Pro D2 - Le pragmatisme biarrot à son paroxysme

  • À lui tout seul, le deuxième ligne du BO, Johnny Dyer, a fait dérailler la machine montalbanaise.
    À lui tout seul, le deuxième ligne du BO, Johnny Dyer, a fait dérailler la machine montalbanaise. La Dépêche du Midi - Manu Massip
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Intelligent, lucide, calme et surtout efficace, Biarritz a réalisé le coup parfait en l’emportant à Montauban au terme d’un match fou. Les Biarrots peuvent espérer un second bloc de haut vol.

Comment expliquer que, sans avoir véritablement eu le ballon, sans vraiment avoir fait de lancements de jeu ou de combinaisons propres, Biarritz a filé quarante-six grains à Montauban ? Déjà, parce que ce match manquait véritablement de sens, avec un score qui ne cessait d’enfler au fil des minutes et qui était largement haché par un nombre incalculable de pénalités. Ensuite, parce que le BO a démontré une lucidité et un pragmatisme hors norme pour se défaite des Sapiacains. "On a su exploiter toutes les erreurs qu’a fait Montauban. Nous avons fait le match parfait à l’extérieur", synthétisait parfaitement Thomas Sauveterre.

Cela a commencé par des pénalités, inscrites par un Baptiste Germain - placé pour la première fois à l’ouverture en professionnel - pas maladroit avec ses pieds et auteur d’un très joli dix sur douze (oui, vous avez bien lu) face aux perches. Puis, les Biarrots ont inscrit quatre essais : une contre-attaque éclair, un exploit de Jalagonia en sortie de mêlée et surtout deux réalisations opportunistes après deux erreurs d’appréciation de Jérôme Bosviel. "Cette défaite, je la prends pour moi. Mais vraiment personnellement, assumait d’ailleurs l’ouvreur. Je n’ai fait que des mauvais choix et je leur donne quatorze points." Des erreurs pourtant en partie rattrapées par le gros travail du pack local, qui a enfoncé son vis-à-vis et inscrit trois essais sur ballon porté. Mais quand est venu l’heure des décisions cruciales, Montauban n’a pas su rester lucide, au contraire des Biarrots. "Nous n’arrivons pas à être calmes et posés, déplorait David Gérard. On n’a pas mis le cerveau alors que je ne peux même pas dire qu’ils ont été supérieurs à nous."

Dyer, ce poison

Pire, alors qu’ils se faisaient désormais contrer dans les mauls, les Tarn-et-Garonnais se sont énervés et ont finalement perdu le cours du match. Ils se sont même mis à dos M. Castaignède, l’arbitre, qui les a sanctionnés plusieurs fois après des contestations. Frustrés, les hommes de David Gérard l’étaient aussi à cause de la domination biarrote en mêlée et surtout à cause de l’insupportable (dans le bon sens du terme) Johnny Dyer. Encore décisif, le deuxième ligne a régné sur les rucks, alors qu’il avait pourtant été ciblé. "Je peux comprendre que ce soit frustrant quand un joueur pique six ou sept ballons sur un secteur travaillé en début de semaine", lançait Sauveterre.

C’est sûrement donc cette maturité qui a fait la différence et qui a permis au BO de s’imposer pour la première fois depuis 2004 dans la Cuvette. Désormais, sur trois résultats positifs de suite, les Basques ont basculé dans le bon wagon et peuvent envisager une belle série avec les réceptions d’Agen et Colomiers, avant un déplacement à Rouen. Sauveterre l’affirmait : "Notre premier bloc fut assez moyen et on voulait lancer une bonne dynamique. Maintenant, il faut confirmer à la maison pour lancer une série". Biarritz se met en marche…

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Yanis GUILLOU
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