Coupe du monde féminine : 34 000 spectateurs, trois affiches, Rita Ora... L'Eden Park a tremblé !

  • Plus de 34 000 personnes ont assisté à la première journée du Mondial féminin.
    Plus de 34 000 personnes ont assisté à la première journée du Mondial féminin. PA Images / Icon Sport
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Superbement organisée, riche en surprises et en émotions, la première journée de cette coupe du monde a été une réussite totale, qui dépasse largement le record d’affluence enregistré…

World Rugby a réussi son coup. Elle a lancé sa Coupe du Monde féminine en faisant tomber un record : celui de la plus grande affluence pour un jour de match de rugby féminin. En 2014, on avait dénombré 20 000 personnes dans les tribunes de Jean-Bouin pour le jour des petites et grandes finales. Trois ans plus tard, les finales 2017 avaient réuni 17 115 spectateurs qui avaient assisté au cinquième sacre des Black Ferns et à la troisième place des Françaises. Cette fois, les organisateurs ont fait tomber ces records pour l’ouverture du tournoi mondial (34 235 spectateurs enregistrés lors du match entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie). La performance est donc de taille. Mais il faut aussi reconnaître que tout avait été prévu pour...

Une fête sur le modèle Seven

Première originalité, trois matchs s’enchaînaient sur la pelouse de l’Eden Park en cette première journée: France-Afrique du Sud (14h15), Angleterre-Fidji (16h45), et Nouvelle-Zélande-Australie (19h15). Trois affiches savamment sélectionnées, puisqu’elles mêlaient trois nations majeures du rugby féminin (Angleterre, Nouvelle-Zélande et France) qu’elles opposaient à des équipes susceptibles d’amener beaucoup de monde au stade, notamment les Fidjiennes qui vivent là leur première participation à une Coupe du monde à XV et dont la communauté est très nombreuse à Auckland.

Enfin la troisième affiche s’appuyait logiquement sur rivalité historique entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Les organisateurs avaient également mené une grande opération de séduction, avec de grands panneaux publicitaires répandus dans toute la ville et des taris défiant toute concurrence : gratuits pour les abonnés de l’Eden Park, et 10 dollars néo-zélandais par personne pour les trois matchs, soit environ 6 euros.

Ce cocktail a parfaitement fonctionné. Au hasard de notre reportage, nous avons rencontré un supporter français au patronyme pour le moins de circonstance : Benoît Midol (on vous le jure !), directeur commercial de 42 ans exilé depuis sept ans en Nouvelle-Zélande et accessoirement arbitre au club de Ponsonby, venu en famille avec deux autres couples pour profiter de cette grande fête.

Ex-joueur et passionné de rugby, il connait parfaitement l’Eden Park et y est même abonné: « Je n’avais jamais vu une ambiance aussi familiale et détendue à l’Eden Park. Il y avait des gens issus des six nations différentes et j’ai croisé autant de familles que de vrais amateurs de rugby. Mais il y avait surtout pas mal de gens qui venaient pour la première fois voir du rugby féminin. Sur nos trois familles, avec trois pères anciens rugbymen, aucun d’entre nous n’avait assisté à un match de rugby féminin.» Le père de famille a reconnu que l’opération séduction a été efficace: « Ils ont fait beaucoup de promotion ces derniers mois, partout dans les médias. Et comme la société néo-zélandaise est assez sensible à la question de l’égalité des genres, le public et les partenaires ont suivi.»

Voilà comment l’Eden Park s’est retrouvé baigné dans une ambiance festive et familiale, exactement comme sur une étape mondiale de Seven : « Je vais souvent voir les All Blacks à l’Eden Park reprend le directeur commercial. J’étais encore au match de Bledisloe Cup il y a quelques semaines. Tout est plus cadré, normé, et ennuyeux en fait. Il n’y a pas autant de fête, ni d’enfants. C’est de très loin la plus la plus belle ambiance que j’ai vu à l’Eden Park depuis les Lions Britanniques. Et même si ce n’était pas la plus grande affluence. »

L’autre facteur qui explique ce succès, c’est la cote de popularité dont jouissent les Black Ferns : « Elles sont adorées au pays, reprend le Français. Elles ont des stars, comme Portia Woodman et Ruby Tui. Cette dernière avait fait l’année dernière une interview hyper drôle et touchante qui avait été reprise dans tous les médias. Et puis même si leurs derniers résultats ne les ont pas aidés, il faut aussi reconnaître que les All Blacks sont chiants. Ils font des conférence de presse à pleurer où ils disent toujours la même chose. Les Black Ferns sont plus authentiques, spontanées et attachantes. Le public l’a senti et s’est attaché à elles. D’ailleurs, le rugby masculin est en perte de vitesse alors que le féminin est en pleine expansion. » Un autre point qui fera l’objet d’un autre reportage...

 

Un concert de la chanteuse britannique, Rita Ora, a eu lieu sur la pelouse de l'Eden Park.
Un concert de la chanteuse britannique, Rita Ora, a eu lieu sur la pelouse de l'Eden Park. PA Images / Icon Sport

 

Avant-match d’anthologie pour Nouvelle-Zélande-Australie

Et puis il faut reconnaître que les organisateurs avait pensé à tout pour faire un évènement XXL, surtout concernant l’avant-match des Black Ferns. Sitôt Angleterre-Fidji terminé, la Beyoncé néo-zélandaise, Rita Ora, a donné un concert. Si elle ne vous dit peut-être rien, elle est en réalité une super star dans le monde anglo-saxon.

On a même vu les joueuses anglaises monter en tribunes à toute vitesse et en tenues de matchs pour ne pas en louper une miette. Emily Scarratt et compagnie connaissaient toutes les paroles par cœur, comme des ados ! On a ensuite eu droit à l’entrée des deux équipes sur le hit planétaire « Unstoppable » de Sia et les harangues d’un speaker survolté. Premier frisson.

Puis l’hymne néo-zélandais, chanté a capella par une artiste et repris en chœur par le stade tout entier. Deuxième frisson. Et ensuite le fameux haka des Black Ferns, bien différent de celui des hommes et sur lequel nous reviendrons. Leurs voix étaient captées par des micros et projetées dans l’immense sono du stade. On avait l’impression que chacune d’entre elles hurlaient dans nos oreilles. Les Australiennes ont aussi eu l’idée de se placer en flèche inversée, puis d’avancer jusqu’ à la ligne des 50 mètres à mesure que le haka progressait.

L’ambiance est devenue électrique. Et c’est à ce moment là qu’un énorme avion de l’armée néo-zélandaise est passé en rase-motte juste au-dessus de l’Eden Park. Moment surréaliste et effet garanti: « I can’t stop shaking ! » (« Je ne peux pas m’arrêter de trembler ! »)nous confia notre voisine de gauche. Une émotion qui a certainement dépassé les Black Ferns elles mêmes, car ces dernières se sont retrouvées menées 17-0 avant la demi heure de jeu. Mais c’était avant qu’elles ne finissent par prendre la mesure de l’évènement, et terrassent finalement les Australiennes sur le score sans appel de 41 à 17... Qu’on se le dise, les Black Ferns sont de retour. Avec tout un pays derrière elles...

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Simon VALZER
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