mettre en avant cet événement. Le fait de pouvoir regarder la compétition sur une chaîne gratuite avec une telle exposition est une aide considérable pour la promotion de la discipline dans votre pays.

Quels sont les grands enjeux du « World Rugby’s Women’s Plan 2021-25 » que l’instance a lancé ?

Il y a une énorme opportunité qui s’offre à nous, il faut la saisir : le sport féminin va continuer à exploser dans les années à venir et le rugby doit être prêt à en tirer parti. L’enjeu est d’être en mesure de répondre à la demande des nouvelles pratiquantss en les aidant à trouver un club et en veillant à ce qu’il y ait suffisamment de bénévoles, d’entraîneurs et d’arbitres. Nous sommes focalisés sur cette question de l’accueil. Elle est cruciale pour que l’on garde les nouveaux licenciés. En parallèle, il faut s’assurer que le jeu soit le plus compétitif possible au haut niveau. C’est pourquoi nous avons lancé le WXV et que nous travaillons avec les Fédérations pour élever les standards. À l’arrivée, c’est la Coupe du monde qui en deviendra encore plus attractive et attrayante.

Lors de l’édition 2025, le tournoi passera de douze à seize équipes. Est-ce que la question de la compétitivité des nouvelles sélections est un souci à vos yeux ?

Cela représente une opportunité autant qu’un défi. Nous voulons augmenter le niveau global, c’est ce qui nous pousse à investir dans le développement de compétitions régionales et dans des programmes de haute performance. C’est ainsi que l’on pourra tirer tout le monde vers le haut.

Même si c’était un de vos objectifs majeurs, êtes-vous surpris par la nouvelle dimension du rugby féminin ?

En tant que grand-père d’une petite-fille qui joue au rugby, en tant que supporter et en tant que président de World Rugby, je suis convaincu par le potentiel du rugby féminin. Depuis le début de mon mandat, je cherche à tout mettre en œuvre pour que, du vestiaire jusqu’aux bureaux, chaque fille et chaque garçon aient les mêmes opportunités. Ça se concrétise par une hausse du nombre de femmes au sein des instances gouvernantes. Je suis fier des progrès que nous avons réalisés à ce jour mais il reste tant à faire. Nos programmes tels que les stages d’entraîneurs, qui visent à amener plus de pratiquantes à des postes d’encadrement, sont des moyens percutants, innovants et tangibles de s’assurer que les femmes vont continuer de se développer et de saisir les opportunités qu’elles méritent. Gaëlle Mignot, qui a intégré le staff de l’équipe de France, est un excellent exemple à suivre.

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